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Jeux video

- Legacy Of Kain : deuxième partie -

Article rédigé par Sowilo le 28/02/2015 à 11:48

Informations

  • Date de sortie : Non renseignée
A l’occasion de la sortie du jeu Nosgoth sur PC, on continue la rétrospective de la saga Legacy of Kain. Accrochez-vous, Kain et Raziel sont partis dans le passé, et vont y mettre la pagaille.

Développeurs : Silicon Knights puis Crystal Dynamics

Editeurs : Eidos puis Square Enix

Supports : Playstation, Dreamcast, PC

Soul Reaver 2

Nous sommes passés sur PS2, et nous retrouvons Raziel là où nous l’avion laissé. Cette fois, l’histoire prend une importance majeure dans le jeu et devient sacrément compliquée. Raziel et Kain se retrouvent quelques décennie avant Blood Omen, la période de la corruption des colonnes. Moebius a détourné Raziel afin de le rencontrer, et de le remotiver à tuer Kain, lui apprenant également son allégeance à l’Ancien. Mais Raziel va vite douter de la réelle emprise de ces deux-là sur sa destinée. Les éléments se croisent dans ce Nosgoth du passé, mélangeant les tors et les vertus des parties prenantes. Une fois retrouvé, Kain lui apprend que selon lui, le fameux problème de son nécessaire sacrifice pour sauver les colonnes (fin de Blood Omen) n’est qu’une mise en scène, et qu’il existe une troisième issue qui reste à mettre à jour dans les remous possibles du temps. Raziel décide donc de ne pas tuer Kain, et d’explorer les lieux secrets que la Soul Reaver semble lui ouvrir, défiant donc son destin soit disant déjà écrit par Moebius et l’Ancien. Bien des questions s’ouvrent sur la nature de Raziel, l’Histoire de Nosgoth et celle de la Reaver.
Le seul à pouvoir éclaircir tout ça semble être János Odron, mythique vampire assassiné pendant la croisade séraphéenne. Encore bien des péripéties plus tard, Raziel remonte le temps jusqu’à lui. A ce stade, il sait que la Reaver est en fait la source du trouble dans le temps, que c’est elle qui creuse des sillons inattendus dans les événements prédestinés. Autrement dit, c’est la source de leur précieux libre arbitre. Mais l’Histoire, comme l’eau d’une rivière, cherche toujours à reprendre son cours normal si on lui impose des obstacles. János était le dixième gardien, celui qui conservait la Reaver et devait la transmettre à Raziel. Jusqu’ici, les actions de Raziel et de Kain, porteurs des deux formes de la Reaver, n’ont pas étés assez lourdes de conséquences sur l’Histoire pour annuler le problème initial. Raziel ne peux empêcher l’assassinat de János qui se fait arracher le cœur, et découvre que les tortionnaires ne sont autres que lui-même et ses frères, alors prêtres séraphéens. Raziel, à nouveau bien remonté, fonce vers la forteresse séraphéenne, déterminé à reprendre le cœur de János, qui est supposé avoir le pouvoir de redonner vie aux vampires, et donc aussi à János lui-même. Il est ralenti par d’étranges démons qui semblent le suivre à travers le temps et savoir qui il est. Comme quoi, quelque chose semble bien résister à leurs magouilles temporelles. Parvenu à son but, il réunit les 2 Reaver et massacre à nouveau ses frères, cette fois sous leur forme humaine, les offrant ainsi à Kain pour leur résurrection future en vampire. Pour finir, Raziel affronte sa propre forme humaine, l’humain fanatique ignorant que le monstre en face de lui n’est que lui-même. Après cet auto meurtre, l’esprit de la Reaver le lâche et semble vouloir le dévorer comme ses ennemis auparavant. Enorme spoiler, on découvre alors que l’esprit de la Reaver n’est, depuis le début, autre que Raziel lui-même, et qu’il est temps de boucler la boucle de ce paradoxe temporel. Kain arrive et empêche la Reaver d’agir. Le paradoxe ainsi créé est encore plus monumental, et Raziel voit dans les yeux de Kain l’Histoire se remodeler pour tenter de s’y adapter. Encore raté, le problème initial reste entier. Mais Kain est horrifié, et dit des choses que Raziel n’entend pas, trop faible et attiré dans le monde spectral. « Les hildens, nous sommes tombés dans leur piège ! Raziel ! János ne doit surtout pas revenir à la vie ! » Qu’est-ce qu’il raconte ? Quoi, c’est la fin du jeu ! Les salops !

Soul Reaver 2 reprend sur la lancé du premier, et on y dirige un Raziel qui a gardé toutes ses capacités chèrement acquises. Avec une maniabilité mise au gout du jour de la PS2, ça nous fait un personnage franchement cool à diriger. La Reaver change de fonctionnement dès le début du jeu, pour adopter un système plus intéressant. Elle peut être invoquée à tout moment dans la sphère matérielle, et gagne en puissance si son utilisation se prolonge. Mais en contrepartie, c’est elle qui dévorera les âmes ennemies, tout en drainant l’énergie de Raziel de plus en plus vite alors que sa puissance augmentera. Un facteur de pression pas mal vue, qui vient se greffer à un système de combat déjà honnête.

Pourtant les combats sont clairement mis en retraits (il n’y a aucun véritable boss), au profit de l’exploration et de l’univers. Au rayon énigmes, on augmente la dose en comparaison du précédent jeu, histoire d’exploiter les capacités du personnage. Malheureusement, cela se fait trop souvent dans le cadre des forges, qui font office de donjon et qui donnent trop l’impression d’allonger artificiellement le propos. Dommage, les puzzles sont plutôt classes pour ceux qui aiment ça, mais il ne se passe tellement rien dans ces foutus forges qu’il nous tarde juste d’en sortir.

Le jeu est quand même très prenant, certainement un des meilleurs moments de la saga, où les attitudes de chacun sont les plus fouillées. Comme il est indispensable de connaitre les événements des deux premiers jeux pour avoir une chance de suivre, on trouve de très bons résumés dans les suppléments, sous forme de textes un peu austères, mais qui ont le mérite d’y être pour pouvoir prendre le train en marche.


Legacy Of Kain - Blood Omen 2 :

Le plus compliqué cette fois, c’est le point de départ. J’ai même croisé quelques synopsis assez faux sur le net. Blood Omen 2 prend bien place après le premier Blood Omen, et on y retrouve bien le Kain conquérant et arrogant qu’on avait laissé à la fin du premier jeu de la saga. Pourtant, le jeu est le quatrième Legacy of Kain, car il présente la boucle temporelle crée à la fin de Soul Reaver 2. Les deux jeux ayant été développés en parallèle, malheureusement rien ne vient y faire écho pour nous ancrer ça dans le crâne, ce qui ne facilite rien. Mais c’est bien la seule subtilité, le scénario de ce jeu étant d’une linéarité assez décevante sur une bonne moitié.

Alors que Kain a refusé son sacrifice et gouverne Nosgoth à la tête d’un clan de vampire, un mystérieux seigneur Séraphéen déboule de nulle part, et armé d’une magie inconnue, ne fait qu’une bouché de Kain, le laissant pour mort.

Deux siècles plus tard, la Cabale, une organisation de résistance vampire parvient à le réanimer, mais Kain n’est plus le demi-dieu qu’il fut, et doit regagner des pouvoirs. Les séraphéen, avec leur magie de gliffe, exterminent efficacement les vampires, ou les rallient à leur cause. Après un suspense chiant, la cabale s’avère être dirigé par Vorador (quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi il est vivant là ?), principalement assisté de Uma, une femme vampire. Uma finit par découvrir que les séraphéens ont ouvert un portail dimensionnel à l’aide d’un artefact, la Pierre de Nexus. C’est ce même objet qui a permis de battre Kain si facilement, en permettant de courber l’espace-temps pour se protéger de la Soul Reaver. D’ailleurs le Seigneur Séraphéen en a fait son arme préférée. Une première rencontre avec ce grand vilain permet de se douter qu’il n’est pas franchement humain et qu’il n’a de séraphéen que le nom. Un petit tour sous terre et enfin, on en apprend un peu plus (ça fait des heures qu’on s’emmerde un peu). Là est enfermé János Audron, vivant (si si, là c’est logique vous verrez), lié à une machine infernale qui se nourrit de sa vie pour alimenter la Masse, une grosse cochonnerie qui génère la magie de Gliffe. On apprend également l’identité des ennemis, les fameux Hildens, des démons enfermés il y a bien longtemps dans une autre dimension. Ce fut l’issue d’une grande guerre entre les vampires primitifs et les Hildens. Pour sceller leur sort, les colonnes furent ériger, préservant les principes de vies à Nosgoth et pour maintenir la condamnation des Hildens. Lorsque Kain a pérennisé la pourriture des colonnes, une faille s’est ouverte, et des Hildens ont commencés à reprendre pied quelque part dans notre dimension. Et avec l’énergie du dernier vampire primitif reliée à leur Masse, leur puissance est petit à petit libérée à nouveau. Ok, alors on va tuer la masse ! Bim ! Du coup, János rejoint la Cabale, et la joyeuse équipe remonte la piste des Hildens jusqu’à une ville de l’autre côté de la mer. C’est de la qu’ils arrivent. On se bouffe le nez, on fait quelques lutte d’égo, comme ça Uma est morte connement et Vorador est hors combat pour le final. Dans l’affrontement, on apprend que le vampirisme, en tant que soif de sang, est une malédiction lancé par les Hildens lors de leur condamnation. Sacrifice héroïque du vieux János, et Kain finit le bouleau en renvoyant le seigneur (qu’on suppose n’être autre que Ash-Ak-Gik) dans son portail dimensionnel. Pour combien de temps, ça… En attendant, l’histoire peut reprendre son court, l’empire de Kain peut croitre, et on peut retomber sur nos pates. Voilà donc ce que Kain a vu à la fin de Soul Reaver 2, alors que sa propre histoire se ré agençait.

Pas de retour aux sources question gameplay, on reste grosso modo sur le style des 2 Soul Reaver, mais avec une jouabilité tournée vers l’action. On retrouve la charpie sans concession du premier Blood Omen, la consommation en grande quantité d’humains, et les conditions de vie vampiriques. A se demander comment l’espèce humaine fait pour se reproduire en assez grande quantité à Nosgoth pour ne pas être exterminée en une semaine à ce rythme. C’est le premier jeu de la saga à être découpé en chapitre et donc à ne pas proposer un espace de jeu à explorer petit à petit.
Pour moi c’est le jeu le moins bon, bien que la mise en scène et la jouabilité ne soit pas désagréable. Le scénario traine en longueur, les dialogues sont moins bien écrits, Kain se la joue anti-héro sûr de lui et violent mais est plutôt relou. Les boss sont de retour, mais sont mal amenés et ne donne pas souvent lieu à des combats bien épiques. Bon, si on aime OK, il faut bien en passer par là, et le jeu en lui-même n’est pas mauvais non plus.


Legacy Of Kain - Défiance

Nous y voilà, le dernier acte se prépare. La maîtrise du reste de la saga est indispensable, et ne comptez pas sur le jeu pour vous en rappeler les grandes lignes, il est trop tard pour découvrir. Le jeu sera découpé en chapitres, qui alternent entre Kain et Raziel. Nous reprenons là où Soul Reaver 2 nous avait laissé, avec la connaissance de la nouvelle version de l’histoire compté dans Blood Omen 2, en sachant que Raziel, lui, n’a pas pu apprendre ces changements. Impossible de tout résumer, le point de départ et les points de vue de chacun constituent déjà un tel bordel à ce stade !

Raziel est la Soul Reaver, et cet esprit qui se promène à travers le temps est le seul libre, le seul qui puisse de par ces actes changer le déroulement du temps tel qu’il est perçu par l’Ancien (et son serviteur Moebius). Pour Kain, tant qu’on retarde la fusion de Raziel à la Soul Reaver, tant qu’on ne boucle pas la boucle, l’espoir est permis de trouver une nouvelle issue, sans retour massif des Hildens, sans corruption des colonnes et sans disparition de l’ancienne race vampire. Pourtant Raziel s’est évaporé avec une mauvaise idée en tête, ressusciter János Audron, ce qui, seul Kain le sait, signerait le retour des Hildens dans le futur (Blood Omen 2).

Vient se greffer là-dessus une prétendue prophétie qui ferait de Kain le champion vampire, supposé affronter le champion Hilden qui est certainement Raziel. C’est commode, les 2 concernés eux-mêmes sont dubitatifs chacun de leur côté. Mais pour le joueur qui peut cumuler les infos, les choses s’éclaircissent petit à petit sur les origines de tout ça, la fameuse guerre hildens/vampires et ses conséquences. L’Ancien parvient à entrer en contact avec Kain (qui ignore tout de lui) histoire de précipiter les choses, et de l’autre côté, Raziel apprend que le cœur de János est celui qui a été utilisé par Mortanius pour ressusciter Kain en vampire ! Les ingrédients sont favorables, la prophétie bien commode fait le reste, la rencontre et le combat sont inévitables ! Moment clé, le choc des titans peut avoir lieu. Et le vainqueur sera… Raziel, par fatality cœur arraché !

Mais quoi, Kain est mort ?! Et ça n’est pas finit, Raziel rend le cœur à János, et ce dernier ne parvient pas à l’éclairer sur le but de la création de la Reaver. Par contre, comme prévu, Ash-Ak-Gic lâche Mortanius et vient s’en prendre à János pour alimenter sa Masse, et Raziel est mis hors jeu, rendu aux tentacules spectrales de l’Ancien. On est foutu ! Sauf que, Kain n’est pas mort ! Non, prisonnier des Hilden, son trou dans la carcasse ne semble pas l’empêcher de gigoter. Une fois libéré, c’est d’autant plus surprenant pour Moebius qui ne l’attendait pas. Empalé confortablement sur la Reaver, Moebius demande de l’aide à l’Ancien dans la dimension spectrale pour le réincarner, mais Raziel, content d’avoir de la compagnie, finit le travail avec sa Reaver spectrale, et utilise le corps pour se réincarner, donc, pile sur la Reaver physique. Kain est horrifié mais ne peux rien faire, Raziel et la Reaver fusionnent enfin. Ainsi armé, Kain peut voir son ennemi, le seul, le vrai, le dernier, le dieu Ancien avec son tyrannique cycle de vie et de mort, celui qui a bien lâché ses fidèles vampires dès lors qu’ils furent condamner à l’immortalité et à la soif de sang. A mort dieu !
Et voilà, la malédiction de l’immortalité n’en est plus une, les colonnes sont restaurées, les vampires vont récupérer un peu de leur majesté passée. Libres de leurs actes, ils vont peut-être affronter encore les Hildens, car autant que je sache l’ensemble de la malédiction n’est pas levé pour autant, mais comme dit Kain pour conclure, le sacrifice de Raziel leur a apporté l’espoir.

Le gameplay change encore, pour s’inspirer cette fois de Devil May Cry. Plutôt bonne pioche, ça dynamise et n’empêche pas de garder les spécificités majeures des deux personnages. L’alternance entre les deux permet d’équilibrer des phases d’action (Kain) et de réflexion (Raziel), sans jamais tomber dans l’excès de l’un ou de l’autre. Raziel se tape notamment un boss mémorable au fond d’une fosse, mais je n’en dit pas plus où on n’est pas couché. Le rythme du jeu est du coup très bon, bien soutenu. Il n’y a plus de système d’évolution, mais à ce stade ça se comprend et ça ne manque pas. On a juste un principe de combos à débloquer pour les combats.

Pari gonflé tout de même, car le jeu est élitiste de par son scénario. Impossible de découvrir la saga à ce stade, les joueurs ne peuvent être que ceux des jeux précédents. Ce final en vaut bien la peine.

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