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Vendredi 13

Article écrit par Culturemania le vendredi 13 novembre 2015 à 00:00
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L'ambiance est moite, l'image poisseuse. Le son est bref, le coup brutal. Ça pue la mort à plein nez. Nous sommes vendredi 13, c'est donc la journée parfaite pour parler de la magnifique épopée de Jason Voorhees. Car non, Jason ne s'est pas noyé ce soir-là. Jason est toujours ici, quelque part dans ces bois. On va prendre notre jeep, rouler longtemps, passer à la station essence, croiser un vieux fou qui aurait pu nous sauver la vie et s'enfoncer dans les bois pour faire revivre les camps de vacance. Il me semble que c'est par le chemin sur la droite après le cimetière. Mais Jason est là, j'en suis sûr. Et il va réveiller notre goût pour les films de pouilleux.


Titre original : Friday the 13th

Nationalité : Américaine

"Jason est mon cher petit et aujourd'hui, c'est son anniversaire."

Vendredi 13 est bien sûr une date, mais c'est avant tout un lieu. Ce lieu s'appelle le Camp Crystal Lake. C'est ici que dans le temps, un jeune garçon s'est noyé dans le lac, bien loin de la surveillance de ces enfoirés de moniteurs. Voilà comment tout a commencé le vendredi 13 juin 1957. Le jeune garçon s'appelait Jason. C'était un enfant bizarre, différent. Son corps n'a jamais été retrouvé dans le lac. Aujourd'hui, la légende dit qu'il serait devenu une sorte de créature survivant dans les bois, bouffant des racines et des animaux sauvages. Certains disent l'avoir vu de leurs propres yeux. Peu importe. Le fait est que l'année suivante, deux moniteurs ont été massacrés. Depuis, le camp est fermé au public jusqu'à ce vendredi 13 de 1980 où ce bon boy scout de Steve Christy décide de le rouvrir. Quelle merveilleuse idée.

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La série originale compte 10 épisodes sortis entre 1980 et 2002. Les quatre premiers forment le premier cycle de Jason avec presque un épisode chaque année jusqu'en 1984. Ils forment la base du côté poisseux, les tripes de la bête en quelque sorte. Le lac n'est jamais loin et Jason vit dans sa petite cabane où la tête de maman trône dans une pièce spéciale remplie de cadavres.

On se doute bien de ce qu'il va se passer, je ne vais pas ici vous réciter la messe. Mais en gros, des jeunes bien propres vont débouler dans leurs bagnoles pour restaurer le camp et le faire revivre. Bien entendu, ils vont tous se faire défoncer par Jason. Année après année, et ce malgré les meurtres et malgré les avertissements de Ralph le vieux fou du village, cette zone du lac semble irrésistible pour ces petits enfoirés qui ne cessent de revenir. Leur passe-temps principal sera de disparaître les uns après les autres.

"Vous allez au camp sanglant ? Vous ne reviendrez pas ! Ce camp est maudit !"
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Quand on parle de Vendredi 13, on imagine de suite Jason avec son masque de hockey et sa machette. Sauf que Jason ne récupère son masque qu'au troisième chapitre à côté de la vieille grange. Jusque-là, le pauvre garçon n'avait qu'un vieux bout de drap pour masquer son monstrueux visage. Il tuait avec des couteaux, haches, piques et même parfois en utilisant seulement ses mains pour faire exploser la tête des gens. Par conséquent, on peut déduire que Jason sait faire preuve de brutalité.
Un autre point qui est une grosse caractéristique de ce genre de film : le tueur ne court jamais. Et bien c'est faux ici, car il se trouve que Jason court et gambade comme un lapin entre les arbres, en tout cas dans les premiers épisodes. Mais il est vrai que ça le rend un peu plus humain et c'en est presque dommage. Même si la logique du "elle court - il marche - il la rattrape quand même" peut surprendre.

Mais il y a encore autre chose. Jason n'est pas le tueur de tous les épisodes ! En effet, lors du premier épisode, le brave petit ne fait pas couler la moindre goutte de sang. Souvenez-vous du premier Scream lorsque le tueur demande à la fille au téléphone qui est le tueur de Vendredi 13. Cette gourde ce fait avoir en répondant avec évidence Jason. Oui mais voilà, Jason ne découpe des gens qu'à partir du deuxième épisode. Avant, c'était sa maman, Pamela Voorhees qui dévissait des vies pour venger son fils. Mais la dernière scène du lac lors de ce premier épisode est pleine d'espoir, car l'enfant Jason surgit de l'eau pour chopper la survivante de cette première tuerie. C'est la première fois que l'on peut voir le visage horrifié de Jason. Il faut croire que le petit a vu sa mère se faire décapiter par cette dernière. Il est bel et bien là, et il a bien l'intention de s'accrocher à la vie comme un loup s'accroche au cou de sa proie. Go Jason ! Go !

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Plus le temps passe et plus une chose semble évidente : Jason est increvable et les humains sont des poupées qu'il peut disloquer à volonté. Il tuera de bien des manières, mais il en prendra aussi pas mal dans la gueule. Par exemple, il se retrouvera pendu à une corde, il prendra un coup couteau dans la main, un autre dans la cuisse, un coup de machette dans la nuque ou encore un coup de hache dans la tête. Voyez donc à quel point il est possible de se prendre d'affection pour ce brave petit. Il finira même à la morgue mais sans l'intention d'y rester. Jason pas aimer morgue. Jason vouloir retourner maison. Et Jason, un peu à la façon d'un super guerrier de Dragon Ball Z, s'endurcit après chaque blessure. Il devient de plus en plus fort et de plus en plus dégueulasse. Son état médical se dégrade alors que sa puissance augmente. Approchez chers petits, venez-voir ce visage immonde caché sous ce masque.

"La lame rentre, les tripes sortent !"

Je vous parlais d'un premier cycle. C'est donc qu'il y en a un second et je pourrais vous en parler des heures. Jason finit par mourir et se faire enterrer. Sauf que les Dieux sont avec lui. Par une soirée pluvieuse et orageuse, deux idiots vont aller s'amuser à ouvrir sa tombe. C'est mon introduction préférée. Ils creusent et creusent encore alors qu’apparaît enfin le cercueil de Jason Voorhees. Jason est là, sous son masque avec des vers de terre qui lui sortent des yeux. Petit détail, il a été enterré avec son doudou préféré à savoir sa machette. Un petit tour de magie et le revoilà parmi nous ! C'est ainsi que va débuter une nouvelle série de films qui va emmener Jason à New-York ou encore dans un vaisseau spatial. Bon, j'avoue que là, c'est peut-être un peu trop, mais en tout cas une chose est sûre : à votre place, je n'enverrais jamais mes enfants dans un camp de vacance trop près d'un lac. On ne sait jamais, si Jason a pu aller à Manhattan, il a pu tout aussi bien finir par se faire une nouvelle cabane au bord du lac d'Annecy. Mais ce n'est qu'un exemple. Longue vie à Jason. Et vous, passez un bon vendredi 13.

Article écrit par Culturemania le vendredi 13 novembre 2015 à 00:00

Commentaires

J'avais préparé cet article pendant la semaine précédent ce vendredi 13 novembre 2015. Relire son introduction maintenant me projette bien sûr dans ce qu'on a subit à Paris. "Ça pue la mort", je ne croyais pas si bien dire. Ce jour a en effet été maudit, pas par un personnage fictif caché derrière un masque de hockey mais par de lâches énergumènes bien réels qu'on a le droit de haïr de toute notre colère.

Ecrit par Vincent le dimanche 15 novembre 2015 à 23:11

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