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Les aventures de Tintin : l'Oreille cassée

Article écrit par Culturemania le dimanche 22 novembre 2015 à 22:22
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Il y a deux choses dans la vie qui me font hurler de rire systématiquement : les gens qui s'étouffent et ceux qui, sourds comme des pots, ne comprennent rien de ce qu'on leur dit. C'est donc sans surprise pour moi, que le plus grand comique de tous les temps est bien entendu le professeur Tournesol. J'espère que le jeu de mot de la phrase précédente ne vous a pas échappé. Je suis donc en ce moment en train de me re-procurer la collection des aventures de Tintin, le plus ancien no-life du monde.


Auteur : Hergé

Editions : Casterman

Si Tintin était né à notre époque, il aurait chez lui non pas une vieille radio mais des PC, des Macs et des tablettes partout. Il serait obèse, sale et passerait son temps à fouiner sur le net en appelant Allô Pizza.
Tintin est reporter. Il vit avec son chien Milou avec lequel il parle, surtout dans le dessin animé d'ailleurs. Dans les BD, le clébard ne lâche que quelques pensées, souvent pour se foutre de la gueule de son maître. Il n'a aucun ami, en tout cas au début. Il ne connaît pas encore le professeur Tournesol ou le capitaine Haddock qu'il rencontrera bien plus tard. On ne connaît aucun de ses collègues journalistes, ce serait donc aujourd'hui un free-lance ou un auto-entrepreneur. Tintin a la manie de vouloir fourrer son nez partout ce qui l’entraînera aux quatre coins du monde. Et maintenant, je vais vous raconter pourquoi l'Oreille cassée est mon épisode préféré.

De toutes les histoires de Tintin le relou, l'histoire des Arumbayas est celle qui m'avait le plus émerveillé quand j'étais môme. Je me souviens encore de ces gens vivant cul-nu sur les rives du fleuve Badurayal au San Théodoros, pays d'Amérique Latine. Comme souvent dans les albums d'Hergé, le San Théodoros est un pays fictif mais qui représente une forte situation politique de l'époque. On remarque d'ailleurs que dans les dessins animés, le côté politique a souvent été mis de côté. Le meilleurs exemple étant l'Oreille Cassée : dans l'album, la majorité de l'histoire ne tourne pas autour des Arumbayas et du mystère du fétiche mais bel et bien de la situation politique du San Théodoros et de ses pays voisins.

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J'ai déjà raconté pas mal de trucs, mais je n'ai toujours pas parlé de l'histoire de cet épisode. Tintin est tranquillement chez lui en train de se la couler douce et de se faire chier magistralement lorsque soudain...

"Un vol mystérieux a été commis cette nuit au musée ethnographique. Un fétiche d'une grande rareté a disparu... Vite Milou, au musée ethnographique !"

L'enquête est sur le point de commencer (on découvre les Dupond et Dupont, ces idiots de flics incapables de résoudre quoi que ce soit) et stupeur... le fétiche a réapparu ! Il est accompagné d'une lettre précisant que ce vol était un pari stupide. Pari gagné, le voleur restitue le fétiche. Affaire classée pour les Dupond et Dupont ! Tu m'étonnes. Mais pour Tintin le petit malin, rien n'est jamais si simple. Comme il n'a encore une fois que ça a foutre, on le retrouve chez lui en train d'étudier l'histoire des peuples de l'Amérique du Sud en 10 volumes. Il note alors une différence majeure : le fétiche original avait l'oreille cassée. Sur le fétiche restitué, elle est intacte. Mille sabords, la faille du plan !!

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Au même moment ou presque, la radio annonce la mort de monsieur Balthazar, peintre-sculpteur. Avant sa mort, ce pauvre bougre avait attiré l'attention de la critique par une série de statuettes en bois plutôt exotiques. Comme par hasard, elles ressemblent comme deux gouttes d'eau à notre fétiche Arumbayas. Mais des vilains messieurs sont aussi sur le coup. La question est de savoir pourquoi. POURQUOI. Qu'a t-il de si spécial ce fameux fétiche ? Et qui a tué monsieur Balthazar ? Une seule façon de le savoir : remonter à la source pour rencontrer le peuple des Arumbayas.

Voilà pour l'histoire, ou plutôt la ligne rouge de l'histoire. Car la légende du fétiche n'est pas vraiment au centre de tout. Elle ouvre et conclue l'album, mais encore une fois, la plupart des pages sont consacrées à l'instabilité politique du San Théodoros. Je dois dire que j'avais espéré que la légende du peuple Arumbayas prendrait plus de place dans la BD car c'est précisément cette partie qui m'avait fasciné quand j'étais gamin. Ces gens sont d'ailleurs beaucoup plus extrêmes et cruels dans la BD. Je me souvenais aussi de cet anglais, l'explorateur RidgeWell, dernier blanc parti chez les Arumbayas. Jamais revenu, tout le monde le croyait mort. Et pourtant.

"Oui et c'est tant mieux, car j'ai décidé de ne plus jamais retourner dans le monde civilisé. Je suis heureux ici, parmi les Arymbayas."
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Article écrit par Culturemania le dimanche 22 novembre 2015 à 22:22

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