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Cookie Clicker

Article écrit par Culturemania le vendredi 01 avril 2016 à 23:06
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Hier, j'étais tranquillement écroulé devant la télévision. J'étais fin prêt à faire tout mon possible pour ne rien faire. Je suis devenu très bon à cela. Est-ce que je me faisais chier pour autant ? Absolument pas pauvres diables, depuis quand ne rien faire est synonyme d'ennui ? Ça, c'est ce qu'on a voulu nous faire croire depuis tout petit, alors que ne rien faire est purement merveilleux. L'autre idée qui a été au centre de notre éducation est celle de la collecte, de l'accumulation. Et c'est là que Cookie Clicker a tout compris.


Développeur : Julien Thiennot

Genre : Frénésie capitaliste

Notre génération a joué aux billes à la récré. Le but primaire était d'en piquer aux autres, et donc d'en accumuler un maximum dans sa poche. Ensuite sont venus les albums Panini à remplir. Il nous fallait tous les autocollants. Tous ! Et puis il y a eu les cartes à collectionner. Et puis l'argent de poche. Et puis les Pokémons, attrapons-les tous ! Et puis les premiers petits boulots. Et puis le travail. Et puis encore du travail, toujours du travail pour faire passer ce compte épargne de 4 à 5 chiffres. Si les mathématiques ne passionnent pas tout le monde, tout le monde aimerait regarder son compte en banque augmenter heure après heure, minute après minute. Imaginez-vous que les banques développent une application permettant, selon votre rémunération, de voir votre épargne (le nouveau nom du sac de pièces) augmenter petit à petit, euro après euro. Lequel d'entre-nous ne céderait pas au berceau de cette incrémentation stable et infinie ? Et bien c'est tout le principe de Cookie Clicker : on va regarder un nombre grandir. Voilà comment cela se présente :

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C'est un jeu. Enfin, il ne va pas falloir faire grand chose, j'ai d'ailleurs été bien incapable de lui trouver sa catégorie. Cela se rapproche à un genre de stratégie cumulative où il faudrait accumuler des ressources pour construire des unités et aller déboîter l'adversaire. Sauf que là, Cookie Clicker s'arrête à la phase une. Car l'objectif principal est l'accumulation. Toujours plus plus plus, dans un monde où l'on en a de moins en moins. Mais la magie du nombre opère. Tout commence avec rien, qui va devenir trois fois rien, qui va vite devenir quelques milliers, quelques millions et puis très vite des milliards.

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Je pense que le côté hypnotique joue un grand rôle. Voilà comment se déroule une partie. Au départ, il faut cliquer sur le cookie nous-même. Chaque click rajoute 1 cookie à notre réserve. Très vite, on va pouvoir acheter nos premiers "employés". Par exemple, pour quelques cookies, on va mettre au boulot une grand-mère, qui cuisinera une quantité évolutive de cookies pour nous. Ensuite, pour quelques cookies de plus (t'as noté la référence ?) on va pouvoir ajouter des curseurs virtuels qui vont cliquer sur le cookie à notre place toute les 10 secondes. Ensuite viendront les fermes qui produiront des cookies en plus grand nombre à une certaine fréquence. Et puis les mines, les banques, les temples, les tours de sorciers, les bateaux, etc etc. Des bonus spéciaux permettront aussi d'améliorer tout ça. Mais là où c'est plutôt malin, c'est qu'à chaque fois que l'on achète un de ces éléments, le suivant sera un peu plus cher. Plus on en a, plus on est riche et plus on peut payer. Ainsi, si la première grand-mère peut coûter environs 100 cookies, la prochaine que je vais poser dans ma partie me coûtera la somme de 14,432 millions. Absurde ? Bien sûr, sauf lorsque l'on produit 2,446 millions de cookies par seconde. Vous comprenez le parallèle avec notre société ? Non ? Alors un exemple tout con. Le Bellagio de Las Vegas propose une suite à plus de $5000 la nuit. Absurde ? Bien sûr, sauf pour quelqu'un qui gagne $1000 par heure.

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Et pourtant, c'est fascinant. Depuis hier soir, je laisse tourner la page en y allant toutes les heures pour dépenser mes milliards de cookies accumulés dans le seul but d'en produire encore plus. Depuis le début de la rédaction de cet article, ma petite entreprise a produit 5 milliards de cookies. Dès que j'ai terminé mon texte, je vais vite aller acheter quelques bateaux ou temples de plus pour produire encore plus. Preuve qu'il y a bien quelque chose de pourri en nous qui nous poussera toujours à en vouloir plus. Mais comme vous le savez, tout cela va devoir changer, et vite.

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Le jeu étant développé majoritairement en javascript, il est donc possible de tricher. Les petits malins comme moi auront vite fait de mettre la main sur le code et de voir qu'il est tout simple de modifier un paramètre de la variable globale du code du jeu permettant de s'affecter un nombre de cookies illimités. Mais pourtant, cela ne m'empêche pas de remettre mon compteur dans le droit chemin et de continuer à le regarder grimper. Une hypnose fascinante qui fonctionnerait tout aussi bien avec des dollars, des esclaves, des bonbons, des cailloux, des choux, des bijoux ou des hiboux.

Article écrit par Culturemania le vendredi 01 avril 2016 à 23:06

Commentaires

Yeah une infinité de grand-mères et d'usines pour avoir des milliards de cookies :D

Ecrit par Sam le jeudi 23 juin 2016 à 21:04

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