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Vingt-trois prostituées

Article écrit par Culturemania le samedi 19 avril 2014 à 14:29
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Evidemment, le titre ne passe pas inaperçu. A part si c’est un titre hautement métaphorique, on sent bien que ça ne va pas trop parler de poésie là-dedans. Combien de personnes achèteraient un pavé qui parle de poésie ? Trop peu malheureusement. Et combien de gens achèteraient un pavé qui parle d’un gars qui va aux putes ? Réponse ouverte. C’est ce que je me suis dit en trouvant ce roman graphique dans ma librairie préférée de l’est parisien.


Auteur : Chester Brown

Edition : Editions Cornélius

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C’est en effet une partie l’histoire de son auteur canadien, Chester Brown, le jour de sa rupture avec sa petite amie du moment, Sook-Yin. C’est avec une simplicité déconcertante qu’elle lui dit qu’elle souhaiterait aller voir ailleurs, et surtout, ramener cet ‘ailleurs’ à la maison. Et Chester est le genre d’homme à dire OK. Il va partager l’arrivée du nouveau petit ami dans l’appartement avec ses deux amis dessinateurs qui sont bien sûr surpris du peu de réaction que la situation lui suscite. En effet, Chester reste impassible, et plonge sa réflexion dans ce qu’est réellement le bonheur. Il en déduit donc assez vite que l’amour tel qu’on le conçoit n’est pas l’apport principal, et que trop de gens perdent leur temps à essayer d’accéder à ce quelque chose qui nous décevra et qui ne nous comblera pas de toute façon. Que les choses sérieuses commencent.

Après des années d’abstinences, il décide que la solution qui pourrait lui ressembler serait de faire appel à des prostituées, ou plutôt, des Escort girls. Il va donc commencer à appeler timidement ces filles, en raccrochant, ou on hésitant, jusqu’à finalement rencontrer la première. Et à tout moment, Chester Brown nous plonge dans sa tête, avec les interrogations les plus simples et évidentes que l’on peut avoir en franchissant ce pas. On se retrouve a stresser avec lui lors du premier rendez-vous, et à être étrangement de plus en plus à l’aise au fil des cases, comme si on était nous-même en train d’enchaîner les coups de fils et les coups de hanches.

On retrouve alors les discussions qu’il peut avoir avec ces filles, pourquoi elles choisissent ce métier, comment le vivent-elles au quotidien. On apprend par exemple que certaines aiment regarder leur série TV entre deux passes. Chaque fille du livre existe et correspond à une des Escort qu’il a rencontré. Il a, avec une grande finesse, pris le soin de ne jamais dessiner leur visage, ou leurs signes distinctifs, comme un tatouage ou même un piercing. Les filles sont toujours vues de dos ou alors avec une bulles masquant leur visage.

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Niveau dessin, le trait est simple et très explicite. En même temps, qu’est-ce qu’un dessin plus évolué aurait apporté ? Rien. Chaque page est faite de huit cases égales, et on retrouve autant de chapitres que de filles (à ceci près que l’une d’entre elle revient régulièrement). Chester Brown nous offre aussi une introduction et des tas d’appendices concernant la création du livre, la réflexion autour du sujet principal, son entourage, les remarques qui lui ont été faites.

On peut donc adorer comme on peut probablement détester car il dépeint la prostitution comme un métier presque agréable, choisi, voulu et assumé. Ici, il nous montre comment cette profession est exercée et vécue en donnant la parole aux filles elles-mêmes. Libre ensuite à chacun de s'en faire son idée. A bouquiner dans les transports en commun bien sûr, car il est tout aussi intéressant de le lire que de regarder les réactions des gens autours en vous regardant le lire.

Article écrit par Culturemania le samedi 19 avril 2014 à 14:29

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