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Power Rangers

Article écrit par Remix42 le mercredi 16 novembre 2016 à 12:17
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Récemment, Hollywood a annoncé la sortie d'un nouveau film sur les Power Rangers, qui paraîtra en 2017. Hein ? Heu...? Quoi ? Pardon ? Oui, oui. Vous avez bien entendu. Cette émission télévisée parut en 1993, se voit alors acquise par Lionsgate qui prévoit d'en faire une saga filmique étalée sur plusieurs années. Cette nouvelle avait alors créée l'événement, suscitée un véritable engouement, mais également un regain d'intérêt pour les nostalgiques de la série télévisée. Mais pourquoi ? Lorsque j'analyse cette effervescence, je constate que les réponses se trouvent peut-être alors dans les origines de la série. Je vais donc essayer de décrypter ce phénomène qui dure depuis plus d'une vingtaine d'années.


Les Power Rangers est une série télévisée américaine destinée à la jeunesse, crée par Haim Saban. Celle-ci, arrivée en 1993, relate la vie de cinq adolescents qui se transforment en super-héros avec des pouvoirs de dinosaures, quand leur ville Angel Grove, est attaquée par une sorcière machiavélique extraterrestre prénommée Rita Répulsa. Cette série obtient tout de suite un énorme succès, devenant en un minimum de temps, un véritable phénomène mondial.

À première vue, je décrypte ce succès et ce phénomène de par l'identification.
En effet, j'en compte plusieurs.
Le premier, de par sa logique : celui du nombre des acteurs principaux, qui sont 5. Il y a donc un phénomène d'identification de par le chiffre qui s'opère. Le second est celui du physique. Les acteurs ayant tous des physiques différents très distincts des uns et des autres, mais également une culture ethnique différente pour certains, cela en fait un phénomène d'identification de par le physique qui est attribué ici.
Le troisième : celui de la couleur. Dès que les adolescents se mutent en héros, ils ont alors chacun une couleur bien définie : le rouge pour le chef, le noir pour l'afro-américain, le jaune pour l'asiatique, le rose pour la superficielle et le bleu pour l'intellectuel. Il y a donc une identification de par la couleur qui s'opère (même si pour le ranger noir et le ranger jaune, c'est assez cliché, je dois le reconnaître).
Le quatrième : celui du dinosaure auquel chaque héros est attribué. Le rouge à le T-Rex, le jaune à le smilodon, le bleu à le tricératops, le rose à le ptérodactyle et le noir à le mastodonte.
Il y alors un phénomène d'identification de par le dinosaure attribué à un héros.
Le cinquième phénomène d'identification à ne pas prendre à la légère, mais qui est, à mon avis, important et qui à tout son sens : celui des loisirs/passions octroyés à chaque héros.
Ainsi, le rouge est passionné de karaté, tandis que le ranger rose fait de la gymnastique, quant au ranger noir, il danse la capoeira. Le bleu lui, se passionne pour les technologies et la ranger jaune, pour le tai-chi. Il y a donc un phénomène d'identification de par les loisirs/passions octroyés aux personnages, mais également et surtout un phénomène d'identification socioculturel qui s'opère, pouvant créer, de par cette identification aux spectateurs, un certain intérêt pour ces passions-là et amener donc, en conséquence, un facteur social de par les sports ou loisirs octroyés aux personnages.
De par ces phénomènes d'identifications que je relève au nombre de 5, cela peut en terme de produit télévisuel, multiplier potentiellement l'audience par cinq. De ce fait : les jeunes, les sportifs, les adolescents, mais également les passionnés de sentaïs et de dinosaures, peuvent alors s'identifier aux héros du programme et en conséquence, être accro à la série.
Power Rangers compte en fait, pas un, mais plusieurs phénomènes d'identifications, qui sont pour ma part, un peu responsable du succès de ce programme.

Je peux également décrypter ce phénomène de par les genres de registres que contient la série.
À l'époque, ce que très peu de gens savent, c'est que "Power Rangers", qui est un programme américain destiné à la jeunesse, inclus dans sa trame scénaristique, des rushs (scènes tournées) issus directement de la série sentaï japonaise de laquelle elle s'inspire : "Kyōryū Sentai Zyuranger", créée par la société Toei Animation, parue l'année d'avant, en 1992 au Japon.
Pour ce qui ne savent pas ce qu'est un sentaï : c'est un feuilleton télévisé japonais destiné aux adultes, ayant pour thèmes des jeunes gens sauvant la Terre de menaces extraterrestres, dont la série "Power Rangers" reprend comme concept.
Le sentaï est alors au Japon, ce que la télénovéla est aux pays hispaniques, ce que les soap-opéras est aux États-Unis et ce que ''Plus Belle La Vie'' est en France : une véritable institution, suivie par des millions de téléspectateurs.
De ce fait, Power Rangers joue alors sur deux registres : l'aspect américain assez frivole de par la jeunesse véhiculée en début de programme où les héros mènent une vie sans histoires et un registre plus adulte de par la violence et l'esprit de responsabilité accablés aux héros de via les scènes japonaises incluses au programme.
En terme de production télévisuelle : cela permet donc d'attirer deux cibles potentielles : la jeunesse et les adolescents.
De plus, avec les morales véhiculées en fin de récit telles que : le bien remporte toujours sur le mal etc... et le coté instructif du programme (grâce à cela, j'ai connu les dinosaures, les couleurs et de par le facteur social, eu de nouveaux amis), permet également d'attirer comme audience : les parents des enfants et des adolescents et donc de tripler la cible du programme.

Le troisième facteur à ne pas négliger pour avoir un succès selon moi, c'est sa diffusion.
Qui dit programme, dit audience ciblée, qui dit audience ciblée, dit diffusion, qui dit diffusion, dit case horaire et qui dit case horaire, dit stratégie. Et quant on a un programme télé, on veut que ça marche : logique. De ce fait, Power Rangers qui cible comme audience la jeunesse et les adolescents, prévoit alors une diffusion bien stratégique : celle où les enfants et adolescents n'ont pas école : le mercredi et le samedi. Et les horaires de passage, celle du matin, s'arrangent fort bien.
Résultat : le programme dépasse tous les records aux Etats-Unis, mais également partout dans le monde sur les cibles visées et devient un phénomène mondial.

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Le quatrième facteur qui peut-être mineur, mais qui pour moi, fait toute la différence, c'est bel et bien le générique.
On l'ignore toujours, mais un détail à une importance capitale dans le succès d'un programme télé : c'est le générique. En effet, que serait un programme télé sans un générique ? Réponse : un peu moins regardable, on est tous d'accord là dessus.
Power Rangers est alors, comme toutes les séries à succès de l'époque : agrémenté d'un générique. Celui-ci savamment orchestré, aux paroles simples et à la mélodie entraînante est assez banal, car il s'inscrit dans la mouvance de l'époque : pop-rock, le style de prédilection pour les séries de cette période et cela, peut importe les cibles potentielles visées (jeunesse, adolescents, parents...). Pour preuve : d'autres séries parues à cette période comme Alerte A Malibu, Highlander, Le Rebelle ou encore Walker Texas Ranger, pour ne citer qu'elles, bénéficient de la même recette : un générique pop-rock aux paroles simples et à la mélodie accrocheuse. De par ce procédé, il y a alors un double enjeu : rendre le programme identifiable : logique et secondement, cela attire le potentiel auditeur, le transforme en téléspectateur, qui en regardant la série, devient consommateur. Et lorsque que le téléspectateur devient consommateur, il n'a envie de faire qu'une chose : acheter le générique télé et les dvd de la série. Il y a alors par le biais du générique télé, un phénomène d'appropriation qui s'opère.

Selon moi, le dernier facteur qui a fait de cette série un phénomène, c'est bel et bien son époque.
La décennie 90's fut celle où la consommation (pardon, la surconsommation) était florissante. Quand quelque chose marchait, tout était alors décliné en une multitude de produits dérivés.
Power Rangers sortit en 1993, n'échappe alors pas à cette règle et devient également une franchise au marketing assez impressionnant pour l'époque. Haim Saban, le créateur de la franchise, décide alors de reprendre la gamme de figurines des "Kyōryū Sentai Zyuranger", de changer le packaging et le tour est joué. Ainsi, lorsque la série est diffusée, la gamme de jouets qui était disponible à cette période, est un énorme succès, mais lorsque la fête de noël arrive, une toute nouvelle gamme émerge peu de temps avant et là encore, c'est un succès phénoménal dépassant toutes les espérances. La stratégie de Saban (créateur de la franchise), associé à Toei animation (créateur du sentai original) et Bandai (créateur des jouets) est alors une pure succès story, digne des plus beaux contes de fées. Ah! Saban, Bandai et Toei, quels génies (grâce à vous, j'ai passé d'excellents noëls) !!! À cette époque, les Power Rangers étaient partout : à la télé, sur les vêtements, sur les bonbons, en bandes dessinées...et on ne pouvait pas y échapper.

À mon avis, même si ''Power Rangers'' connu quelques controverses à l'époque pour causes de sa violence et de certains critères ethniques (le personnage asiatique était le ranger jaune, le personnage afro-américain était le ranger noir), la série n'en reste de par son faible coût de production (rachat de sentai allié à des scènes américaines), mais aussi à divers facteurs comme l'identification et au marketing, une des franchise, tout comme fut le cas pour Pokémon et les Spice Girls à l'époque, l'une des plus rentables de la décennie 90's et continue d'être à ce jour, l'un des programmes télé les plus regardés au monde. Normal que le cinéma lui fasse les yeux doux.

Article écrit par Remix42 le mercredi 16 novembre 2016 à 12:17

Commentaires

Enfin un putain d'article qui décrypte le phénomène Power Rangers de façon technique, sans se moquer et çà fait du bien. Merci

Ecrit par GuillaumeTell le mercredi 16 novembre 2016 à 22:20

Que l'on aime ou que l'on aime pas cette série, elle a marquée plusieurs générations donc pour moi, c'est total respect.

Ecrit par Kadher41 le mercredi 16 novembre 2016 à 22:37

En lisant, ça me rappelle ma jeunesse tout en analysant le phénomène. Un des meilleurs articles que j'ai lu sur la série.

Ecrit par AnthonyB le mercredi 16 novembre 2016 à 23:25

Que l'on aime ou pas ''Power Rangers'', elle reste 23 ans plus tard, toujours l'une des séries jeunesse les plus regardées. Elle fut critiquée à l'époque, mais elle restera jamais égalée (en termes de série live action). Comme quoi, Saban a eu raison de croire en ce concept, contre vents et marées à l'époque.

Ecrit par Michael le jeudi 17 novembre 2016 à 00:21

Comme ce qui est dit dans cet article est ultramégavrai. La vache, j'avais pas vu Power Rangers sous cet angle.

Ecrit par Mp7 le jeudi 17 novembre 2016 à 09:47

Je trouve cet article très bon. Cependant, j'aurai aimé que l'on me parle des ''Power Rangers Turbo'' ou des ''Power Rangers dans L'espace'', qui sont à mon avis, bien meilleures que ''Mighty Morphin Power Rangers'' 1ere du nom.

Ecrit par Anais le jeudi 17 novembre 2016 à 11:15

Je remercie toutes les personnes qui ont commenté mon article. Avec toute ma gratitude et reconnaissance. Cordialement, Remix42

Ecrit par Remix42 le jeudi 17 novembre 2016 à 19:59

J'ai toujours adoré tes analyses Rémy. Merci. Super article.

Ecrit par Greg le jeudi 17 novembre 2016 à 22:51

J'ai hâte de voir le film en tout cas.

Ecrit par Martin le samedi 19 novembre 2016 à 18:38

J'ai bcp d'apréhension à voir ce que le film va donner.

Ecrit par Anabellelatrobelle le jeudi 24 novembre 2016 à 03:32

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