cover

Des milliards de tapis de cheveux

Article écrit par fraf le vendredi 31 octobre 2014 à 11:59
likes
1 personne a aiméAdd Like
Savez-vous comment tisser un tapis ? Andreas le sais lui :) Il vous faut un cadre, une trame et des fils ...


Auteur : Andreas ESCHBACH

Il vous faut un cadre. Un cadre ne se voit pas lorsque le tapis est fini. Lorsqu'il est fini, on coupe les fils de maintien et on détache le tapis. Mais le cadre donne le ... et bien le cadre justement :) Il vous faut une trame. Un ensemble de fils dont les qualités se mesurent en solidité et en cohérence. Tendus sur le cadre, ils sont le support du tapis et vont fournir son armature, sa solidité dans le temps. Il vous faut les fils de tissage. Leurs qualités se mesurent en douceur, en délicatesse, en couleur. Savamment tissés, mêlées et entremêlées, ils dessinent les motifs, ils sont de la poésie fait fils.

preview
"L'heure est venue, dit-il à l'adresse des jeunes hommes, que soit renouvelé le cercle éternel des tisseurs. Chaque génération a une dette envers la génération précédente et doit s'en acquitter auprès de ses propres enfants. Etes-vous disposés à rejoindre ce cercle ? - Nous le sommes, répondirent-ils en chœur. - Recevez alors l’œuvre de vos pères, et acceptez la dette qui vous lie à eux."

Avec ses mots, ses images, son imagination, Andreas ESCHBACH nous tisse un magnifique tapis à la fois doux et rude. Imaginatif et poétique mais aussi très cadré car l'histoire est aussi très bien construite.

"Et aujourd'hui pourtant, cette fin des temps était venue. Ces jeunes gens, avec leur affairement bruyant et superficiel, en étaient le symbole vivant. Rien, ils ne comprenaient rien. Et se croyaient tellement importants. Mus par un orgueil démesuré, ils avaient osé détrôner l'empereur-dieu, ils avaient même osé le tuer. A cette pensée, Emparak sentit son cœur s'emballer de colère."

Andreas nous prend par la main et nous guide au travers d'un labyrinthe dont lui seul connaît le dénouement. Par petite touche il nous fait découvrir son monde comme nous le ferions découvrir à un aveugle en le menant vers des textures et en lui posant la pulpe des doigts dessus. Ce sont des mots, des images, des musiques qu'il met sous la pulpe de nos pupilles. Et son monde se dessine au fur et à mesure. Les chapitres se suivent, ne se ressemblent pas, peuvent même dérouter un peu. Mais ils convergent, doucement mais sûrement. Le livre prend son l'ampleur.

"Les yeux du souverain sont les seules parties de son corps qu'il peut encore bouger. Il peut verser autant de larmes qu'il veut, et, si elles ne s'évaporaient pas, la salle serait noyée sous l'eau des larmes qu'il a déjà pleurées. Il peut regarder où il veut mais, depuis très longtemps, il ne fixe plus que le tableau qui lui fait face. C'est une toile féroce et railleuse qui, au fil des siècles, n'a rien perdu de sa férocité : C'est le portrait de son vainqueur. Le souverain ne cesse de le fixer et il attend que grâce lui soit faite. Il attend, il attend, il attend, et il pleure."

J'ai beaucoup aimé ce livre. Que ce soit le style, les histoires individuelles des chapitres, l'histoire générale, sa construction. Je n'en dirais pas trop pour ne pas dévoiler d'indice :)

Petite précision : N'ayez pas peur mais c'est de la SF allemande ! Non ne partez pas en courant. C'est très bien traduit (bien que je ne lise pas l'allemand dans le texte).
Ce livre à été primé de nombreuse fois (Grand prix de l’imaginaire 2001 comme meilleur roman étranger, prix Bob Morane 2000 comme meilleur roman étranger et en 2008 le prix spécial).

Article écrit par fraf le vendredi 31 octobre 2014 à 11:59

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Minuit 4

Voilà ce qui devait arriver. Vous avez pu voir il y a quelques temps que j'ai écrit quelques petits mots sur Minuit 2, et mesdames et messieurs, voici maintenant l'heure de parler de Minuit 4. Deux nouvelles par bouquin, deux bouquins, quatre nouvelles, et surtout 4 nouvelles raisons de vous faire adorer Stephen King. Ici, il va plus que jamais nous faire partir d'une chose totalement anodine pour nous plonger au plus profond de l'horreur dans des petites bourgades Américaines où les secrets des uns font la gourmandise des autres. Action, grand maître.

cover

La peau sur les os

Maigrir. L’obsession de tout le monde, le cauchemar de Billy Halleck. Avocat bien grassouillet et père comblé du Connecticut, Billy va se retrouver dans une spirale incontrôlable. Après avoir accidentellement renversé une vieille femme d’un clan de gitans, son corps va commencer à fondre, encore et encore, kilos après kilos, jours après jours. Pour finalement ne laisser qu’un sac d’os ? Sac d’os, vous avez saisi ? Ah ah ah.

cover

Terreur

Si je vous parle de Sir John Franklin ? Si je vous parle de l'Erebus et du Terror ? Her Majesty's Ship Erebus et Her Majesty's Ship Terror, 2 bombardes anglaises, partent de concert et tranquillou côté préparation (ah bon ? c'est bien sur ça ?) à la recherche de la voie du nord en 1845 ? Non ? C'est de l'histoire, vous devriez savoir bande d'inculte ! Vous n'avez donc fait que poser votre cul sur les bancs de l'école ?

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !