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La Tête Haute

Article écrit par Nana Scleurnk le vendredi 11 novembre 2016 à 14:33
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Vous êtes-vous déjà demandé qui sont ces jeunes étiquetés «  délinquants » ? Que vivent ces enfants privés de repères familiaux et/ou élevés dans un environnement toxique ? Que ressentent ces parents négligents, instables, détruits ? Comment des professionnels tentent de prendre en charge et d'aider au mieux ces familles en grandes difficultés ? Si la réponse est oui, alors La Tête Haute vous apportera une réponse, une réponse parmi des milliers d'autres, à travers l'histoire de Malony, interprété avec brio par Rod Paradot.


Le film commence dans le bureau de la juge des enfants (Catherine Deneuve). On y retrouve Malony à 6 ans, ouvrant de grands yeux sur l'instant effrayant qu'il est en train de vivre : les adultes parlent entre eux de sa vie passée et future. Sa mère (Sara Forestier), instable psychiquement et droguée, n'arrive pas à élever son fils de manière convenable. Elle se dit épuisée, elle ne s'en sort pas, mais ne répond pas aux propositions d'aides des services sociaux. Au fur et à mesure de l'entretien, elle pète un câble et laisse son fils à la juge d'une manière abrupte et violente. On comprend ensuite que Malony va être placée pour la première fois.
Bon, alors, déjà là, si tu es un tantinet sensible... La première scène t'as un peu tué le moral, voire carrément arraché une ou deux larmes. Personnellement, ces cinq premières minutes m'ont un peu fait l'effet d'une claque au coin du museau. Et pourtant, j'en connais des histoires douloureuses. Il me semble ici qu'autant le jeu d'acteur que la mise en scène m'ont permis d'apercevoir cette histoire tour à tour du point de vue de la mère, du point de vue du petit frère qui assiste aussi à la scène, et du point de vue de Malony. Et ça fait beaucoup d'émotions tout ça !

Bon, après avoir respiré un coup et bien avalé sa salive, on continue le visionnage. On retrouve Malony ado au volant d'une voiture, en train de rouler à toute vitesse et de taper des freins à main, sa mère et son frère à l'arrière. Bien sûr, la petite famille est à nouveau convoquée par la juge... Malony est retournée vivre chez sa mère, mais la situation ne s'est pas arrangée. Instabilité, irresponsabilité, suivi social... Le jeune garçon ne va plus en cours et commence à commettre des actes de délinquance. La juge décide dans un premier temps la mise en place d'une mesure d'Assistance Éducative en Milieu Ouvert, c'est à dire le suivi à domicile de Malony par un éducateur.
Malgré cela, le jeune va de plus en plus mal. Il a de grosses crises de violence, a des activités illégales. Il atterrit en garde à vue une première fois. Et tout s'enchaîne, entre contrat judiciaire, placement en Centre Éducatif Renforcé, la prison et le Centre Educatif Fermé, Malony tantôt essaie de s'en sortir, tantôt baisse les bras. Pendant tout ce parcours, il est accompagné par Yann (Benoît Magimel), son éducateur qui tente coûte que coûte de l'aider à se sortir de ce chemin, de l'aider à relever la tête. Et bien sûr la juge n'est jamais loin.

Je ne vous en raconte pas plus pour ne pas spoiler...

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Ce film est criant de vérité. Et cet avis est partagé par tous les éducateurs avec qui j'ai pu en parler, qui trouvent que bon nombre de scènes illustrent parfaitement leur quotidien. Et puis le jeu d'acteur est vraiment génial... Ils ont d'ailleurs eu quelques récompenses....

Festival du film de Cabourg 2015 :
Swann d’Or du meilleur acteur pour Benoît Magimel
Prix Premier rendez-vous pour Rod Paradot
César 2016 :
Meilleur espoir masculin pour Rod Paradot
Meilleur acteur dans un second rôle pour Benoît Magimel
Prix des Lumières 2016 : révélation masculine pour Rod Paradot.
Pas mal !

Et effectivement j'ai été bluffée par Rod Paradot. Il a su trouver la voix de Malony, cet enfant dont les besoins n'ont pas été respectés et qui, en grandissant, se retrouve piégé en lui-même. Entre fureur et peur. Entre enfance, responsabilités et comportements irresponsables. Entre forces et faiblesses, destruction et espoir...

Voili voilà. Mon seul regret dans ce film, c'est qu'on ne voit pas assez la petite enfance de Malony... Mais ça, c'est mon côté éducatrice de jeunes enfants qui ressort... alors c'est sans doute pas objectif, n'est-ce pas ? En tout cas, j'espère que ce film pourra faire réfléchir certaines personnes sur la condition des enfants, petits ou grands, sur l'importance du travail social (et des travailleurs sociaux nom d'une pipe en bois !!) et sur les jeunes qui posent des actes de délinquance. J'en parlais en famille à midi, on m'a répondu plus ou moins que ça n'aurait sans doute pas l'effet que j'escompte... Mais moi j'aime bien rêver... alors...

Article écrit par Nana Scleurnk le vendredi 11 novembre 2016 à 14:33

Commentaires

Merci pour ce superbe article qui donne envie de voir le film. Cordialement, R

Ecrit par Remix42 le vendredi 11 novembre 2016 à 16:49

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