cover

Lucy

Article écrit par Culturemania le lundi 06 octobre 2014 à 22:33
0 personne a aiméAdd Like
Alors voilà. J'en avais entendu des vertes et des pas mûres. Besson est passé sur les plateaux TV pour parler de son dernier film. Les journaux TV en ont parlé, et les gens se sont rués au cinoche pour voir sa dernière création. Et puis les critiques sont tombées, abominables, mais en même temps je voyais sur Facebook certains de mes amis en dire du bien. Alors, sans oublier que c'est le même monsieur qui a pondu Léon ou Le cinquième élément, je me suis moi-même rué devant les écrans pour voir son petit dernier. Après toutes ces enchiladas, soyez bien sûr que je ne vais pas mâcher mes mots.


Réalisateur : Luc Besson

Cast : Scarlett Johansson, Morgan Freeman

Nationalité : Française

Tout commence à Taipei par une vulgaire histoire de gangster minable qui doit remettre une valise à un monsieur de la méchante mafia Coréenne. Lucy se fait embarquer là-dedans, et se retrouve avec la mallette menottée au poignée sans savoir ce qu'elle contient. Des papiers qu'ils disaient, des papiers. Elle rentre dans l'hôtel où elle doit faire appeler le récepteur du fameux trésor, monsieur Tcheng ou Tchong, je ne sais plus. Mais évidement, les choses tournent mal, car même à Taiwan on est capable de repérer les trucs louches dans le genre d'une femme qui arrive menottée à une mallette grise. Le gros papa de la mafia arrive avec ses colosses, et, pour une raison qui m'échappe encore, Besson a choisi de mêler les images du film à celle de National Geographic Channel. Oui, car la scène est entrecoupée de vues sur un guépard prenant en chasse des gazelles de Thomson, images probablement tournées au Masaï Mara, je suis incollable. Mais le truc encore plus rigolo, c'est que notre chère Lucy porte un manteau en peau de guépard. Message ? Mhum, qui est le chassé, qui est le chasseur ? Non, je pense qu'il avait simplement envie de nous montrer de la bestiole.
Quand je vous ai dit que tout commençait à Taipei, vous m'avez cru n'est-ce pas ? Et bien vous n'aurez pas dû. Car si pour Denise (euh, Lucy ?), tout commence effectivement à Taipei, ce n'est pas le cas pour le spectateur. Pour nous, tout commence avec Lucy, le fossile retrouvé à l'origine de notre espèce. Et puis vient la question majeure : La vie nous a été donné il y a un milliard d'années, qu'est qu'on en a fait ? S'en suit alors une palette immonde du monde dans lequel nous vivons, un genre de passage à la Yann-Arthus Bertrand qui fout le bourdon. Et c'est là que tout commence à Taipei.

preview

Le décor est posé. Lucy se retrouve dans une suite de l’hôtel avec les méchants coréen. Leur but : lui foutre dans le bide de la drogue, le fameux CPH4 que tout le monde connaît, puis lui faire passer la frontière et propager ainsi la drogue. Le truc cool, c'est que d'autres otages comme elle auront la même mission, mais dans d'autres pays. Pour elle, ce sera la France et sa plus grande prostituée : Paris. Mais alors jusque-là, à part le coup des gazelles de Thomson, je trouve ça plutôt pas mal, dans la veine de Nikita ou de Léon. Et en plus, Morgan Freeman fait son entrée avec un sujet passionnant : les capacités de notre cerveau ! Quel beau sujet ! Franchement, je ne vois pas comment on pourrait faire un mauvais film sur un sujet aussi palpitant ! Attend, Lucky Luke va te montrer que c'est possible. Action.

C'est donc là que ça commence à merder. Alors pas quoi commencer ? Pour faire cours, Lucy se retrouve avec de la drogue propagée dans son corps et arrive à s'échapper. Sauf que ses capacités de combat ont augmenté, un peu comme un San Goku qui passerait au niveau Saiyen 2. Mais le malaise s'installe vraiment sur la table d'opération. Elle braque un chirurgien pour lui faire enlever le reste du sachet de la drogue coincé dans son corps, et en profite pour passer un coup de fil à sa maman. Pour lui dire quoi vous me direz ? Eh bien pour lui dire qu'elle ressent l'espace, l'air, les vibrations, le monde. Elle sent la gravité terrestre, la rotation de la Terre, le sang dans ses veines, le sang de son cerveau, les moindres recoins de sa mémoire. Elle ressent aussi, et surtout, le fluide. Je me souvient du goût de ton lait dans ma bouche, de ton ventre, du liquide. Bon. Là, je suis très mal à l'aise pour elle. Un peu comme quand on va voir une mauvaise pièce de théâtre et qu'il nous tarde pour les acteurs que le calvaire se termine vite. Tu parles d'une charge. Et c'est irrattrapable, car ça n'en finira pas de connerie. Au point où je me suis demandé si ce n'était pas des hallucinations due à un trop grand nombre d'enchiladas prises au repas du soir. "Les bruits sont une musique dont je saisis les sens. Comme les fluides". Si si, elle dit vraiment ça. Est-ce que tout ça a un sens ? Oh mon Dieu, donnez-moi du répit.

preview

Petit moment de grâce, de grâce musicale, avec le Requiem de Mozart. Une pensée à The Big Lebowski me permet de m'évader et de confirmer que les enchiladas du soir n'y sont pour rien. D'ailleurs, ne dit-on pas : Enchilada du soir, espoir ? Mais la suite va me faire perdre complètement les pédales. Lucy vient de lire tous les travaux de Morgan Freeman, qui est un genre de chercheur universitaire. Elle lui passe un anodin coup de fil, jusqu'au moment où elle va prendre le contrôle de la télévision du pauvre homme. Elle va aussi faire clignoter ses lampes et son portable pour lui prouver qu'elle est la plus forte. Elle a atteint les 28 % de capacité de son cerveaux, et les obstacles à l'absurde tombent comme des mouches. Elle regarde un arbre, et voit le fluide de vie qui le parcours. On se croirait dans Avatar, mais où sont les Na'vy ? Elle en rajoute en disant qu'elle contrôle l'électricité. C'est incroyable, va dire ça à EDF. Et tout ça sans peur, ni douleur, ni désir. Crise d'hilarité lorsque Lucy évoque la physique quantique, les mathématiques appliqués, mais sans aucun raison ni aucune suite. Luc voulait simplement que les mots "quantique" et "mathématique" soient dans son script. Un peu comme les gazelles de Thomson, comme quoi on y reviendra toujours à ces bestioles. Lucy traverse le temps. Voilà encore autre chose. Concept fabuleux que le temps, et que l’existence de toute chose soit régie par lui. Mais s'il sert des causes nobles dans Retour vers le Futur, ici, il n'a encore une fois aucune suite, aucun lien avec le scénario. Il est simplement évoqué, et hop, on passe à autre chose, mais une chose qui claque de préférence hein !

preview

Lucy voit tout. Elle voit le crayon posé à coté du flic à qui elle téléphone. Elle voit que son ami doit faire un régime sinon elle va mourir. Elle entend les coréens parler. Elle fait peur aux chiens loup avec ses gros yeux. Un genre de Chuck Norris, mais pas drôle du tout. Et quel est le but de tout ça ????? Mais où est le rapport Donny ? Où est le RAPPORT ???? Mais au fait, on a pas encore eut de course poursuite en voiture ! Alors ferme les yeux, attention, trois, deux, un …. la voilà ! Course poursuite dans Paris, merveilleux. Sauf lorsqu'on se rend compte que Lucy passe par la place d'Aligre pour aller du Louvre à l’hôpital du Val de Grace. En vélib, moi j'te le fais en 10 minutes. Pour situer, c'est comme si elle passait par Nantes pour aller de Bordeaux à Toulouse. Alors, elle se la pète mais j'la nique en Vélib.

Bon, je vous épargne la suite, mais Leelou (ah non, Lucy) continue de voir ses capacités cérébrales augmenter, et le grotesque du film avec. J'ose même pas vous parler de la suite, voire de la fin, car je pense que ceux qui n'ont pas vu le film ne me croiront pas. Mais si, allé, je craque, parce que vous me connaissez un peu maintenant, et que je ne rate jamais une occasion de me payer la tête de quelqu'un. Loulou se retrouve donc sur sa chaise de bureau Ikea à voyager dans le temps. (Je l'ai appelé Loulou, mais je sais bien que c'est Leelou). Car elle maîtrise le temps maintenant. Yoda, accroche-toi. Et toi aussi accroche-toi, tu vas voir ce que tu vas voir. Elle avance et recule dans le temps avec le même geste que l'on a sur un I-Pad pour faire défiler les photos. Elle va donc à New-York, ne me demandez pas pourquoi. Elle revient dans le temps. Encore et encore, toujours un peu plus vite. La ville disparaît, elle se retrouve face à des Indiens en culotte, puis face à du magma, et enfin face à des dinosaures. Non ??? Si si. Elle disparaît, va toucher le bout de l'index de Lucy, le singe qui pue, puis bricole avec du fluide, grimpe à 99 % du cerveau utilisé, fait rabouler toute la galaxie en elle, et disparaît dans une clef USB, laissant un Coréen fou de rage.
Ça calme hein ? Doliprane 1000. Rideau.

Article écrit par Culturemania le lundi 06 octobre 2014 à 22:33

Commentaires

Vivement la suite alors ? ;)

Ecrit par Vincent le mardi 07 octobre 2014 à 09:02

ah ah, j'espère, histoire de voir jusqu'où il est prêt à aller !

Ecrit par Esteban le mardi 07 octobre 2014 à 11:06

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Brèves de Comptoir

- T'es bien rentré hier soir ? - Je sais pas comment on est rentré, mais on est rentré. - C'est moi qui t'ai ramené. - Tu m'as ramené ? - C'est André qui m'a dit qu'j't'avais ramené. Tout commence avec une bouteille de pinard dans un cimetière. Il est 6h30. Là on est pas mal.

cover

Vendredi 13

L'ambiance est moite, l'image poisseuse. Le son est bref, le coup brutal. Ça pue la mort à plein nez. Nous sommes vendredi 13, c'est donc la journée parfaite pour parler de la magnifique épopée de Jason Voorhees. Car non, Jason ne s'est pas noyé ce soir-là. Jason est toujours ici, quelque part dans ces bois. On va prendre notre jeep, rouler longtemps, passer à la station essence, croiser un vieux fou qui aurait pu nous sauver la vie et s'enfoncer dans les bois pour faire revivre les camps de vacance. Il me semble que c'est par le chemin sur la droite après le cimetière. Mais Jason est là, j'en suis sûr. Et il va réveiller notre goût pour les films de pouilleux.

cover

Saint-Amour

Mais tout ça c'est qu'une histoire de pinard. On parle d'un film réalisé par les mecs du 20h20 ou Groland aujourd'hui. Leur dernier film Near Death Experience montrait Michel Houellebecq en train de danser sur du Black Sabbath. Autant dire une pépite. Et cette fois ? Et bien, c'est pareil, une pépite. Mon seul regret étant que la scène de la chambre d'hôte avec Houellebecq soit trop courte. J'ai passé tout le film à espérer qu'ils allaient repasser dans sa bicoque moyenne pour de nouveau payer 70€ pour ne pas dormir. C'est vrai que 70 euros, ça fait quand même un peu cher pour ne pas dormir. Mais il y a quatre couchages dans le salon. Vous voulez votre petit déjeuner ?

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !