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22 11 63

Article écrit par Sowilo le lundi 26 janvier 2015 à 15:19
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Je ne croyais plus pouvoir être vraiment surpris par King aujourd’hui. Heureusement pour moi, je me suis lancé dans 22/11/63 sans préméditation, sans même en lire l’intrigue. Je n’avais rien à me mettre sous la dent, et le rayon de la médiathèque m’a collé King sous le nez, une fois de plus. Le pitch aurait pu me refroidir, et honnêtement, quand j’en ai compris le fil conducteur, j’ai presque faillit l’être. Ce nouveau pavé part d’une idée de King vieille d’une trentaine d’année. Il estimait devoir attendre d’avoir l’expérience littéraire requise, et devoir faire plus de recherches préalables qu’à son habitude.


Auteur : Stephen King

Jake est un prof d’anglais à l’université, veuf, sans casserole particulière. Al, une de ses connaissances, restaurateur amical connu pour son étrange (presque suspecte) capacité à proposer d’excellentes viandes de bœuf à pas cher, l’appelle un jour, l’air apparemment très malade malgré son âge, en lui demandant de rappliquer au plus vite. Comment ne pas trop vous en dire ? Disons seulement que Al va lui expliquer la source de ses mystères, et lui proposer de poursuivre la mission qu’il s’était fixé. Dans l’arrière-boutique de Al, sans explication, se trouve une faille temporelle qui ramène à chaque fois à la même date, à la fin des années 50. Son fonctionnement, Al et Jake ne peuvent que le supposer, le tester. Mais avec ça, tout petit que l’on soit, mais mieux renseigné que l’humanité tout entière, on pourrait changer l’Histoire !

Comme tous ceux qui connaissent un minimum l’Histoire américaine peuvent s’en douter avec le titre du roman, le point d’orgue de l’expérience sera l’assassinat de JFK. Effectivement, une partie du roman sera dédiée à ce fait divers, et à la reconstitution de la vie de Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé. Cependant, dire que ce pavé n’est qu’une tentative de politique fiction centré sur cette affaire est heureusement bien faux. Stephen King nous fait un vrai roman fleuve, exploite à fond son point de départ, et arrive à nous perdre (dans le bon sens du terme) dans la vie à tiroir qu’est obligé de se construire Jake dans le passé. Un point important et tout bête qui fait que cela fonctionne, c’est qu’on ne devine jamais où on va, alors que j’ai eu ailleurs trop souvent la désagréable impression d’avoir saisi tous les mécanismes d’écriture de King. Ici, il sait même oublier longuement les artificiels ressors du suspense permanent, du fantastique ou de l’horreur. Les émotions suscitées sont étonnamment diverses. D’une idée apparemment farfelue digne d’un épisode de la quatrième dimension, il sait sortir quelque chose de complexe, humain et attachant. Le fantastique en est vite réduit à la toile de fond, à un murmure à peine audible, voire parfois à une menace qui ne dit pas son nom. J’ai beaucoup aimé la fin, dont je ne dirai bien sûr pas un mot, mais que j’ai trouvée tout aussi surprenante, et pleine de poésie.

Les fans de Stephen King apprécieront aussi les gros clins d’œil à Ça ou Le Fléau. Jake ira même jusqu’à croiser des personnages de Ça, bien que le roman n’ait rien à voir avec cet indispensable pandémonium horrifique. Est-ce que c’est pour rassurer les allergiques aux changements de ton ? Allez savoir. En tout cas moi je ne demandais pas mieux, déçu que j’étais par certaines sortie récentes, qui sacrifiaient des personnages bien construit au profit d’un fantastique tapageur et peu novateur.

Article écrit par Sowilo le lundi 26 janvier 2015 à 15:19

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