cover

Vaiana, la Légende du bout du monde

Article écrit par Nana Scleurnk le vendredi 17 février 2017 à 19:34
likeslikeslikeslikeslikeslikeslikes
7 personne(s) ont aiméAdd Like
Oui, je sais, je sais, j’suis en retard… Il paraît même que c’était le Disney de noël. Mais il se trouve que je viens tout juste d’aller le voir au ciné, accompagnée de Poulette qui a maintenant 10 ans, et qu’on s’est régalée toutes les deux… Il fallait donc que j’écrive un petit quelque chose ! Et puis, il a tellement de succès que je crois qu’il va rester dans les salles pendant quelque temps encore, si le cœur vous en dit…


Production : Disney

Genre : Animation

Durée : 1h47

A moins de vivre dans un igloo entouré d’ours polaires et de phoques mignons, vous avez sans doute croisé au moins une fois une affiche de ce film d’animation, et vous vous êtes certainement aperçus que l’intrigue se déroule dans les îles. De quoi se réchauffer un peu pendant le temps d’un film, au milieu de cet hiver pluvieux.
Donc Vaiana, c’est une jeune fille qui a pas mal d’intuition, et qui n’a pas envie de suivre le chemin que ses parents ont tracé pour elle. Si la deuxième partie de la phrase est commune à à peu près tous les Disney, et à beaucoup de films pour enfants (et en même temps, c’est bien normal, grandir est en soi un parcours initiatique où on a sans cesse envie de dire Fuck à ses parents, non?), la première est moins habituelle. Une jeune fille oui, pas une princesse ! Et une jeune fille qui réfléchit, qui a de l’ambition, et qui n’attend pas juste que son prince charmant vienne lui faire des bisous. Pas mal, non ? On sent l’effort de Disney, on le sent !
Bon à partir de là je vais spoiler un peu, spoiler beaucoup… Donc si vous voulez passer votre chemin et ne pas lire mes incroyables élucubrations démoniaques, je comprends et vous dis à bientôt pour un nouvel article. Sinon, on continue ! Je me permet le spoil car comme dans tout Disney qui se respecte, la fin est bien téléphonée donc… Mais il y a pourtant plusieurs surprises dans ce film qui relie à merveille l’esprit magique et choupinou des anciens Disney avec une vague un peu moins cucul, un peu moins manichéenne.

preview

Depuis toute petite, Vaiana est attirée par l’océan. Elle ne s’en rappelle pas, mais elle a été choisie par lui lorsqu’elle était haute comme trois pommes pour sauver la nature. En effet, depuis de très nombreuses années, le cœur de Défiti a été volé. Cette dernière est en quelque sorte la déesse mère des îles du Pacifique, créatrice de la vie. Sauf que depuis ce temps-là, la nature se meurt petit à petit. Sur Motunui, île où Vaiana devient chef du village, le poisson se fait rare. Les noix de coco moisissent avant même d’être mures. Tout cela est très inquiétant. Bercée et encouragée par les histoires un peu dingues de sa grand-mère et contre l’avis de son père, la jeune fille part à la recherche du demi-dieu Maui. C’est lui, raconte la légende, qui aurait volé le cœur de Défiti ! Le saligaud !!

preview

Vaiana prend donc sa petite barque à voile (enfin celle de ses ancêtres explorateurs) et part voguer sur l’océan alors qu’elle n’a jamais navigué avant… Elle a de l’espoir, mais comme les vagues sont ses potes, pas de soucis ! Elle arrive sur l’île où est exilé Maui, et elle est bien décidée à lui botter le cul, à le faire grimper par la peau des fesses sur son bateau et à l’amener tout droit rendre son cœur à Défiti, nan-mého ! Sauf que Maui est un personnage qui a un caractère assez fort, et il apparaît, tout du moins au départ, comme un gros golgoth tatoué imbu de sa personne et qui ne pense qu’à une chose : reprendre son Hameçon Magique qui lui donnait son pouvoir métamorphique, avant, quand il était l’idole des hommes et des femmes. Bref, petit à petit, on découvre que Maui est en fait un homme très sensible derrière son masque de gros gars plein de muscles et égocentrique, et on comprend pourquoi sa seule ambition dans la vie est d’être adulée par les hommes.
Vaiana va donc l’aider à retrouver son super hameçon, à condition qu’il l’aide en retour à sauver la nature et son peuple en allant rendre le cœur de Défiti. Ok, Ok. Les voilà partis. En chemin ils rencontrent des pirates assez mignons, des sortes de noix de coco animées, appelées Kakamoras, qui nous ont fait bien rire.

preview

Ils vivent une ou deux autres aventures, du genre affronter un crabe géant et bling-bling pour récupérer le fameux hameçon…

preview

Et puis vient le moment où il faut affronter le big boss final : le graaaand méchant de la fin (dont je ne me rappelle malheureusement plus le nom). Ouhhh, ça fait peur ! Et d’ailleurs Maui, il flippe tellement que quand il voit qu’il n’arrive pas à le poutrer aussi facilement qu’il l’espérait, il se barre. En laissant Vaiana. La demoiselle perd d’abord espoir, et puis décide finalement d’affronter cela toute seule, elle SAIT qu’elle peut y arriver, elle SAIT qu’elle doit y arriver. Enfin bref, de fil en aiguille, elle se jette dans l’action et elle gruge le méchant. Maui revient, parce qu’il n’est pas un mauvais bougre quand même… Il l’aide un peu… Jusqu’à ce que Vaiana comprenne que le vilain méchant plein de flammes et de lave qu’ils affrontent est en fait… Défiti !
Alors là, j’ai trouvé ça complètement fou pour un Disney ! Défiti, la déesse mère, la gentille qu’ils veulent sauver depuis le début… Est devenue méchante car on lui a fait du mal ! Wahou ! A l’instar de Kirikou qui parcourt l’Afrique en essayant de comprendre « Mais POURQUOI la sorcière Karaba est-elle aussi méchante ? » et qui lui retire l’épine qu’elle a dans le dos, Vaiana utilise ses méninges et comprend que sans son cœur, Défiti est rongée par le mal, le malheur, le mal-être et est devenue cet espèce de monstre horrible.
Et comme tout est bien qui finit bien, Vaiana rend son cœur à Défiti, qui se calme et redevient la belle déesse bienveillante de la vie… Et la nature est sauvée ! Elle reprend ses droits, les fleurs repoussent, les poissons reviennent… Et c’est beau !

preview

Je vois dans ce film deux changements majeurs par rapport aux Disney habituels.
La premier, c’est donc qu’ils ont enfin réussi à ne pas pondre une histoire totalement manichéenne, avec le vilain méchant pas beau d’un côté, et le gentil chouchou de l’autre. Ils avaient déjà essayé en faisant le film Maléfique. Tentative qui a lamentablement échoué, puisque effectivement, on voit pourquoi la sorcière est devenue méchante, oui. Mais le roi, le méchant de l’histoire puisque apparemment il en faut un, est juste méchant et assoiffé de pouvoir, comme d’hab. Ok, failed… Avec l’histoire de Défiti, ça change et ça fait du bien ! Et si cela peut faire comprendre aux petits et aux grands qu’il est bon d’essayer de comprendre un comportement négatif et/ou violent plutôt que d’y répondre uniquement par la violence, alors ça serait pas mal !

Deuxième bouleversement par rapport aux Disney classiques : il n’y a pas l’ombre de la queue d’un commencement d’une histoire d’amour ! Ah bon, mais vous voulez dire que les filles ne sont pas faites pour attendre leur prince charmant toute leur vie et pour ne rêver qu’à l’amour, le « beau », le « vrai », celui qui arrive au premier regard ?? Et oui, exactement ! Et ça aussi… qu’est-ce que ça fait du bien ! Entendons-nous bien, je ne dis pas que l’amour c’est mal, mais présenté comme il l’est dans les Disney, c’est meugnon cinq minutes, mais je crois que ça fait plus de mal qu’autre chose.

J’ai également apprécié les différents thèmes abordés dans Vaiana. Le fil conducteur est une belle fable écologique, qui porte le message fort « N’abîme pas la nature et protège-la, car elle porte la vie ». Évidemment, ce n’est pas un sujet exceptionnel de nos jours, mais il n’en reste pas moins remarquable, précieux et nécessaire. Et puis, il répond à un réel besoin, que ce soit pour les petits ou pour les adultes qui les accompagnent. Une autre thématique très présente tout au long du film est la transmission entre les personnes, notamment la transmission intergénérationnelle avec la présence décisive de la grand-mère de Vaiana, ses légendes et histoires, ainsi que les divers héritages des ancêtres de la tribu. Enfin, le film, en tant que parcours initiatique, met l’accent sur la recherche, la découverte et la compréhension de soi, mais aussi de l’autre comme le montre la relation qui se noue entre Vaiana et Maui.

Je rassure les adeptes du Disney à l’ancienne : on retrouve aussi pas mal d’ingrédients qui font leur marque de fabrique. Les chansons par exemple. Personnellement, je ne les ai pas aimées, mais je sais que pas mal de mes connaissances les ont beaucoup appréciées. On retrouve aussi l’animal de compagnie bêbête qui suit l’héroïne partout. Ici, c’est Hei-Hei, un poulet vraiment différent (pour ne pas dire complètement stupide) qui se retrouve embarqué dans l’aventure malgré lui. Et à en juger par les rires dans la salle, il assume très bien son rôle de bestiole ridicule pour faire marrer les gamins. Et puis il y a l’esthétique ! Les décors sont magnifiques, les personnages vraiment expressifs, les couleurs chaleureuses… Je vous laisse avec la bande-annonce, pour vérifier cela par vous-même.

Article écrit par Nana Scleurnk le vendredi 17 février 2017 à 19:34

Commentaires

Merci à vous pour ce superbe article. Je ne conaissais pas, mais grâce à vous, j'irais l'acheter en DVD.

Ecrit par Remix42 le samedi 18 février 2017 à 09:05

Chouette! Tu me donneras ton avis^^

Ecrit par Nana Scleunrk le jeudi 23 février 2017 à 20:40

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Big Eyes

Les années 50 étaient une merveilleuse époque, pour les hommes. Cette histoire commence le jour où Margaret quitta son mari qui l'étouffait bien des années avant que le divorce devienne un phénomène de mode. On est en Californie, et Margaret roule avec ses toiles et sa fille en direction de North Beach, un quartier de San Francisco où l'on regarde l'art et où l'on écoute du Jazz en buvant ces nouveaux expressos le petit doigt tendu vers le ciel.

cover

Annabelle

Je vais essayer de ne pas trop rire en écrivant sur Annabelle, mais ça va être très dur. Tu veux faire un film ? Alors prend une poupée, une famille sans histoire, un prêtre, une église et une poussette. Et voilà, tu as un film, ou plutôt, tu as Annabelle. Quand je pense que cette soupe est associée au superbe Conjuring...

cover

Le promeneur d'oiseau

P-O-E-S-I-E. Ecoute un peu ton cœur, il t'apprend la TENDRESSE ! Alors ça c'était ce que chantait les Inconnus dans Douceur de Vivre, mais on va rester dans le thème. Celui de la poésie hein. Car avec ce film, on a l'impression de regarder un poème qui durerait une heure et demie. Un genre de conte à regarder un soir après un bon repas pour se mettre en condition et enfin comprendre un des plus grands mystères de notre ère : pourquoi les vaches ont l'air si apaisées lorsqu'elles regardent passer le train ?

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !