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Un printemps à Tchernobyl

Article écrit par Culturemania le dimanche 22 février 2015 à 22:07
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C'était encore sous l'URSS. Le 26 avril 1986, la centrale Lénine connait un accident nucléaire, le premier en son genre. C'était pas très loin de chez nous, souvenez-vous ce fameux nuage radioactif qui n'a jamais pu passer les Alpes et qui a pourtant donné naissance à des brebis à trois pattes et à toute une génération de thyroïdes déréglées. Mais en avril 2008, Emmanuel Lepage décide de se rendre sur les lieux avec une petite équipe, provenant pour certains d'une association de dessin, pour dessiner 22 ans après le lieu de la catastrophe. Alors, les troncs des arbres sont toujours bleus et l'eau est fluorescente ? Et les poissons, ils ont trois yeux comme dans les Simpson ?


Scénario : Emmanuel Lepage

Dessins et couleur : Emmanuel Lepage

Edition : Futuropolis

Alors déjà, paye ton bouquin. Il doit peser autant qu'un brick de lait et mesurer la taille d'un plat de lasagne au format familial. Tant mieux, parce que vu la qualité de dessin et des couleurs, ça va nous crever les yeux de voir des doubles-pages pleines de ces super décors. Super décors ? Attend attend, le mec il va sur les terres de Tchernobyl, et on parle déjà de super décor au premier paragraphe ? Comme l'a dit le célèbre philosophe Samwise Gamgee : "malgré tout le mal monsieur Frodon, l'herbe finira toujours pas repousser. "

Mais revenons au début du voyage. Parce que c'était pas gagné pour l'auteur qui se retrouve avec une main pourrie qui lui fait mal au bout de 10 minutes de dessin. Et puis il y a les doutes, les risques, le fameux dosimètre qui servira à mesurer les nucléotides. Tic tic tic, en Bretagne : 0.18 Microsievert/heure, ce qui est proche du taux naturel de radioactivité que l'on appelle aussi le Bruit de Fond. C'est l'heure du départ. Le train, fabuleux moyen de transport qui continue de nous faire réaliser la distance parcourue. L'avion est une escroquerie, une salle de d'attente chez le dentiste, interminable, stable mais ennuyeux et souvent sans fenêtre, ou alors sans vue. Et là, pof, le docteur arrive, ou le commandant de bord, et c'est votre tour. Voyage terminé. Le but ultime sera Pripyat, la ville construite pour les familles du personnel qui travaillaient à la centrale, avant d'être évacuée, mais juste pour quelques jours, ne vous en faite pas, ce c'est qu'un incendie. Tic tic tic, 5.3. On sait bien que ces gens ne reviendront jamais à Pripyat.

Emmanuel Lepage va donc à la rencontre des gens qui continuent à vivre dans La Zone, celle où il ne faut pas toucher l'herbe ou s’asseoir sur la mousse de la forêt. Alors bien sûr, les alentours de la centrale sont une abomination, le genre d'image qu'il est venu chercher pour faire son bouquin qui montre les méfaits du nucléaire. Mais ce qu'il n'avait pas envisagé était que malgré le haut niveau radioactif, eh bien pas d'animaux à trois yeux, pas d'oiseau à tête de sanglier, et surtout pas de paysage de terre désolée. Eh non, la nature a en quelque sorte continué a pousser, ce qui donne des paysages qui nous feraient vite oublier où l'on se trouve. Seule l'atmosphère malsaine est encore palpable, comme des petites aiguilles qui nous piquent le corps. Mais alors comment retranscrire ça en dessin ? On va quand même pas rapporter de dessins de forêt verdoyantes pour montrer l'horreur du nucléaire si ? Et bien il faudra peut-être.

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Article écrit par Culturemania le dimanche 22 février 2015 à 22:07

Commentaires

Regardez l'ensemble du travail d'Emmanuel Lepage. Il a fait quelques autres expéditions carnet à la main, notamment en Antarctique pour "La Lune est blanche". Il travaille en aquarelle et encre de chine ou avec le brou de noix pour cet effet sépia.

Ecrit par Vincent le lundi 23 février 2015 à 23:24

Je suis en train de lire La lune est blanche où il est allé avec son frère photographe.

Ecrit par Thor le mardi 26 mai 2015 à 10:18

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