cover

Star Wars 7 : le réveil de la Force

Article écrit par Sowilo le mardi 29 décembre 2015 à 22:38
likeslikes
2 personne(s) ont aiméAdd Like
Réaction à chaud garantie avec un taux minimal de spoiler. Si on arrive à laisser de côté l’infernal mais habituel tapage médiatique et mercantile, on ne pouvait qu’être impatient de voir comment Hollywood allait bien pouvoir manœuvrer ce monumental engin qu’est Star Wars. Peut importe que celui qui finance soit Disney, Universal, la Hammerfilm ou Vincent Bolloré, l’avenir d’une des plus juteuses licences du cinéma est en jeu, soumise à nos appréciations passives de consommateurs. Alors, comment satisfaire tout le monde ?


Réalisateur : J.J. Abrams

Cast : Daisy Ridley, Adam Driver, Harrison Ford...

Nationalité : Américaine

Je suis ton père. La réplique culte de la saga résume à elle seule la situation de cet épisode 7, tant sur la forme que sur le fond. L’héritage de la saga est autant la force du film que l’insupportable poids qui pèse sur lui. Comme un enfant pistonné par un père génial, forcé de reprendre le flambeau avec tout ce que ça implique de fierté, de pression, de responsabilité et de remise en question.
Le film n’est finalement qu’une allégorie de cette situation. Autrement dit, le réalisateur fait un tour de passe-passe osé en ne prenant aucune direction claire parmi celles qu’on pouvait imaginer. Il accepte ses contradictions comme étant finalement son sujet central. En conséquence, à la sortie du film, les impressions se croisent et se contre disent.

preview

Dans un premier temps, on a la sensation, légèrement désagréable, d’avoir assisté à un simple remake de l’épisode 4, agrémentés de clins d’œil de toutes sortes à l’ensemble de la saga. C’est pourtant parfois bénéfique, lorsque cela permet au film de s’ancrer dans sa mythologie. A la manière de l’univers d’un certain Tolkien, Le Réveil de la Force profite de son riche background, lance des passerelles entre les diverses époques, et élève certains personnages au rang d’icônes dont on ne parle qu’avec une mystique parcimonie.
Malheureusement, ça n’enlève pas l’impression de crouler sous les figures imposées où les clins d’œil se transforment en vraies redites, parfois pour des pans entiers du scénario, en plus fade évidemment.

preview

Pourtant, malgré tout, la transmission semble s’opérer, discrètement. Les jeunes personnages, tous des novices, ont un bon capital sympathie. Fidèle au grand thème de cet épisode, on verra surtout leur façon de venir se greffer à l’Histoire de la galaxie, et leur réaction face à cette tâche. Leurs vies et motivations personnelles restent floues pour le moment, mais on sent bien le potentiel des questions soulevées de-ci de-là. Un peu frustrant, mais il faut bien poser les bases et les intrigues d’une nouvelle grande partie de la saga. Le pari est réussit, on a hâte que Rey, Kylo Ren et les autres prennent clairement le devant de la scène.

J.J. Abrams a déclaré regretter de ne pas réaliser l’épisode 8, et je comprends mieux pourquoi. Son sale boulot a juste été d’amorcer le virage vers quelque chose de neuf, de plus libre, un virage qui semblait impossible à prendre en respectant tous les paramètres. Il s’en tire d’une façon inédite à ma connaissance, en transformant sa problématique en sujet pour son film. Ses contraintes s’incarnent en Kylo Ren, adorateur du passé, grand ado jihadiste superficiel du côté obscur dont on pourrait parler un moment. A l’opposé, son désir de fraicheur et de nouveauté s’incarne en Rey, future jedi qui a tout à apprendre, à la foi humble et pleine de vie.

Cet épisode 7 était peut être inévitable, une transition dont la saga avait besoin. On en sort avec un certain goût d’inachevé, mais aussi avec des questions et des mystères à éclaircir, ce qui augure du meilleur pour la suite. Il fallait certainement prendre le temps de tuer le père pour s’en émanciper… Comme le dit à Rey une voix mystérieuse que les plus observateurs auront sûrement reconnus : ce sont tes premiers pas… 

preview
Article écrit par Sowilo le mardi 29 décembre 2015 à 22:38

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

The Dark Knight : Le chevalier noir

Le chevalier noir, ou Batman si vous préférez. La première série de films de Tim Burton puis de Joel Schumacher posait les bases : oui, Batman peut s'adapter en film, et oui Batman peut être génial au cinéma. Puis est venu le père Nolan, qui change complètement la donne en faisant des films chauve-souris qui sont devenus des superproductions. Quand je les ai découvert, j'étais un peu sceptique. Comment faire mieux que Tim Burton ?? Bon OK, quand on voit ce qu'il fait aujourd'hui, on se dit qu'il n'y a pas de mal, mais ça, c'est un autre débat. Mais pour moi, Nolan l'a fait, en nous donnant des films beaucoup plus noirs et détraqués. Et son deuxième est j'en suis sûr le meilleur, alors parlons-en un peu.

cover

Away we go

Beaucoup de films d'horreur depuis quelques jours, peut-être trop. Mais bon, on ne revient pas sur le passé, mais par contre, on peut passer à tout autre chose aujourd'hui. Et c'est le cas avec Away we go, où l'on va suivre les aventures de Burt et Verona, qui se demandent bien où se trouve leur vie. Chacun a un métier qui lui permet d'habiter n'importe où. Mais ce n'importe où doit bien être quelque part.

cover

Le Projet Blair Witch

31 octobre 1994, trois jeunes cinéastes partent réaliser un reportage dans la forêt de Black Hills sur la légende d'une sorcière. Ils n'en reviendront jamais. Un an plus tard, le fruit de leur travail est retrouvé... C'est ce qu'on pouvait lire sur le dos de la VHS qu'on venait de louer avec mon frère un soir de pleine lune. Une phrase occulte suivait, réelle ou venant de mon imagination. Cette phrase était : leur cassette a été retrouvé, et vous la tenez entre les mains. Frissons. On se demande bien quel Ovni on va découvrir. C'était les débuts d'Internet, et ça fourmillait déjà de sites nous persuadant que cette histoire était bel et bien réelle. Une seule chose restait à faire : insérer ce gros pavé noir dans le magnétoscope, fermer les volets et regarder. Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'on n'allait pas seulement regarder, mais on allait étudier. visionnage après visionnage, arrêt sur image après arrêt sur image. Le débat est toujours là. 15 ans après, on en est toujours au même point, avec chacun sa conclusion et sa théorie fumeuse. Allé, il est grand temps de plonger dans les forêts sombres du Maryland, à la recherche de la sorcière de Blair.

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !