cover

De la Démocratie en Amérique

Article écrit par Culturemania le samedi 11 février 2017 à 11:42
likes
1 personne a aiméAdd Like
En voilà un bon bouquin d'intellos. Si j'ai eu envie de le lire, c'est en le découvrant en tant que livre de chevet de Michel Houellebecq dans le film "L'enlèvement de Michel Houellebecq". Et puis un bouquin qui parle de la construction d'une démocratie, surtout là-bas, ça file envie. Par contre c'est dense, ça fait bien 3 semaines que j'y suis dessus et je ne l'ai terminé que hier soir. Donc, faut s'accrocher pendant les plus de 500 pages que font ce livre.


Auteur : Alexis de Tocqueville

Edition : GF-Flammarion

Je ne suis pas du tout comment prendre la chose. Y'a tellement à dire et je ne peux pas résumer ici la construction des Etats-Unis, ou plutot de l'Union comme ils disaient. Alexis de Tocqueville est un français né en 1805 et le bouquin date de 1835. C'est un autre monde pour nous aujourd'hui. Tout commence par l'explication de l'arrivée des premiers Anglais sur le sol Américain. Les première colonnies de la Nouvelle-Angleterre et leur organisation en commune. Leur petit nombre le permettait, et tout fonctionnait parfaitement. Car de la par les communes, chacun se sentait impliqué dans le bien-être de celle-ci. Un tout nouveau territoire, pas d'ennemis, pas de violence et tous prennaient part aux décisions. Voilà, ça part de là.

Ensuite évidement, toutes ces communautés vont grossir en nombre et avoir tendance à vouloir aller exploquer ce nouveau monde. La formation des Etats va donner lieu à une toute nouvelle organisation extrêmement bien expliquée dans le livre même si c'est une partie qui prend bien deux-trois minutes par page si on veut arriver à suivre car parfois, c'est assez compliqué, surtout sur tout ce qui touche à la justice et à la représentation du peuple. Mais on y arrive, on pige le truc. Chaque état est indépendant mais dépend quand même d'une entité supérieure qui gère l'Union. Cette entité ne se mêle pas des affaires des états hormi pour les cas qui le nécessitent. Et tout se déroule à merveille car là encore, le petit nombre de gens et leur organisation démocratique permet à tous de se sentir impliqués et donc n'avoir qu'on but : que tout fonctionne au mieux. A cette époque, l'Union comptait à peine 12 millions de personnes. En France, nous étions déjà le tripls. La population de l'Union a ensuite triplé en trente ans. En 1900, ils étaient 76 millions. Aujourd'hui, 319 millions. Il y a une grosse partie sur la structure même des institututions comme le sénat ou la chambre des représentants mais là, ma mémoire ne pourra pas être très précise car la lecture de ces pages remonte déjà plus de 10 jours.

preview

Dans les dernière parties, Tocqueville parle de la co-existance des races sur les terres de l'Union. Il s'agit donc à l'époque des blancs catholiques, des indiens natifs et des nègres importés pour l'esclavage. Et là c'est très interessant car il explique la situation dans l'intéraction des blancs avec les indiens et ensuite celle avec les nègres. Je dis "nègre" car c'est comme ça qu'on disait au 19e siècle et c'est le mot employé dans le bouquin. Un truc génial (sauf pour les indiens) est qu'ils aient d'abbord été repoussés par les Anglais non pas par la force et les armes mais par... les animaux. Car des bestioles comme les bisons qui vivaient en plein centre de l'Amérique ont migré vers l'ouest de part l'activité dérangeante Anglaise. Les indiens qui n'étaient pas des cultvivateurs se sont retrouvés avec des terrains de chasse sans rien à chasser. Alors ils ont du suivre le mouvement. Bon et puis bien sûr en suite, se sont fait promettre des terres au-delà les Rocheuses où on leur foutrait la paix, mais on connait la suite, ils se sont fait encerclés, puis massacrés.

Pour les noirs, c'est tout l'histoire de l'esclavage qui est passées en revu et là déjà, on voit une immense différence entre les états du Nord et les états du Sud, différence qui existe toujours aujourd'hui. Les états du nord ayant aboli cette pratique avant ceux du sud, les esclaves libérés du nord ne savaient que faire de pas leur minorité, noyés au milieu de tous ces blancs qui leur ont été si supérieurs. Ne plus être esclave ne veut pas dire être égal en droit hein. Alors beaucoup ont été envoyé au sud. Le sud lui continuait celle pratique incroyable. Et un fait extraordinaire qui m'a fait comme une révélation en lisant ça dans le métro. Je vais essayer de l'expliquer au mieux :
Au nord, les employeurs donnaient donc un salaire à leurs employés. Le soir, ces employés rentraient chez eux et pourvoyaient à leur besoin. Au sud, les esclaves devaient être logés, nourris, soignés, entretenus. Leurs maître devaient aussi s'occuper de la bonne forme des bébés noirs qui deviendraient ensuite esclaves. Si bien que le coût du travail d'un esclave devenait plus élevé que celui d'un salarié libre ! Ce qui prouve (s'il y a besoin) d'une manière comptable à quel point cette pratique était fondamentalement mauvaise. Voilà le passage en question, extraordinaire page 461, et je terminerais sur ça :

L'ouvrier libre est payé, mais il fait plus vite que l'esclave, et la rapididé de l'exécution est un des grands éléments de l'économie. Le blanc vend ses secours, mais on ne les achète que quand ils sont utiles ; le noir n'a rien à réclamer pour prix de ses services, mais on est obligé de le nourrir en tout temps ; il faut le soutenir dans sa vieillesse comme dans son âge mûr, dans sa stérile enfance comme durant les années fécondes de sa jeunesse, pendant la maladie comme en santé. Ainsi, ce n'est qu'en payant qu'on obtient le travail de ces deux hommes : l'ouvrier libre reçoit un salaire ; l'esclave, une éducation, des aliments, des soins, des vetements, l'argent que dépense le maitre pour l'entretien de l'esclave s'écoule peu à peu en détail ; on l'aperçoit à peine : le salaire que l'on donne à l'ouvrier se livre d'un seul coup, et il semble n'enrichir que celui qui le reçoit ; mais en réalité, l'esclave a plus couté que l'homme libre, et ses travaux ont été moins productifs.
preview
Article écrit par Culturemania le samedi 11 février 2017 à 11:42

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Le livre noir de l'agriculture : Comment on assassine nos paysans, notre santé et l'environnement

Voilà un livre que tout le monde devrait lire. S'il y a un truc qu'on a tous en commun, malgré tous les efforts que font certains pour pointer nos différences, c'est bien la bouffe. Certains n'ont pas cette chance, mais pour nous, c'est deux ou trois fois par jour. On s'assoit, on prend nos fourchettes, nos baguettes ou simplement nos doigts et on se régale de nos assiettes. Et si jusque-là on faisait ça de manière insouciante, les choses sont devenues tellement graves qu'il est évident qu'elles doivent changer.

cover

H. P. Lovecraft. Contre le monde, contre la vie

Un livre de Michel Houellebecq qui parle de l'oeuvre et de la personne de Lovecraft avec une introduction de Stephen King, comment laisser ça dans le buffet ? Ni une ni deux, j'ai descendu ce bouquin comme un poivrot descendrait du coq au vin. J'ai appris beaucoup de choses et lu pas mal de trucs ignobles. De quoi faire encore de beau rêves en bavant sur mon oreiller et en repensant à l'univers et à la personne de Lovecraft, l'homme qui détestait son époque et qui aurait vomi la nôtre.

cover

Houellebecq Economiste

La littérature rend immortel. C'est peut-être ce qu'il faudra se demander sur notre lit de mort : quelle a été l'utilité de notre si longue vie ? Ceux qui ont des enfants ont la réponse toute faite et se reposent sur l'espoir que la vie de leurs petits morpions aura elle une quelconque utilité. Et pour les autres, la réponse est souvent désespérée. Car non, la vie ne sert à rien à notre époque. On arrive, on reste un peu, on fait des courses et tchao la compagnie. On est là comme à l'hôtel, dans une chambre plus ou moins dégueulasse à un étage plus ou moins élevé. Le malaise est total. Mais comme disait un autre bourgeois pouilleux : "Ne nous suicidons pas toute de suite, il y a encore du monde à décevoir".

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !