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Joyland

Article écrit par Culturemania le lundi 04 avril 2016 à 19:11
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On a tous traîné notre bosse dans les fêtes foraines. Et là je ne parle pas de ces immenses et immondes parcs à thèmes. Je parle des fêtes foraines. On y a tous traîné. On a tous pris notre première chenille infernale, on s'est tous cassé la gueule dans les roues du palais du rire, on a tous failli vomir sur ces bolides qui nous remuent dans tous les sens et enfin on a tous grimpé sur ces grandes roues qui nous font découvrir de haut le monde qui nous entoure. Mais surtout, on a tous flippé en voyant la double porte noire s'ouvrir alors qu'on était assis et bloqué par la barre métallique du petit wagon qui allait nous amener dans la maison de l'horreur. Les grosses lettres vertes de l'entrée nous avait prévenu : "Entrez si vous l'osez".


Auteur : Stephen King

Cela fait deux ans que j'attend que ce Stephen King sorte en version poche. Non, je n'aime pas les gros livres qui coûtent 20 euros et je n'ai jamais compris pourquoi cette folie capitaliste avait pris le dessus sur le plaisir de la lecture à moindre prix. Reprenons. Lorsqu'un bouquin de Stephen King sort, c'est une petite révolution dans ma vie. Mais lorsqu'en plus l'histoire va se dérouler au cœur d'une fête foraine, c'est un véritable festival. Nous sommes en Caroline du Nord et les lieux ont un nom : Joyland.

Quand t’as vingt et un ans, la vie est nette comme une carte routière. C’est seulement quand t’arrives à vingt-cinq que tu commences à soupçonner que tu tenais la carte à l’envers… et à quarante que t’en as la certitude.

Bienvenue à Heaven's Bay dans l'état de la Caroline du Nord. Le haut de la Carolina Spin, la grande roue du parc, offre une vue imprenable sur la plage et l'océan. Devin Jones est étudiant dans le New Hampshire. Il n'en a que pour Wendy mais la garce à l'air de pas mal se payer sa tête ou d'en avoir un peu rien à foutre de lui. Les vacances approchent et comme tout étudiant, il va être temps de trouver un boulot de chien pour ramasser quelques dollars. Mais ce soir, un journal traîne sur la banquette. Une annonce accrocheuse va lui sauter aux yeux et surtout lui éviter de nettoyer la merde de la cafétéria tout l'été :
TRAVAILLEZ PLUS PRES DU CIEL !

Combien de ploucs peuvent inscrire : été 1973 : vendeur de bonheur pendant trois mois sur leur CV?

Joyland recherche des bleues pour s'occuper des attractions et des ploucs qui peuplent les allées. Devin décide que son destin l'appelle et ni une ni deux, il déboule à Heaven's Bay pour rencontrer Bradley Easterbrooks le fondateur du parc et les grands vendeurs de bonheur que sont Lane Hardy, Fred Dean, Gary Allen et ce vieux salopard d'Eddie Parks. Devin va se trouver un logement qu'il partagera avec Erin Cook et Tom Kennedy. Sur le chemin du parc, le long de la plage, se trouve une grande maison avec une femme et son fils malade. Mais ce n'est ni le lieu ni l'heure de parler du petit Mike.

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Le travail du parc est rude, surtout lorsqu'il faut porter la fourrure sous cette foutue chaleur. Mais Devin trouve sa place, et même transpirer comme un con dans le costume de la mascotte du parc lui procure du plaisir. Les ploucs et les lapins s'amusent, les attractions tournent et la fête bat son plein. Mais alors, où est l'horreur ? Où sont les cauchemars qui nous empêcheront de dormir pendant les prochaines nuits ? Et bien ils se trouvent au cœur de la fête foraine. La maison des horreurs traîne une sale histoire. Il y a quelques années, Linda Gray a été égorgée par son petit copain à l'intérieur du train fantôme. Son cadavre a été balancé dans le décor pour n'être retrouvé qu'à la fermeture par les équipes de nuit. L'enquête n'a rien donné malgré les Hollywood Girls qui prennent les pecnots en photo dans le parc tout la sainte journée. Depuis, il est dit que la maison des horreurs est hantée par le fantôme de Linda Grey. Mais Tom, Erin et Dev' ne comptent pas en rester là et vont aller vérifier par eux-même si Linda Grey est toujours là. Quitte à passer des mois dans ce parc, autant en avoir le cœur net, non ?

Et voilà que je n'ai qu'une envie : recommencer ma lecture, page une. On ne peut pas décrocher de ce genre de bouquin. L'histoire se passe en 1973 et le vieux Devin Jones, dit Jonesy, nous raconte son histoire en se plongeant dans son passé. Il nous raconte comment l'automne 1973 a été le plus beau de sa vie mais aussi la période où il a été le plus malheureux. Le tueur de Linda n'a jamais été retrouvé, mais l'enquête va se poursuivre par nos trois compères qui pourraient bien mettre le doigt sur un détail qui va tout déclencher.
Après avoir lu 30 ou 40 livres de Stephen King, je ne m'explique toujours pas l'effet que produisent ses bouquins sur moi. Dès les premiers lignes, on change de monde. Ses personnages deviennent les nôtres, leur quotidien devient le notre et les lieux deviennent immédiatement familiers. Ainsi, j'ai l'impression d'avoir passé ces derniers mois à me lever à 7 heures pour me rendre à pied par la plage à Joyland, d'être passé chez Betty juste avant pour acheter les croissants, d'avoir salué au loin la femme et son fils malade et aussi d'avoir nettoyé et fait fonctionner la Carolina Spin de mes propres mains. Mais surtout, j'ai l'impression d'avoir passé la double porte de la maison de l'horreur et d'avoir vu de mes propres yeux le fantôme prisonnier de Linda Grey flotter dans les airs avec son serre-tête bleu. En tout cas, si je ne l'ai pas vu pour l'instant, je sais que c'est pour bientôt, je sais qu'elle me rendra visite cette nuit, je sais qu'elle est peut-être déjà là, je sais qu'elle m’apparaîtra lorsque toutes les lumières seront enfin éteintes.

Article écrit par Culturemania le lundi 04 avril 2016 à 19:11

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