cover

The Hateful Eight

Article écrit par Culturemania le vendredi 08 avril 2016 à 20:17
likeslikeslikes
3 personne(s) ont aiméAdd Like
Quelqu'un m'a dit récemment : "Les films de Tarantino je les regarde pas, c'est toujours trop long". Et nous voilà retombé dans le culte qui détruit notre époque, celui de l'immédiateté, de l'instantané, du tout tout-de-suite. La vie est longue et pourtant on l'aime bien, la preuve c'est que l'on cherche sans cesse à la rallonger et qu'on touchera très vite la question de l'immortalité. Alors c'est trop long ? C'est irrecevable car c'est un simple argument de paresse. J'aurai préféré l'argument : "c'est trop de la merde ce qu'il fait", car on est en droit de supposer que celui qui dit ça a pris la peine de s'emmerder suffisamment pour en arriver à cette conclusion. Mais moi, je trouve justement que les choses doivent avoir le temps de s'installer et que comme je le dis souvent, l'auteur doit faire la moitié du boulot, et c'est au spectateur de faire l'autre moitié.


Réalisateur : Quentin Tarantino

Scénario : Quentin Tarantino

Cast : Kurt Russell, Samuel L. Jackson, Tim Roth...

Tout doit aller vite ! Un plan ne doit pas durer plus de 20 secondes, sinon attention, le spectateur risque de s'ennuyer ! Une séquence doit faire passer dix émotions en cinq minutes, musique à l'appui pour forcer le trait ! Un film ne doit pas dépasser l'heure et demie, alors aller au-delà de deux heures ? Hérésie ! Qui a deux heures à perdre de nos jours ? Personne ! Qui oserait rester plus de deux heures devant un bon film défiant le défilement incessant des niaiseries ainsi ratés des réseaux sociaux ? Personne, pauvres fous. Alors il faut faire vite. Vite présenter tous les personnes, vite lancer l'intrigue et vite la résoudre. Tu écoutes, tu chiales, tu ris, tu vis, tu meurs, tu passes, mais surtout, tu passes vite à autre chose.

preview
"You got a room for one more ?"

Pauvres diables. Qu'allons nous retirer de cet amas de choses et d’événements aussi instantanés qu'éphémères ? Rien. La durée de vie des choses diminue au même rythme qu'elles se multiplient et se diversifient. Et c'est précisément pourquoi je me réjouis d'avance quand un film de Tarantino déboule. The Hateful Height dure presque trois heures ? Tant mieux. J'en ressortirai avec un vrai souvenir, que ce soit celui d'avoir jubilé pendant trois heures ou celui de m'être vraiment fait chier trois heures. Mais je ne l'oublierai pas. La preuve, c'est que j'ai vu ce film il y a de nombreuses semaines et pourtant, je pense être toujours capable de vous le raconter dans ses moindres détails.
Comme dans tout bon film de Tarantino, le film est rythmé en chapitres. Tout commence par de la neige, une tempête et une diligence qui peine à se faire un chemin vers la ville de Red Rock. Le cheval du Marquis Warren a rendu l'âme, alors cette diligence menée par O.B. Jackson tombe à pic pour celui qui tente de ramener quelques cadavres à Red Rock pour toucher sa prime. Il porte sur lui une lettre d'Abraham Lincoln, LE Abraham Lincoln.

"Shut that door ! It's a goddamn blizzard out there !
YOU HAVE TO NAIL IT SHUT ! THERE'S A HAMMER AND NAILS BY THE DOOR !"

Mais la tempête est trop violente et la nuit arrive, alors il va falloir faire une halte à la mercerie de Minnie. Dans la diligence, John Ruth alias "The Hangman". C'est aussi un chasseur de prime qui préfère rapporter ses proies vivantes pour toucher une meilleure prime. La proie du jour : la très sale et hilarante Daisy Domergue. Je ne vous dirai rien sur elle sinon qu'elle va lui rapporter $10.000. Les flingues sont déjà dehors, la méfiance aussi. La tension monte déjà et une autre personne perdue tombe sur la diligence. Cet autre personne fait aussi route vers Red Rock, et il s'agit de Chris Mannix, le futur shérif de la ville. Et là, on commence sérieusement à se regarder d'un sale œil.

preview

Le reste du film se passe dans la mercerie de Minnie. Mais Minnie n'est pas là, même si son ragoût à l'air toujours aussi bon. A l'intérieur, plusieurs hommes et du café dégueulasse. Le général Sandy Smither, un vieux débris raciste qui combattait dans les état du sud, est assis près du feu. Il y a là-bas Joe Gage, un mec aux airs de cow-boy qui est assis près de la fenêtre. Puis Oswaldo Mobray qui porte un chapeau et s'avère être le bourreau de Red Rock. Le dernier est Senior Bob, un mexicain qui dit être là pour tenir les lieux car Minnie a dû s'absenter. Mais on dirait que le Marquis Warren a déjà tout compris. Parmi tous ces gens, il y en a un qui n'est pas ce qu'il dit être. Mais lequel ? Et s'ils étaient plusieurs à mentir ? Et si tout le monde mentait ? Le furieux Marquis Warren va vite le savoir. La tension va monter pendant des heures et va finir par exploser, on le sait. Mais on ne sait pas exactement quand ni comment, ni avec quel niveau de violence, et c'est justement la durée de la mise en place des choses qui les rendent si puissantes.

preview
"Si t'avais été la deux ans et demi en arrière tu saurais pour le panneau accroché au dessus du bar. Tu sais ce qu'il y avait sur ce panneau Senior Bob ? Interdit aux chiens et aux Mexicains. Mais elle l'a enlevé. Tu sais pourquoi ? Parce que maintenant elle laisse rentrer les chiens."
Article écrit par Culturemania le vendredi 08 avril 2016 à 20:17

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

In The Deep

La peur des requins. La peur de l'eau. La peur panique du noir. La peur du vide. La peur des profondeurs. La peur de l'isolement. La peur de la promiscuité. La peur de l'étouffement. La peur de soi. Ce film est dingue.

cover

Horns

Bien évidement, quand on pense Daniel Radcliffe, on ne voit que par Harry Potter. Et c'est toujours dur de l'imaginer dans d'autres rôles, un peu comme toutes ces vedettes d'AB Production que l'on ne verra jamais plus ailleurs. Et pourtant. J'ai ravalé toute mes mauvaises pensées, tous mes a priori. Harry Potter n'est plus, et Daniel Radcliffe nous donne du 'yeah man', du 'fuck you', du 'hell yeah!'. Il jure, fume, fornique et surtout, porte un t-shirt de Nirvana ! Nous vivons vraiment une époque où tout va beaucoup trop vite.

cover

Phénomènes

Albert Einstein a dit : "Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.". Voilà sur quoi s'ouvre le film. Cette grande idée assez magistrale pour devenir fascinante. Sauf qu'il y a déjà deux problèmes : rien ne prouve qu'Einstein a prononcé cette phrase. Des mecs très sérieux se sont penchés sur le sujet. Et puis surtout, l'abeille n'étant pas le seul pollinisateur naturel, cette phrase a de grandes chances d'être fausse. Là aussi, des mecs très sérieux se sont penchés sur le sujet. Mais l'idée est grandiose, c'est vrai. Et ce qui est encore plus vrai, c'est que les gens vont commencer à disparaître. Tous, sans avertissement.

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !