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Plaidoyer pour les animaux

Article écrit par Culturemania le dimanche 11 septembre 2016 à 21:04
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Encore un bouquin qui je l'espère arrivera à élever le niveau de conscience comme on dit. Depuis que le sujet m'est arrivé, je me suis souvent demandé ce que je pouvais faire pour convaincre ce qui me semble être le bon sens le plus absolu. Finalement, la seule chose que j'ai à mon petit niveau c'est la conversation et puis la possibilité d''écrire un peu ici sur le sujet. Et puis à part quelques bornés qui résisteront avec les cafards à la catastrophe vers laquelle on fonce avec visiblement un volonté sans faille, je trouve que beaucoup, beaucoup de monde dans mon entourage semble avoir aussi été impacté par cette démarche qui est d'abord intellectuelle.


Auteur : Matthieu Ricard

Si ça parle directement à l'intelligence, c'est parce que le problème est complexe et surtout pas isolé. Le fait de ne plus bouffer de viande, ou en tout cas en bouffer radicalement moins n'est pas un acte isolé mais bien une action politique. De nos jours, on sait tous ce qui se passe derrière les murs épais des abattoirs de France et d'ailleurs. On en a tous entendu parler depuis des années, on en a vu les vidéos et lu des témoignages. Mais est-ce que ça a suffit ? Non. Alors il y aurait la méthode radicale qu'évidement je préconiserais : faire des sorties scolaires obligatoires pour montrer aux enfant de 8-10 ans ce qu'il se passe là derrière et leur expliquer que ce sont ces animaux qui se retrouvent exposés dans les magasins sous formes de jolis carrés rouges ou roses ou blancs comme dans un musée des horreurs. Bon, c'est un peu extrême hein, mais voilà une expérience qu'on n'oublierait pas. Matthieu Ricard va dans les classes d'enfants leur demander : Vous aimez les vaches ? ... Ouiiiiiii. Vous aimez les cochons ? ... Ouiiiiiiii. Est-ce que vous mangez les vaches et les cochons ? .... Nooooon. Est-ce que vous mangez de la viande ? .... Ouuuuuiiiii. Incroyable non ? C'est donc bien à la base un problème d'éducation, car la viande est devenue cette espèce d'entité indéfinie visiblement tombée du ciel pour atterrir directement entre notre fourchette et notre couteau sous formes de petits cubes. Comme il dit : la compassion s'arrête au bord de l'assiette.
Une autre expérience simple que j'ai imaginé pour faire réfléchir si ce n'est convaincre : demandez à une personne d'attendre d'avoir faim. Lorsque c'est le cas, retrouvez-là ou demandez-lui de vous appeler. Demandez-lui de fermer les yeux et d'imaginer en face d'elle un agneau ou une vache. A sa main, un couteau suffisamment grand et tranchant qui lui permettrait de tuer cet animal. Dites-lui de s'imaginer en train de trancher la tête de bestiole et d'imaginer la puanteur du sang et les hurlements de la bestiole. Dites-lui aussi que derrière elle se trouve une pleine assiette avec du riz et des légumes. Et puis donnez-lui le choix. Et bien oui, on peut en rigoler, mais si tout le monde devait à chaque fois tuer l'animal qu'il s'apprête à manger, le problème serait réglé depuis longtemps dans un monde où tout le monde tourne de l’œil dès lors qu'il se coupe avec une feuille de papier.

Les animaux sont mes amis. Je ne mange pas mes amis.
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Bon, parlons du bouquin ! J'ai commencé à baragouiner sur cette histoire d'élevage intensif infernal parce que c'est ce qui me semble le plus important, non seulement pour faire cesser cette folie envers les animaux eux-même mais aussi pour notre poire à nous ! Sans compter les cancers et aux saloperies qu'on avale en avalant ces animaux qui ont avalé des saletés et des médicaments toute leur vie, il y a aussi l'impact sur l'environnement qui va avoir une conséquence directe sur notre vie à nous, et c'est déjà le cas. C'est fini l'époque du mythe de la fin de notre civilisation. On a basculé dans cette réalité.
Le bouquin s'appelle Plaidoyer pour les animaux. Il parle de tous les rapports que l'on a avec les animaux, y compris bien sûr celui qui le positionne dans notre assiette mais pas uniquement. Il fait plus qu'en parler d'ailleurs car les analyses sont très précises et documentées. La première phase a été la mise à distance des animaux qui a permis de finalement les considérer comme des choses. On ne fera pas le moindre mal à Pixel notre chat ou Killy le chien de la famille et pourtant, on mâche une vache, un cochon ou un poulet quasiment tous les jours. Voilà la distance.
Il évoque aussi le rapport aux animaux en parlant des zoos, des cirques, de ces ignobles corridas et la forme la plus brutale : le trafic d'animaux. On connait tous tout ça, on sait que ça existe et que ça perdure et le bouquin fait défiler les arguments de ceux qui sont pour afin de les contrecarrer avec une évidence qui met à terre tout autre argument. Et lorsque tous les arguments pour continuer vers ces traitements ignobles sont essorés, voilà le dernier qui arrive : "ouais mais plutôt que de vous occuper des animaux, vous feriez mieux de vous occuper des humains !". Je me frotte les mains. Au même titre, dirions-nous à un tennisman ou un fan de jeux vidéo ou de surf : au lieu de pratiquer votre passion, ne feriez-vous pas mieux de vous occuper des humains ? Non, bien sûr. Et puis toi bonhomme, qu'est ce que tu fais pour aider les humains ? Comme si soudainement, le fait de s'occuper des animaux devenait un problème à partir du moment où il restait un humain malheureux sur la Terre. Cet argument ne vaut d'ailleurs rien car s'occuper de stopper l'élevage intensif aura une incidence directe sur notre vie dans des proportions qu'on a encore du mal à imaginer. De toute façon, l'activité n'a rien d'exclusif.
Bon voilà, ce bouquin est rempli d'intelligence, il ne fait pas la morale ni la leçon, personne n'est là pour faire le malin, les choses sont simplement abordées de manière très rationnelles. Si vous allez à un anniversaire ou tout autre truc du genre, offrez-le en cadeau et profitez-en pour le lire avant. Vous aurez alors des heures et des heures de conversations qui en suivra.
Pour moi, la bonne compréhension de toute cette affaire a pris du temps et je ne pense pas être meilleur ou pire qu'un autre. Je reste donc persuadé de l'évidence de l'évolution naturelle qui va suivre. Très bientôt, on va voir aussi que l'organisation même de nos supermarchés changera. Et puis quel beau défi intellectuel que de chercher de nouveaux aliments, de nouvelles recettes, de nouvelles façons de manger, de se nourrir. La curiosité en est éveillée plutôt que de toujours manger la même chose en cycles depuis 20 ans. On fouille, on trouve des équivalences nutritionnelles (sans pour autant tomber dans le piège de ce tofu à la con qui en plus d'être dégueulasse est une saloperie faite de soja qui a fait 9000 km et qui favorise la déforestation dans ces pays folkloriques où il fait trop chaud) et on réapprend à cuisiner tout en découvrant des choses devant lesquelles on passait sans même les regarder. Autre chose : j'ai encore appris cette semaine que mon coiffeur et sa femme sont devenus végétariens ainsi qu'une autre amie en buvant un verre avec elle. Si nous avons eu cette démarche, d'autres l'auront, ne serait-ce que parce que l'on divise par deux son budget bouffe et que dès qu'on parle du porte-feuille, même le sourd retrouve toute son audition.

Un jour viendra où l'idée que pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans les vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu'aux voyageur du XVIIe et du XVIIIe siècle les repas cannibales des sauvages américains , océaniens ou africains.
Article écrit par Culturemania le dimanche 11 septembre 2016 à 21:04

Commentaires

On m'avait plusieurs fois parlé de ce bouquin, et ton article a fini de me convaincre de le lire. Une amie végétalienne me l'a prêté. Et je dois dire que j'ai beaucoup aimé. Il est très accessible, très imagé et vraiment bien foutu. Il fait réfléchir sans pour autant tomber dans la culpabilisation à outrance et sans pitié. Et le petit plus qui m'a beaucoup plu, c'est qu'on apprend plein de petites anecdotes sur la façon de vivre de certains animaux! Des trucs que peu de gens savent, et qui sont vraiment sympas à savoir, qui font également penser autrement notre "humanité" et leur "animalité". Du genre, cette espèce d'oiseau (dont j'ai boulié le nom... mémoire qui fuit...), qui décore son nid avec des petits objets, notamment des pierres colorées. Wahou! Enfin bref... Je conseille aussi!

Ecrit par Nana Scleunrk le samedi 12 novembre 2016 à 21:24

Oui il est vraiment bien ce bouquin. Dans le genre, il y a aussi "Faut-il manger les animaux ?" de Jonathan Safran Foer qui est super. C'est aux Etats-Unis mais le constat est le même dans ses visites d'exploitations animalières. Même si le bouquin commence par un "plaidoyer pour manger les chiens" histoire de plonger dans le vif du sujet :)

Ecrit par Vincent le dimanche 13 novembre 2016 à 12:57

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