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Ex Machina

Article écrit par Nana Scleurnk le mardi 22 novembre 2016 à 11:33
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A la vue de la bande-annonce de Ex Machina, on peut aisément se dire « Et voilà, encore un film sur l’intelligence artificielle, un film de robot... Whouu...Qu’est-ce qu’on se marre...» C’est exactement ce que je me suis dit quand mon amoureux me l’a montrée. D’ailleurs, lorsqu’on a mis le film, je pensais m’endormir rapidement et ronfler tranquillement jusqu’à la fin. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. En fait, ce qui m’a accroché ce n’est pas le thème, qui a été traité dans de nombreux films, mais la manière dont il est abordé. Le point central de toute l’histoire est l’éthique autour de ces nouvelles technologies ultra avancées, qui humanisent les machines.


Réalisateur : Alex Garland

Scénario : Glen Brunswick, Alex Garland

Cast : Oscar Isaac, Alicia Vikander, Domhnall Gleeson

Caleb est développeur dans la très grande boîte informatique Blue Book, qui gère le plus gros moteur de recherche du net (ça vous dit quelque chose ?). Il gagne un concours pour passer une semaine avec le grand patron de l’entreprise, qui vit en solitaire dans un immense et incroyable domaine perdu dans on ne sait quel coin de nature. Sitôt arrivé, Nathan, le Big Big Boss qui a quand même l’air méga chelou, explique à Caleb qu’il va participer à la plus grande expérience qu’il aura jamais l’occasion de vivre : faire passer le test de Turing à Ava, une sorte de robot à l’intelligence artificielle jamais égalée. Cela consiste à parler, à interagir avec elle afin de déterminer si la machine réagit comme un humain, si elle a une forme de conscience, si elle a une réelle intelligence, de réelles émotions ou si ce ne sont que des simulations, etc.
Les journées de Caleb se découpent entre les surprenantes discussions avec Ava et le temps passé avec Nathan. Celui-ci lui dévoile petit à petit des informations sur la conception du robot, sur sa manière de le programmer. Et également sur sa manière de réfléchir l’intelligence artificielle et l’humain de manière générale. Ils reviennent tous les deux sur les échanges avec Ava pour aller de plus en plus loin dans la réflexion.
Mais décidément, Nathan paraît de plus en plus étrange aux yeux de Caleb. En effet, il est très imbu de sa personne, il boit beaucoup, traite mal se servante Kyoko, et semble cacher quelque chose...Et puis Caleb s’attache à Ava.

Je m’arrête ici car sinon je vais me faire gronder par la Brigade Anti-Spoiler.
Le scénario comme je vous le présente a l’air assez simple, mais j’ai trouvé le film en lui même assez riche. Peut être que quelqu’un qui a beaucoup réfléchi, s’est beaucoup renseigné sur l’intelligence artificielle trouvera ce film bateau, mais pour moi qui n’avait pas trop creusé le sujet -en tout cas pas sous cet angle-, les divers échanges des 4 personnages m’ont activé la zone « cogiter » du cerveau.
La première raison à cela est, je pense, liée au fait que le film se passe dans un futur très proche. On y parle de technologies que nous connaissons déjà, le monde n’est pas très différent du notre. On se retrouve donc dans le futur de demain, plutôt que dans 300 ans. De plus, on y trouve très peu d’effets spéciaux, à part ceux liés aux robots eux-mêmes. Ça amène donc sans doute un petit côté réel.

Une des idées intéressantes qui nous ont fait cogiter par chez nous, c’est celle du lien créateur/création. Ce petit côté de Nathan qui aime à se dire que s’il a réussi à créer une machine à l’intelligence semblable en tout point à celle des humains, alors il serait qui ? Un dieu ? Un père ? La relation qu’il entretient avec Ava amène également à réfléchir. A-t-il tous les droits sur elle ? Comment sont-ils unis ? Qu’est-ce que cela engendre/implique ?

[Ava:] C’est étrange d’avoir créé quelque chose qui te déteste.

La deuxième notion abordée tout le long du film et qui m’a interpellée, c’est tout simplement la condition humaine. Qu’est-ce qui fonde l’humain ? Comment fonctionne son intelligence ? Qu’en est-il du libre arbitre ?

Le défi c’est d’agir sans automatisme. C’est trouver un acte qui ne soit pas automatique. Ça va de peindre à respirer, à discuter, baiser, tomber amoureux.
Le conditionnement, la société, l’éducation, le fonctionnement du cerveau.
Alors qu’est-ce qui différencie l’humain et la machine ?

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Cela amène évidemment au fil conducteur de toute l’histoire. Qu’est-ce qu’il se passe quand l’intelligence de la machine l’amène à avoir conscience de soi, conscience de l’autre, conscience de la vie ? Cette fameuse trame éthique que j’ai aimée, et qui amène plein de pistes de réflexion sur l’existence.

Qu’adviendra-t-il de moi si je rate ton test ?

Voilà de quoi se faire chauffer les neurones, ou animer quelques conversations entre amis ! Le tout amenant en plus d’autres thèmes sympathiques, comme la condition féminine et le patriarcat avec le personnage de Kyoko, la sexualité possible entre robots et humains (puisque Nathan a pris grand soin, outre de créer un genre féminin à Ava, de lui installer un vagin avec des milliers de capteurs sensoriels, qui pourrait soit disant lui donner du plaisir...) l’objectisation des corps dans notre société (Nan parce que Caleb passe quand même son temps à mater Ava…) et l’utilisation de nos données personnelles par les grandes entreprises informatiques via les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Je préfère vous prévenir tout de même : le film ne vous donnera aucune réponse.

Pour ce qui est des récompenses, c’est pas trop mal non plus apparemment :
- Prix du Jury au Festival international du film fantastique Gérardmer en 2015
- Meilleur film indépendant britannique, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleur technicien au British Independent Film Awards en 2015
- Meilleurs effets visuels aux Oscars 2016.

Article écrit par Nana Scleurnk le mardi 22 novembre 2016 à 11:33

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