cover

Miss Pérégrine et les enfants particuliers

Article écrit par Nana Scleurnk le dimanche 20 novembre 2016 à 10:17
likeslikes
2 personne(s) ont aiméAdd Like
Ce qu’il y a de bien avec les grands-parents, c’est qu’ils ont toujours plein d’histoires à raconter. « Moi à mon époque... » « Quand j’étais petit... » « Je me souviens, j’avais 15 ans... ». Abe, le grand-père de Jacob, adore décrire à son petit-fils les aventures de son enfance, lorsqu’il était à l’orphelinat sur la petite île de Cairnholm pendant la seconde guerre mondiale. Il lui expliquait alors les pouvoirs insolites de ses camarades, comme cette jeune fille qui pouvait voler, ce jeune homme invisible qui aimait tant faire des blagues, cette douce enfant qui pouvait soulever des charges énormes, ou son amie qui faisait pousser les plantes. Et il faut dire que Jacob adorait ces histoires, il les redemandait encore et encore ! Surtout celles avec les monstres qu’il fallait fuir à tout prix… Ces anecdotes les unissaient.


Auteur : Ransom Riggs

Edition : Bayard

En grandissant, Jacob a fini par comprendre que les passionnantes histoires de son grand-père n’étaient en fait que des fables, des inventions. L’ayant pris au départ comme une réelle trahison de la part de son aïeul (comment un adulte qui aime un enfant peut-il lui mentir??), il s’adoucit finalement en pensant que parfois on s’invente une vie pour supporter la douleur de la réalité. En effet, il était vrai que son grand-père avait vécu quelque temps en orphelinat pour échapper à des monstres. Mais loin des grandes dents, des yeux blancs et des hurlements de loup, ces monstres-là étaient bel et bien des hommes : les nazis. Il fallait effectivement que ces enfants cachent leur particularité aux autres gens, mais cela n’était pas lié à une quelconque magie : ils étaient juifs.

Jacob est maintenant adolescent. Il est toujours très proche de son grand-père qui commence apparemment à perdre la boule. Le jeune aime prendre soin du vieux, ils sont tous deux très soudés. Mais une nuit, Abe appelle son petit-fils en panique « ils sont là, ils veulent me tuer ». Lorsque Jacob arrive, il est déjà trop tard. Abe gît au sol, le ventre et le torse lacéré, blême. Dans un dernier souffle, il essaie de dire quelque chose.

Va sur l’île […] Trouve l’oiseau. Dans la boucle. De l’autre côté de la tombe du vieux. Le 3 septembre 1940.

Vous vous en doutez, après cet événement aussi tragique que soudain, Jacob n’est pas tout à fait dans son assiette. Déjà il doit voir des flics pour leur raconter sa version des faits. En plus il croit avoir vu des choses terrifiantes dans les bois, des choses complètement dingues. Et puis il fait des cauchemars atroces. Son grand-père lui manque, on lui dit qu’il a été bouffé par des clébards enragés ou une espèce de bête sauvage, ses parents le soûlent, et ces foutus cauchemars ne font qu’empirer ! Il devient cinglé ou quoi ? Et cette ultime phrase qui lui revient sans arrêt en tête et qui n’a pas de sens ! Bordel !! Un oiseau ? Une boucle ? c’est quoi ça, une ceinture ??

Finalement, avec la bénédiction de son psy, Jacob décide de se rendre sur l’île de Cairnholm. Il pourra peut-être comprendre ce que lui a dit son grand-père. Peut-être pas. Mais au moins, cela l’aidera sans doute à faire le deuil. Il ira voir à l’orphelinat, il y aura sans doute un indice… Qui était vraiment Abe ? Et si… les enfants particuliers existaient vraiment ?

Bon, j’imagine que la plupart d’entre vous ont la réponse à cette dernière question, à cause du film de Burton sorti il n’y a pas très longtemps. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas vraiment un spoil, car on le comprend très tôt dans le bouquin. Mais il y a quand même quelques subtilités que je ne vous dévoilerai pas ! Ha ha !
Je tiens à préciser que vous trouverez ce roman au rayon de littérature ado/jeune adulte. Cela vous évitera comme moi de fouiller pendant une demi-heure dans la librairie sans le trouver…
J’ai trouvé ce bouquin vraiment sympa. Ce n’est pas une histoire de fou, un truc complètement révolutionnaire, mais c’est bien fait et je me suis laissée prendre assez facilement. Bon, j’avoue, je l’ai lu en deux ou trois fois. Déjà, il se lit vite. L’écriture est vraiment sans prise de tête, cela va à l’essentiel et du coup l’histoire est assez riche pour un livre d’environ 430 pages. En plus, il est beau. Tout du moins la version grand format car il est récemment sorti en poche apparemment mais je n’ai pas eu l’occasion de le voir. En fait, l’histoire est mêlée à de vieilles photos saugrenues et intrigantes issues de collections personnelles de plusieurs personnes que l’auteur a rencontrées. Ce sont donc des gens qui ont passé des années et des années à faire les puces pour fouiller dans les boîtes à chaussures et autres réceptacles à vieilles photos de famille, arrivées là on ne sait comment, pour les arracher à l’oubli et à l’incinérateur. Le concept me plaît beaucoup !Ces photos ne sont pas truquées à part une ou deux pour le besoin de l’histoire. Elles apportent vraiment un je-ne-sais-quoi de plus à l’aventure. Sans doute un petit peu de magie.

preview

Les thématiques traitées sont assez diverses et peuvent autant intéresser les « adultes » (filiation, héritage, etc) que les « ados » ( immortalité, différence, appartenance…). Je pense donc qu’il serait dommage de cantonner ce bouquin à la littérature jeunesse. Après tout, il n’y a pas si longtemps, on trouvait le seigneur des anneaux uniquement dans le même rayon ! Pour le thème principal, c’est bel et bien le parcours initiatique d’un jeune qui ne trouve pas sa place dans un monde qui ne lui ressemble pas, et qui va chercher à se découvrir, se re-connaître. Le tout dans une ambiance fantastique.

Je tiens tout de même à revenir un peu sur le film, que je ne vous conseillerai pas, sauf si vous avez envie de voir un simili-Disney. Je suis un peu énervée contre Tim Burton en ce moment… Pourtant, j’ai tellement, tellement aimé ses films d’avant, comme Beetlejuice, Eward aux Mains d’Argent, Big fish, Sleepy Hollow, Sweeney Todd et les autres. Mais là, cela fait plusieurs histoires que j’ai beaucoup aimées qu’il gâche, ou pire… Il m’a littéralement pourri Charlie et la Chocolaterie, qui est resté le livre de mon enfance le plus cher à mon cœur, celui que j’ai lu et relu, que je conseille à tout le monde d’ailleurs. Il en a fait un espèce de truc ridicule et surjoué, exagéré, américanisé au possible. Berk ! Comme vous pouvez le constater, je ne m’en suis pas encore remise. Il a aussi pourri Alice au Pays des Merveilles, et c’est bien dommage… Et là, il a gâché à mon sens Miss Pérégrine. L’histoire qui se tient à peu près au début, n’est plus du tout la même au fur et à mesure du film. Je veux bien comprendre qu’on ne puisse pas faire un film qui colle parfaitement au livre pour des raisons techniques et temporelles… Mais là, il a pris des libertés qui font perdre de la profondeur à l’histoire. Des facilités qui nuisent vraiment aux différents personnages. Et puis à la fin ça reste divertissant, mais sans plus. Pour le coup, cela devient un film pour enfant qui fait un peu peur, avec l’histoire d’amour habituelle au milieu. Voilà. Donc ouiiii, les images sont très belles, ouiii Eva Green est très jolie, ouiiii… Mais le potentiel initial est gâché. Grrr.

Donc ma conclusion : mieux vaut lire le livre !
Et moi, j'en m'en vais lire le deuxième tome !

preview
Article écrit par Nana Scleurnk le dimanche 20 novembre 2016 à 10:17

Commentaires

Poster un commentaire :



Vous aimerez peut-être aussi :

cover

Antigone

Jusqu'à mes 18 ans, j'ai détesté la lecture. J'accuse directement l'école qui n'a pas su me faire découvrir la richesse les livres et de leur diversité. Tant de bouquins poussiéreux nous ont été présentés. Tantôt des romans autobiographiques à vomir, tantôt des pièces de théâtre qui n'avaient aucune chance d'intéresser les ados que nous étions. Et puis, si je sais que je ne rouvrirai jamais les Confessions de Rousseau, il y a d'autres lectures qui peuvent être relues et appréciées pour ce qu'elles sont car elles peuvent être réellement comprises aujourd'hui.

cover

Promenons-nous dans les bois

Si vous aimez la montagne, que vous avez toujours eu envie de traverser les Appalaches, mais que vous êtes trop fainéant pour le faire - et puis bon, c'est beaucoup trop loin de toute façon, pourquoi ne pas le faire en le lisant ? Et quel meilleur auteur choisir lorsque l'on veut voyager sans que cela ressemble à du Lonely Planet imbuvable, tout en profitant d'une sacrée dose d'humour ? Il existe un homme pour ça, qui a traversé quelques pays et qui a eu l'excellentte idée d'être aussi écrivain, et cet homme s'appelle Bill Bryson.

cover

Misery

Un nouveau huit-clos. Paul Sheldon, écrivain de best-sellers a publié une série de romans mettant en scène le personnage de Misery. Des fans, toujours de plus en plus, des femmes qui lui répètent qu’elles sont leur admiratrice numéro un. Mais parmi elle, une a complètement basculé et serait prête à tout pour que les aventures de Misery ne s’arrêtent jamais. Prête à tout.

Consulter les articles du même genre...



Participer à Culturemania

S'inscrire

Inscription

Inscrivez-vous et prenez la plume pour publier vous-même des articles sur Culturemania ! On vous demandera le minimum : un pseudonyme, un e-mail valide et un mot de passe savament choisi. Le reste, c'est si uniquement si vous le décidez !

Espace rédaction

Redaction

Déjà inscrit ? Alors direction l'espace rédaction de Culturemania pour vous lancer et rédiger vos articles ! Textes, images, vidéo, citations, utilisez toutes les options disponibles pour donner à vos articles ce petit truc qui fait qu'on le lira jusqu'au bout !

Informations

A Propos

Vous voulez en savoir plus sur Culturemania et son mode de fonctionnement ? C'est par ici ! Tout a été fait pour se simplifier la vie au maximum. Nous avons fait le choix de vivre avec les machines alors autant que ce ne soit pas pour se pourrir la vie !