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Legacy Of Kain

Article écrit par Sowilo le jeudi 19 février 2015 à 21:50
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Je suis tombé sur une petite news jeux vidéo ces jours-ci qui a attiré mon attention. La sortie prochaine du jeu Nosgoth sur PC, annoncé comme un jeu d’action multi-joueurs tout bête. Un peu de lecture, et la nostalgie m’envahie. Nosgoth, ce nom signifie que ce jeu est rattaché à la saga Legacy of Kain, qui dura de 1996 à 2004 sur plusieurs plateformes, et qui regroupait 5 jeux. Et tout ce qu’il en resterait aujourd’hui, c’est de la baston entre humains et vampires sur le net ? C’est tout ? Alors, laisse-moi te rappeler ce qu’était Legacy of Kain, ou te l’apprendre si tu es jeune joueur. Séance rétro gaming en 2 parties. Accrochez-vous les enfants.


Développeurs : Silicon Knights puis Crystal Dynamics

Editeurs : Eidos puis Square Enix

Supports : Playstation, Dreamcast, PC

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Legacy of Kain suit les aventures de deux personnages antagonistes, Kain et Raziel, qui doivent parcourir le pays de Nosgoth à différentes époques, pour en démêler les intrigues et poursuivre leurs objectifs, souvent à base de vengeance. Très inspiré de la littérature vampirique gothique, la saga aligne un bon nombre de personnages secondaires parfois assez complexes, dont les motivations réelles restent souvent mystérieuses et crée de nombreux rebondissement. En terme de jeu, la saga est passée par des genres assez différents, n’en révolutionnant véritablement aucun, mais s’inscrivant souvent comme des seconds couteaux de qualité. L’immersion, la violence, le scénario tortueux et mature, et une certaine élégance dans l’écriture des dialogues sont des points forts notables. On y trouve cependant toujours une certaine imperfection, un gout d’un peu inachevé, qui peut même avoir un certain charme parfois. Mais l’image qui en est resté est celle d’une saga complexe, bien ficelée et unique en son genre.

Aujourd’hui, il reste assez difficile de rejouer à ces jeux dans des conditions optimales, les consoles virtuelles n’offrant pas l’entièreté de la saga, sans parler de l’absence des traductions françaises qui était pourtant assez excellentes, doublés par des voix connues du cinéma, à commencer par le duo Benoit Allemane et Bernard Lanneau. Donc, malheureusement, se refaire toute la saga dans sa qualité d’origine est actuellement un truc de modeste collectionneur, à moins d’avoir gardé ça dans sa ludothèque depuis plus de 10 ans. C’est bien dommage ! Malgré tout, faisons une petite rétrospective de chaque volet, avec les grandes lignes de l’Histoire et du système de jeu. Pas d’inquiétude, si jamais vous découvrez le sujet, l’essentiel du spoiler sera pour le second article, et si vous vous y retrouvez et retenez, vous êtes sacrément doués !

Blood Omen :

A Nosgoth, il y a 9 colonnes, protégées chacune par un gardien, afin de garantir l’équilibre des forces. Depuis qu’Ariel, gardienne de la colonne de l’équilibre, a été assassinée, les événements se sont enchaînés de manière tragique. L’intro montre au joueur, encore ignorant des enjeux de tout cela, la dernière étape de ce chaos ambiant, à savoir le massacre de l’ordre Séraphéen par le vampire Vorador, alors que le gardien de la colonne du conflit, Malek, avait manifestement mieux à faire que de les défendre.

Mais tout ce bordel, le jeune Kain (que nous allons incarner) n’en a encore rien à faire. Lui, il voulait juste dormir à l’auberge et s’est fait refouler. Manque de bol, dehors, il tombe sur une bande de types mal intentionnés qui lui règlent son compte. Ça commence bien, 5 minutes de jeu et on est mort. Mais curieusement, Mortagnus, gardien du pilier de la mort, apparaît et propose à Kain, ivre de vengeance, d’avoir « le sang dont il est assoiffé ». Kain, qui n’est pas du style à prendre une loupe pour lire toutes les clauses d’un contrat, ne tique pas sur la formulation de la proposition et accepte. Le voilà donc revenu à Nosgoth, sous la forme d’un vampire. Alors c’est vrai, pour retrouver ses assassins et leur faire passer un sale quart d’heure, c’est plutôt pratique. Mais après, on se rend vite compte que pour trouver du boulot ça ne va pas être simple. Ça tombe bien, il parait que Kain était supposé prendre la relève d’Ariel comme gardien de l’équilibre. Seulement, vu la corruption des gardiens en place et la forme actuelle de Kain, ça semble compromis. L’esprit d’Ariel propose une autre solution, demander à Kain de tous les retrouver et de faire table rase de ce gouvernement de tarés. En route !

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En chemin,  Kain gagnera petit à petit en pouvoir, et en apprendra un peu plus sur les rouages de Nosgoth. Il rencontre Vorador, qui lui apprendra à jouir un peu plus de sa nouvelle condition, la considérant comme une bénédiction et vivant comme un pacha hédoniste totalement sadique (au sens du marquis) avec les humains. Vorador l’assistera même dans sa quête de purge des gardiens des colonnes. Abusé par Moebius le gardien du temps, Kain fera son premier voyage temporel pour assassiner un roi devenu Tyran, mais le transformera ainsi en martyr et ouvrira la voie à la croisade des Séraphéens contre les vampires, mené par ce fourbe de Moeubius lui-même. Au passage, il récupère quand-même une mystérieuse épée mangeuse d’âme, la Soul Reaver. Finalement vainqueur de chaque gardien, Kain découvre que Mortanius était possèdé par un machin étrange appelé Ash-Ak-Gik, qui l’a poussé à assassiner Ariel et donc à initier la corruption des gardiens. Kain est aussi souillé en tant que nouveau gardien de l’équilibre, mais il recule devant son nécessaire sacrifice qui terminerait la purification du cercle. Dernier vampire vivant, il choisit de laisser pourrir les colonnes pour préserver sa vie de prédateur désormais surpuissant, presque divin. Ainsi commence le règne de Kain sur Nosgoth.

A noter qu’une fin alternative existe dans le jeu, où Kain se sacrifie pour restaurer l’équilibre, mais ce n’est pas celle qui est retenue pour la suite.

Le jeu est une sorte de croisement entre Diablo et un Zelda, sauf que vous y incarnez un anti héro bien méchant, aux conditions de vie particulières. Il lui faut du sang, tout le temps. Partant de là, il va être impossible d’être autre chose qu’un prédateur qui bouffe autant que nécessaire, même ceux qui ne l’agressait pas. Et petit à petit, les possibilités sadiques de Kain vont s’étoffer. Bref, ça pisse rouge ! Le jeu est bien découpé, entre l’exploration, les donjons et les combats contre les boss, les cinématiques etc.. Par contre, même pour l’époque, il ne tablait pas trop sur ses capacités techniques, se contentant d’un moteur 2D vue du dessus. Simple, mais efficace. Pareil pour la bande son, dont le côté crados colle finalement assez bien au jeu. Hors mis quelques incohérences de traductions avec la suite de la saga, la version française était plutôt bien fichue, crachotante mais bien dans le ton. La version Playstation souffrait de chargements vraiment trop réguliers.

Soul Reaver :

Changement de développeur, changement de style de jeu, grosse ellipse temporelle, Soul Reaver passait alors pour un spin off de Legacy Of Kain. Il n’en est rien. La saga prend juste un gros virage, et présente son second protagoniste principal.

Kain est devenu empereur de Nosgoth, et s’est entouré d’une fratrie vampire nouvellement créée pour constituer ses lieutenants, et diriger ses légions. Les colonnes ne sont que ruines, et les vampires ont ravagés le pays. Les vampires grandissent, mutent, deviennent de plus en plus inhumains. Un jour, le premier lieutenant Raziel précède Kain dans sa mutation, et se voit affublé d’une paire d’ailes. Kain, jugeant cela comme une trahison, les lui arrache et fait balancer Raziel par 2 de ses frères dans des abimes pas cool, où il subit éternellement la brulure de l’eau (les vampires ne la supportant pas). Une « éternité » plus tard, une mystérieuse entité divine, qui se fait appeler l’Ancien et qui dit régner sur le cycle de la vie et de la mort, tire Raziel de là et lui propose, ou lui impose, un deal un peu semblable à celui qu’a connu Kain. Alors qu’il était condamné à errer dans une dimension parallèle spectrale, immatérielle, l’Ancien réincarne Raziel dans un corps chétif, bleuté, et doté d’une soif encore différente de la soif de sang, la soif d’âme. Pas joice le Raziel. L’Ancien dit avoir un gros souci avec les vampires, qui ne meurent plus, et enrayent donc son principe de cycle de vie. Il enjoint alors Raziel à utiliser son nouvel appétit de psychopompe pour aller exprimer toute sa reconnaissance à ses frères et à Kain. Rien à craindre, il est immortel, puisqu’il ne risque que de retourner dans la dimension spectrale d’où il n’aura qu’à se recharger en âmes vagabondes pour reprendre forme physique. Dégouté de lui-même mais quand-même bien remonté, Raziel est de retour.

Emergeant à nouveau à Nosgoth, il constate les ravages de l’empire de Kain, et la dégénérescence de ses frères, qui sont devenus des créatures toutes plus grotesques et monstrueuses les unes que les autres. Plus sa haine fratricide s’accomplie, plus Raziel regagne des pouvoirs. Mais sa route croise celle de Kain plus vite que prévu, et celui-ci lui présente son épée Soul Reaver. Problème, la Soul Reaver, habitée d’un esprit vampirique, a aussi le pouvoir de dévorer les âmes. Mal barré le Raziel. Coup de bol façon Harry Potter, la Reaver réagit bizarrement à son contact, et une partie spectrale s’en détache pour se lier à lui. Désormais accompagné de cet étrange esprit, Raziel reprend son expédition punitive. Il découvre que pour le créer, lui et ses frères, Kain a ressuscité les corps d’anciens prêtres Séraphéens de l’époque de la croisade, les plus acharnés ennemis des vampires. Vénérant ses nobles origines humaines, Raziel n’en est que plus horrifié par la profanation pleine d’ironie de Kain. De quoi le motiver pour ses deux derniers meurtres avant de poursuivre Kain dans le Chronoplast, engin temporel du défunt maître du temps, Moebius. Là se déroule le duel final tant attendu, et la fin en queue de poisson qui a frustré les joueurs que nous étions. Kain explique que depuis qu’il connait le Chronoplast, sa vision des choses à considérablement évoluée. Echappant au combat, il encourage Raziel à en apprendre plus sur les Séraphéens plutôt que de les vénérer, puis plonge dans un vortex temporel, invitant Raziel à le suivre. Twist final, Raziel plonge à son tour, échappant à l’emprise de l’Ancien, mais apparait devant Moebius lui-même, qui semblait l’attendre de pieds fermes.

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Ah quel jeu quand même ! D’un point de vue scénario et atmosphère, il fallait le faire. A propos du gameplay, aucun rapport avec Blood Omen, Soul Reaver se présentait comme une alternative à Tomb Raider. La jouabilité se rapproche donc des premiers volets des aventures de Lara Croft. Et aujourd’hui, ça, je trouve que ça fait beaucoup plus mal que la réalisation d’époque. Les jeux de plateformes en 3D avec les flèches à l’ancienne et la caméra qui fait chier, quelle plaie ! Bon, je ne suis pas objectif, grimper par-ci, tirer un bloc par-là, aller tirer un levier pour ouvrir une porte de l’autre côté du pays, ça n’a jamais été mon truc. Et je ne vous parle même pas des passages sous-marins qui me faisaient faire une micro dépression. C’est bien parce que c’est à Nosgoth que ça se passe.

Mais il y avait cet univers, cette réalisation, ce doublage français. Juste dommage que Benoit Allemane se soit farci à la fois l’Ancien et Kain, et que les développeurs n’aient pas pris le temps de synchroniser les lèvres des personnages ! Les boulets, gâcher un si bon boulot !
Et il y avait Raziel et ses capacités particulières qui prennent de l’ampleur tout au long du jeu. Enfin, ce principe d’univers parallèle permanent, la dimension physique et spectrale. Une expérience qui marquait par son étrangeté.

Bientôt la suite, et croyez-moi, question scénario, ça va franchement se compliquer, pour notre plus grand plaisir.

Article écrit par Sowilo le jeudi 19 février 2015 à 21:50

Commentaires

C'est génial Romain ! Ce pur taf que t'as fait :) Je me souviens surtout des humains attachés dans les Donjons qui hurlaient : "Please Help Kind Sir !!"

Ecrit par Vincent le jeudi 19 février 2015 à 21:51

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