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L'avenir en commun ?

Article écrit par Culturemania le samedi 04 mars 2017 à 12:18
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Cet article ne sera pas un article comme les autres. Déjà parce qu'il s'agit d'une interview, mais peut-être aussi parce que l'époque que nous vivons n'est pas une époque comme les autres. Tant qu'il y aura un être humain pour regarder par-delà l'horizon, les hommes mourront mais les idées resteront. Nous sommes un peuple unique nous, les Français. Rendez-vous compte. En 1793, on a inscrit dans notre constitution : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs".

Voyez la puissance de cette phrase et de chacun de ses mots qui ont une résonnance si particulière de nos jours. J'en ai des frissons à chaque fois tout comme lorsque je relis les autres articles. Nous vivons dans un pays formidable, on a de quoi être fier et avoir les yeux qui brillent. Il m'a fallu 30 ans pour le comprendre pleinement. Alors aujourd'hui, voilà qu'un autre événement déboule, comme sorti de nulle part et qui pourtant a dû commencer à mûrir il y a un bon moment. Car cela fera indéniablement partie de cette extraordinaire démonstration de force, d'intelligence et de talent du mouvement conscient qui est en train de se construire autour de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise et qui pourrait bien en faire tomber plus d'un de sa chaise le 23 avril 2017 au soir. Et maintenant, place à l'art, allons rencontrer les trois personnes qui ont sorti de leur établi ce qui nous fait nous dire que maintenant, il ne manque plus qu'un jeu vidéo pour être au complet.


On va embarquer sur La Méluche et partir à la rencontre des trois matelos qui ont réalisé cette BD. Ils s'appellent Reno & Mélaka et Olivier Tonneau. Nous sommes le drapeau rouge et le rouge du drapeau, et ils ont accepté quasiment dans la minute de répondre à mes questions sans même savoir si je n'allais pas leur faire perdre leur temps. Alors je les rassure de suite, je vais imaginer les questions que des énergumènes absurdes comme Pujadas ou Ruth Elkrief pourraient leur poser et faire exactement le contraire.
A chaque question répond qui veut, dans l'ordre que vous voulez, vous pouvez chacun apporter une réponse, vous pouvez envoyer au Diable une question si elle vous emmerde ou vous semble sans intérêt, vous pouvez faire ce que bon vous semble et même rajouter des questions auxquelles vous auriez aimé répondre et que je ne vous ai pas posé. Je viens avec mes questions, vous venez avec vos réponses, mais ici vous pouvez aussi venir avec vos questions. A cheval !

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Culturemania : Tout d'abord merci à tous les trois ! Mais je ne vous connais pas, je ne sais même pas si vos noms sont des vrais ou des pseudos. Vous pouvez m'enlever ces doutes affreux et en profiter pour vous présenter en nous disant qui a fait quoi dans cette affaire, histoire qu'on se sente tous à la maison ?

Mélaka : Si vous le voulez bien, je vais répondre pour Reno et moi. Lui, il ne peut pas, il est actuellement enchaîné à sa tablette graphique et doit rattraper le retard pris sur son album ! Mon vrai nom, c’est Mélanie Karali, Mélaka est mon pseudo de dessinatrice. Je bosse dans un journal de BD satirique qui existe depuis bientôt trente ans, Psikopat. Lui, C’est Renaud Scheidt, mon conjoint. Reno, lui, c’est un virtuose du stylet, il a repris la série de BD Aquablue chez Delcourt, dont le tome 16 sortira en librairies le 15 mars prochain. Je me suis occupée dans cette BD de l’écriture (en me basant sur les textes d’Olivier Tonneau), la mise en place et le dessin de base. Reno, lui, avec son stylet magique, a unifié tout ça par une mise en couleur délicate et a agrémenté la bd de nombreux dessins que j’aurais été incapable de réaliser.

Olivier Tonneau : Je m’appelle bien Olivier Tonneau ! Mon rôle dans la BD a été de fournir à Melaka et Reno des présentations aussi pédagogiques que possible des aspects un peu techniques du programme. J’ai planché sur l’Assemblée constituante, la financiarisation, l’Europe, le travail – mais pas l’écologie que je connais mal.

Comment est née l'idée ? L'un.e de vous a lu le programme et en a parlé aux autres ou vous étiez déjà à la Bastille le 18 Mars 2012 ?

M. : Nous ne connaissions pas Olivier avant cette campagne-ci, mais, en 2012, Reno et moi avions déjà voté pour Jean-Luc Mélenchon, qui pour nous était alors le seul à avoir de vraies idées de gauche. Mais il n’y a que récemment que nous avons commencé à ressentir un enthousiasme grandissant pour ce mouvement : le programme de ces présidentielles, « l’Avenir en Commun » nous apparaît comme tellement convaincant, qu’il nous a semblé évident que nous devions faire quelque chose, dans la limite de nos moyens, pour le faire connaître !

O.T. : Je n’étais pas à la Bastille, j’ai raté la campagne de 2012 et je le regrette ! Il y a quelques mois, j’ai publié un billet sur mon blog appelant tous ceux qui soutiennent la France Insoumise à faire le maximum pour défendre et crédibiliser le programme porté par Mélenchon, pour compenser les caricatures véhiculées dans la presse. C’est à ce moment-là que Reno et Melaka m’ont contacté, proposant de faire une BD. J’adore la BD, j’étais ravi, et je suis impressionné par leur travail !

Qu'est ce qui vous a touché le plus dans le programme et le mouvement de la France Insoumise qui a fait que vous vous êtes dit : 'OK, on veut faire notre part" ?

M. : Nous sommes particulièrement sensibles à l’urgence écologique, la souffrance animale ou la sortie du nucléaire, mais c’est un tout. C’est en ça qu’il est formidable, ce programme ! Toutes les parties s’articulent les unes avec les autres. Les mesures pour préserver l’environnement sont étroitement liées avec l’emploi, l’économie, l’Europe. On ne peut pas prendre un problème pour le régler sans s’occuper en amont de tous les autres, en même temps. On ne parle pas de petits ajustements, comme ce qu’on nous sert depuis 40 ans et qui nous ont menés jusqu’ici, mais d’une refonte totale de l’organisation de notre pays, de tous les points de vue. A programme exceptionnel, campagne exceptionnelle…

O.T. : Pour moi, le programme de FI est le seul qui prenne la mesure de la gravité de la situation sur de nombreuses questions – l’Europe, le pouvoir de la finance, la désaffection des gens pour la politique… Des mesures qui semblent extrêmes à certains me semblent, pour ma part, réalistes. En temps extrêmes, ce n’est pas la prudence mais la radicalité qui est raisonnable. Le programme de Mélenchon me semble même aussi mesuré qu’on peut l’être dans les circonstances actuelles.

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Beaucoup d'entre nous deviendraient sans doute végétariens qu'ils assistaient aux conditions de "vie" et d'abattage des bêtes.

Le début de la BD parle beaucoup de la souffrance animale. Pour ma part, j'ai lu quelques bouquins sur le sujet (mes articles sont sur Culturemania) et vu quelques vidéos. Ça m'a suffi. C'est infernal, alors je suis passé de 7 repas de viande par semaine à 1 seul. Quelle réaction et quel impact personnel ça a pu avoir sur vous ?

M. : Oui, c’est un choix personnel parce que c’est un sujet qui nous touche particulièrement. Nous ne sommes pas végétariens, mais nous limitons notre consommation de viande à une fois par semaine, et uniquement du Label Rouge, quant au jambon et autres charcuteries pleines de sels nitrités, c’est fini (merci Cash Investigation !). Je trouve complètement dingue que le Label Rouge ne soit pas obligatoire pour produire de la viande ! Manger des animaux, OK, mais uniquement s’ils ont eu une vie convenable. Je refuse d’être complice d’un système d’une cruauté telle qu’elle fait passer les plus machiavéliques des méchants de films pour des gentils toutous !

O.T. : La souffrance animale n’est pas ce qui me motive le plus, parce que j’y pense peu, parce que c’est insoutenable. Je crois que ce déni est extrêmement répandu et je pense qu’il a des conséquences psychiques et morales. Vivre dans le déni de la violence, c’est peu à peu perdre la capacité de résistance éthique – et ce déni est bien trop courant aujourd’hui. A force d’exorciser l’extrême violence de notre époque par la « positive attitude », on tombe dans une forme de schizophrénie…

Vous serez peut-être d'accord avoir moi lorsque je pense que nous vivons une période épouvantable sur bien des points. Vous, qu'est ce qui vous inquiète le plus en ce moment ?

M. : Je pense que ça se ressent dans mes autres réponses, c’est bien entendu l’urgence écologique qui m’inquiète. Nous avons deux enfants et je n’ai vraiment pas envie de les voir grandir dans un monde bouffé par la désertification, irradié, où l’eau potable est un luxe et où on continue de massacrer sans aucune considération cette nature pourtant si incroyablement belle et fragile. L’homme a déjà éradiqué, quoi, 70% des espèces animales de cette planète ? On pourrait peut-être se calmer…
Quoique la présence d’un Trump à l’Ouest et d’un Poutine à l’Est ne soit pas des plus rassurantes… Et l’omniprésence de la religion, aussi, en 2017, ça file les chocottes.. Pas mal de trucs, en fait…

O.T. : Précisément cette schizophrénie dont je parlais à l’instant. Le paradoxe de notre époque, c’est qu’à tous les maux objectifs nous avons des réponses : nous savons comment opérer la transition énergétique, répartir les richesses, organiser la société de façon démocratique. Mais nous manquons de volonté parce que le néolibéralisme, qui s’inscrit concrètement dans la vie des gens à travers le marché du travail puis la gestion managériale, sape les ressources psychiques. Je ne sais plus qui a dit qu’il est plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme : c’est une phrase qui exprime bien le sentiment d’enfermement que chacun ressent dans un monde que tous détestent.

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Et pour ne pas plomber l'ambiance trop longtemps, qu'est qui dans le programme vous a donné le plus d’enthousiasme à scénariser et dessiner ?

Reno Pixellu : Pour moi, c’était l’occasion de partager avec le plus grand nombre une vision différente du dessin politique, du dessin de presse tel qu’on le pratique en France, avec des éléments qui s’inspirent aussi bien de l’illustration classique que de la propagande à papa, dont je m’amuse à détourner les codes.

M. : Reno, retourne au boulot !

O.T. : Eh bien justement, toutes les façons de montrer qu’on pourrait tout changer sont précieuses. Face à la peur qui incite au déni qui suscite la déprime, il faut donner de l’espoir en traçant des perspectives concrètes. En plus, je voyais au fur et à mesure du travail que Melaka et Reno ont une belle légèreté, une gaîté qui est essentielle pour mettre le lecteur dans l’état d’esprit propice à l’action.

La BD fait 44 planches. Ca fait combien de temps, de jours et de nuits passés le dos courbé sur sa feuille à scénario ou sa table/tablette à dessin ?

M. : Environ trois mois, avec en parallèle, nos boulots et beaucoup trop d’enfants en vacances :)

O.T. : Ma tâche à moi a duré une semaine. Melaka et Reno ont bossé comme des fous !

Concrètement, vous avez bossé comment et avec quels outils ? SI je m'en fie à mon pif, je dirais que ça sent la tablette graphique ? Non ? :)

M. : Exact ! Moi je bosse habituellement en tradi mais sur ce strip, j’ai tout fait à la Cintiq. Reno, lui, ne dessine quasiment plus qu’avec la sienne.

Quelle était votre motivation première : promouvoir le programme de la France Insoumise ou simplement vous faire plaisir comme une équipe de développeurs ferait un jeu vidéo avec Mélenchon qui irait chercher Mulliez en Belgique et qui péterait la tronche de Junker et de Merkel, boss final du jeu ?

M. : Les deux mon général ! Et peut être aussi pour arrêter d’user les touches de nos claviers à défendre des points de vue qui nous semblent limpides dans d’interminables débats sur les réseaux sociaux. De ce point de vue là, vu les milliers de commentaires de ces derniers jours, c’est raté !

O.T. : Promouvoir le programme ! Nous devons gagner cette élection ! Si nous gagnons, je suis sûr que ce sera un événement d’amplitude mondiale. Et nous pouvons gagner, j’en suis convaincu !

Avez-vous reçu des pressions ou des financements du gouvernement Russes ou de l'administration Trump ? Depuis la publication sur Internet, avez-vous noté la présence de snipers sur les toits en face de vos fenêtres ?

M. : Euh.. on lui dit ? Alors en fait on bosse secrètement pour Kim Jong-Un, mais chut !!

O.T. : Bien sûr que non. Poutine et Trump sont des capitalistes : je ne suis financé que par des réseaux occultes de bolcheviques zombies. Mais je ne peux pas vous en dire plus – votre vie serait menacée !

C'est une sacrée contribution à la campagne, je pense que vous en prenez toute la mesure maintenant. Comment vivez-vous l'après diffusion et le fait que Mélenchon lui-même ai reposté votre BD sur son Facebook ?

M. : Ça fait quatre jours que je suis scotchée à l’écran, j’ai la migraine, j’avance pas sur mon boulot, mais c’est sacrément satisfaisant, tout ça. On craignait un peu l’effet internet : Tu bosses pendant trois mois sur un truc, et ça circule un jour ou deux avant d’être enterré dans les tréfonds du web. On se disait « si on arrive à convaincre 10 personnes ça aura valu le coup ! », pour tenir. Hé bien, je crois qu’on a explosé toutes nos espérances ! En particulier le jour où le compte officiel de Mélenchon a relayé. Le nombre de partages a explosé !

O.T. : Je suis plus directement impliqué dans FI que Melaka et Reno. Mélenchon avait déjà relayé trois billets de mon blog sur son Facebook, donc ce n’est pas vraiment une expérience nouvelle. Mais j’ai été ravi de l’accueil très positif de la BD.

Qu'est ce que cela donne dans votre entourage ? Vos amis, vos familles suivent ça de près ?

M. : Je crois qu’on commence un peu à les saouler avec nos histoires !

O.T. : Je ne sais pas trop. J’habite en Angleterre et je n’ai pas encore eu l’occasion de débriefer avec mes amis Français. Mais en cinq ans de travail acharné, je crois que j’en ai "mélenchonisé" un certain nombre !

Fixer un salaire maximum autorisé pour limiter l'écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le plus haut de l'entreprise. 1200€ pour l'un, 24.000€ pour l'autres : je crois que ça devrait aller pour survivre non ?

Vous n'en parlez pas dans la BD, mais avez-vous entendu lors de son discours de Lyon (et en Hologramme à Paris) la partie sur la nouvelle façon de financer les auteurs et dessinateurs de BD comme vous (l'idée n'est pas neuve, elle vient de Victor Hugo) ? Qu'en pensez-vous ?

M. : Bien sûr ! C’est le seul qui a pris en considération les problèmes du milieu de la bande-dessinée. Il faut dire que nous ne sommes que quelques milliers d’auteurs en France, ce n’est donc pas très intéressant pour les présidentiables, en terme d’électorat potentiel, de se pencher sur notre cas. Le SNAC (syndicat des auteurs de bd) essaie désespérément d’alerter les politiques depuis des années à propos de cette crise qui maintient plus de 30% d’entre nous sous le seuil critique de pauvreté. Quand j’ai appris qu’à Angoulème, le SNAC avait pu échanger avec Mélenchon et que celui-ci leur a paru très attentif et réceptif, j’étais ravie, mais pas étonnée ; c’est le seul homme politique qui s’occupe plus des autres que de son propre nombril !
Sa proposition, lors du meeting de Lyon, me paraît tout à fait sensée et praticable ; l’idée en question, d’ailleurs, est celle du SNAC, et Mélenchon l’a intégrée au programme car elle lui a paru cohérente, réalisable. En ça, il n’a pas failli à sa réputation : c’est un homme qui écoute les autres, il a fait confiance aux auteurs pour inscrire dans son programme la mesure qui pourrait bien sauver leur métier.

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"Mais il y avait encore tant à dire ! On n'a pas parlé de politique extérieure, d'immigration, de laïcité...". Ça laisse présager un tome 2 ?

O.T. : Les notes sont prêtes, c’est aux dessinateurs de voir ! Je serais ravi, mais je crois qu’ils sont crevés – et que le temps est trop court d’ici aux élections.

M. : On n’a rien prévu dans l’immédiat, trois mois de travail gratuit, c’est déjà trop ! On compte sur les lecteurs pour aller lire le programme s’ils veulent en savoir plus dans les domaines qu’on n’a pas pu traiter…

A propos, ils foutent quoi les éditeurs ? Vous avez été contacté pour qu'on puisse vous acheter des exemplaires en librairie et les offrir à nos amis et note famille ? Je pense à Dupuis, Dargaud, Delcourt, mais aussi Ankama Éditions, Cornélius ou 6 Pieds sous terre. Car j'imagine que passer du PDF au bouquin vous plairait (même si je sais que l'adaptation vous demanderait encore du taff). J'imagine aussi ne pas être le premier à vous poser la question !

M. : Effectivement, il faudrait encore beaucoup de travail pour le rendre éditable, selon les critères d’un éditeur commercial. Nous, à la base, on l’a pensé comme une grosse note de blog, et pas DU TOUT comme un livre potentiel.
Cela dit, le destin de la bd est entre les mains du mouvement, à qui on l’a remis. Et ils en feront bien ce qu’ils voudront, on sera ravis, mais nous faut qu’on retourne au fristouillage de nos bouquins, maintenant !

Dernière question, vous faite quoi le samedi 18 mars ? :)

M. : Comme vous je crois ? ;)

O.T. : Le 18 mars, je mets ma plus belle écharpe rouge et je vais à la Bastille. Je suis sûr que nous serons extrêmement nombreux. J’essaierai de tout absorber, les visages, les voix, l’air et la lumière, pour constituer mes réserves d’espoir et de courage. Je me souviens comme si c’était hier de la manifestation pour la 6e République le 5 Mai 2013, la Place de la Nation qui se vidait tranquillement, des jeunes gens juchés dans les arbres et des Ivoiriens qui écoutaient Pablo U Wa ; des moments comme ça vous nourrissent pour longtemps.

Allez ça suffit comme ça, mais vous n'allez pas vous en tirer comme ça. Avant de pouvoir partir, car c'est la tradition ici, voilà la ZONE LIBRE. C'est l'endroit où vous pouvez raconter ce que vous voulez si vous avez des choses à rajouter. Vous pouvez nous parler de tout ce qui vous passe par la tête. Et quand je dis TOUT, je dis bien TOUT. Quant à moi, je vous remercie encore et j'espère à bientôt !

O.T. : Eh bien je voudrais dire un mot pour Mélenchon, parce qu’on en dit tant contre lui. J’ai une immense gratitude envers quiconque m’apprend quelque chose et j’ai énormément appris de Mélenchon. Sa capacité à disserter, avec une égale compétence, sur Louis XI et Robespierre, l’économie et l’écologie, la géopolitique et l’éducation, est époustouflante. J’enseigne dans la première ou deuxième université du monde (d’après des classements, il est vrai, très contestable) et les conférences que j’y entends m’apprennent moins de choses que les discours de Mélenchon. Comme je comprends son impatience quand il doit lutter contre des dispositifs médiatiques faits pour empêcher de penser, face à des interlocuteurs qui non seulement sont ignorants, mais sont ignorants de leur ignorance et donc imbus de leurs certitudes ! Si un jour plus personne ne s’énervait face à la bêtise et aux préjugés, tout espoir serait bel et bien perdu.

M. : Nous, on aurait bien conclu en évoquant le fait que cette élection est sans doute la plus importante qu’on n’ait connu depuis qu’on est en âge de voter, vu les enjeux à tous les niveaux, mais comme tout le monde en a marre de nous entendre parler politique, on va parler poulailler. On a prévu d’en construire un dans notre jardin, il sera joli comme tout, je vous dis que ça ! Et puis ce sera l’occasion pour nous de sauver quelques pauvres poules d’une batterie du coin, et ça aussi, c’est important.

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Pour terminer, voilà deux petites vidéos à découvrir pour ceux qui ne connaitraient ni Jean-Luc Mélenchon ni son programme L'avenir en commun et qui le prendraient encore pour une personne d'extrême gauche qui fait du camping à Palavas avec Poutine tout en portant le sweat Adidas de Castro :

Article écrit par Culturemania le samedi 04 mars 2017 à 12:18

Commentaires

bravo à tous ! plaisir de lire un interview de cette qualité ! merci !

Ecrit par cecile zamansky le samedi 04 mars 2017 à 10:56

Merci Cécile ! C'était un exercice très agréable ! N'hésite pas à le partager pour que cela touche le plus grand nombre de personnes. Reno Melaka et Olivier on fait un travail extraordinaire.

Ecrit par Culturemania le samedi 04 mars 2017 à 11:54

Un grand merci pour votre travail !

Ecrit par Barbarin Bruno le dimanche 05 mars 2017 à 01:56

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