cover

Alien : Le Huitième Passager

Article écrit par Sowilo le dimanche 15 mai 2016 à 23:32
likes
1 personne a aiméAdd Like
Séance de rattrapage pour ceux qui se serait passé d’un classique. Si vous cherchez un film pour des gens qui n’ont pas trop l’habitude de se faire peur devant leur télé et que vous ne voulez pas pour autant leur servir un fond de tiroir débile, j’aimerais que vous n’oubliez pas le bon vieux Alien, qui a toujours du mal à prendre de vrais rides.


Réalisateur : Ridley Scott

Cast : Sigourney Weaver, Ian Holm, Tom Skerritt…

En 1977, Hollywood venait de convertir d’un seul coup monsieur tout le monde à la science-fiction, grâce à une histoire aux relents arthuriens mêlant des chevaliers, des princesses à sauver, des robots, des vaisseaux spatiaux et des combats au néon. La suite, arlésienne de la grandiloquence mystico spatiale, devait être l’adaptation de Dune par Jodoroski, qui ne verra jamais le jour. L’envie de surfer tout de même sur la vague interstellaire décidera alors Hollywood à donner sa chance à un autre projet, impliquant plusieurs artisans du Dune avorté. Si l’espace des Jedi faisait rêver, celui d’Alien compte bien vous ramener à l’état de simple petit humain face à l’infini. En ce temps-là, on savait viser large dans le cinéma américain. Quand on s’était mis en tête de foutre la trouille à tout le monde, on s’y prenait avec sérieux, on se réappropriait les codes de la série B ou du film de genre pour en faire quelque chose de fouillé. Aujourd’hui encore, Alien reste pour moi un classique incontournable.

La première moitié du film a quelque chose de lovecraftien. On y découvre les 7 passagers du vaisseau commercial le Nostromo, de retour d’une lointaine mission indéfinie, au réveil de leur sommeil artificiel contrôlé par Maman, l’ordinateur de bord. Ils découvrent pourtant que la Terre est encore loin et que Maman les a réveillé parce qu’elle capte un message audio d’origine inconnu qui se répète. Leurs appels encore relativement serins vers la Terre partent dans l’espace vide et glacé, d’où le spectateur comprend qu’on ne leur répondra jamais. Leur solitude, sans être évoquée, s’installe déjà. Un rappel d’une close à la con de leur contrat les obligeant à se renseigner en cas de contact avec une forme de vie inconnue, et les voilà forcés d’atterrir sur cette caillasse de l’espace sans intérêt, d’où provient pourtant le message.
Un moment, les humains cartésiens seront les explorateurs aliens d’un monde ancien et mort qui les dépasse, qu’ils ne peuvent qu’observer sans tout comprendre. Leur retour vers le Nostromo sera précipité par une petite bête parasite bien vivante, accroché au malheureux Kane. Voilà que l’inconnu se débrouille ainsi pour entrer dans leur propre vaisseau, d’où les hommes continueront à l’étudier, allant de surprise en surprise, mais déjà bien incapable d’agir sur quoi que ce soit. Jusqu’à la fameuse scène du repas, à peu près le seul moment visuellement gore du film, qui nous file un vilain coup avant d’attaquer la seconde partie.

preview
Bien qu’hébété, l’équipage tente de garder la tête froide et s’organise pour foutre dehors sans procès leur squatteur alien. Bien entendu le rapport chasseur/chassé s’inversera petit à petit…

Alien n’aurait pu être qu’un vulgaire slasher dans un vaisseau spatial, mais avec cette première partie, ses personnages crédibles et son antagoniste si original, on n’y voit que du feu, Ou presque. On aura quand-même droit à un gros débile qui fait un groupe de 1 (CF. le sketch les films d’horreurs de Bigard) en miaulant pour attirer le chat, ou à un passage en tenue très décontracté pour le principal personnage féminin avant son duel avec la bête. Quoique, sur ce dernier point, la nature du monstre en question et sa symbolique peut à mon avis justifier la mise en avant, un peu complaisante, de la féminité de sa prochaine cible.

preview

L’Alien, parlons-en, même si justement le film n’en parle qu’avec parcimonie. Rapidement après sa découverte, l’équipage semble tomber tacitement d’accord pour dire que la seule chose à étudier à son sujet, c’est comment le tuer. Le comportement soi-disant scientifique de Ash n’intéresse réellement personne et Replay y voit même immédiatement une attitude un peu malsaine. On ne peut décemment s’intéresser à cette chose que pour apprendre à lui faire face. Encore une fois, on retrouve quelque chose de Lovecraft dans cette façon de penser. Il faut dire que la bestiole n’attire vraiment pas la curiosité. On est habitué à voir les petits humains rejetés au bas de la chaîne alimentaire dans les films de monstre, repassés à l’état de quatre heures pour des créatures plus voraces qu’eux. Mais là, la promesse est de servir d’hôte pour la reproduction d’une espèce qui, donc, entre dans la catégorie des parasitoïde. Bien sûr, l’Alien ne se contente pas d’appartenir à cette catégorie dégueulasse du règne animal, on lui a intégré toute sorte d’autres caractéristiques tout aussi ragoutantes.

Cependant, Alien n’est pas un film de monstre qui se focalise sur sa créature, il la cache habilement dès que les présentations sont faites. Ce qu’on a à observer, c’est comment un groupe de gens complémentaires, compétents, confiants, perdent petit à petit tout contrôle sur leur environnement, et sont déconstruits pas à pas, couche par couche. Ils sont d’ailleurs déjà totalement soumis à Maman dès le début. Leur humanité, ils ont déjà commencés à la céder à la Compagnie avant le film, sans le savoir. Puis c’est l’espace qui ne répond plus, la planète voisine qui devient dangereuse, puis le vaisseau, etc. Et finalement, qu’est-ce qui peut tenir tête à cette espèce de cochonnerie phallocrate d’une autre planète ? Hein ?

Article écrit par Sowilo le dimanche 15 mai 2016 à 23:32

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Instinct de survie - The Shallows

En voilà une sacrée surprise. Quand on pense aux films avec des requins tueurs, on pense forcément à des nanars. Des films poisseux avec une histoire bidon, une image sale et un requin en carton-pâte fait par des enfants attardés d'une maternelle spécialisée. En voyant l'affiche de celui-ci, on se dit qu'il ne suffit pas d'une fille en bikini, d'une eau turquoise et d'un bout de rocher pour faire un bon film de requin. Et bien si.

cover

I Origins

Je vais pas y aller par quatre chemins, je pense que c'est le meilleur film que j'ai vu en 2014. C'est l'histoire de Ian, Sofi, Karen, Kenny mais aussi celle de la famille Dairy qui tient un ferme laitière dans l'Idaho, à trois kilomètres sur la gauche, vous pouvez pas la rater. Maintenant, une petite question : que feriez-vous si une découverte scientifique réfutait vos croyances religieuses ? Je changerai de croyance, avait répondu le Dalaï-lama. Maintenant ceci : que feriez-vous si une expérience spirituelle réfutait vous convictions scientifiques ? Les mots ne sont pas sacrés.

cover

Desierto

J-Trump ! Dans quelques jours, nous saurons si le prochain président du monde sera Trump ou Clinton, c'est à dire un milliardaire mégalo ou une menteuse garante du plus grand panier à serpents au monde. Mais pourquoi je parle de ces deux-là ? Et bien parce que j'ai trouvé le film préféré de l'un des deux. Ça s'appelle Desierto, et c'est l'histoire d'un mec qui a pour seul ami un bon vieux rifle et un bon vieux chien. Ceci dit, c'est peut-être le film préféré des deux candidats.

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !