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Mort aux Cons

Article écrit par Nana Scleurnk le jeudi 31 août 2017 à 11:43
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Comme le dit le célèbre adage (ou bien Pierre Perret…) « On est toujours le con de quelqu’un ». Une amie à moi rajouterait qu’il y a quand même des cons universels. Et qui n’a pas un jour, sous le coup de la colère ou d’une extrême et inquiétante lucidité, souhaité la mort à un con ? Et bien le héros de ce livre a décidé de s’y atteler.


Auteur : Carl Aderhold

Edition : Hachette Littérature

Mort aux cons ! Ce titre résonne comme un hymne ! Ahah ! Si seulement les cons ne passaient plus leur temps à gâcher le nôtre ! Imaginez une vie sans con… Quel soulagement cela serait. Vraiment, cela serait plaisant ! Et bien c’est plus ou moins ce que notre héros se fait comme réflexion, au détour d’une énième soirée de glandouille devant la télé. Il lui en faudra peu pour basculer du côté philanthropique de la chose et se donner la mission d’éliminer les cons pour le bien-être des autres. Mais après quelques funestes rencontres, il lui paraît évident qu’il va falloir statuer sur le con. Qu’est-ce qu’un con, objectivement parlant ? Non parce que si on n'écoute que son instinct, n’importe qui peut être vu comme un con. A ce rythme-là, il ne restera plus grand monde dans les environs. Et puis comment être sûr ? Ne pas se tromper, ne pas regretter ? Il faut trouver une définition, évidemment. Une définition claire, nette, précise, objective, que nul ne puisse remettre en question.

Étant donné que les cons sont partout, d'une part, et qu'ils régissent le monde, d'autre part, il n'y a aucune raison de supposer qu'il n'en a pas toujours été ainsi depuis que l'homme vit en groupe. On pourrait même, sans grand risque d'erreur, formuler l'hypothèse que la connerie augmente à mesure que la population croît. Autrement dit, l'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte contre les cons.

Entre humour noir, cynisme et un mélange de presque-philosophie et de presque-psychologie, Mort aux cons est un bouquin qui m’a fait passer de bons moments de lecture. Grâce à l’écriture fluide de Carl Aderhold, on suit sans prise de tête les élucubrations et les aventures de ce serial-killer qui vrille totalement à la quête de sa vérité. Faut avouer qu’on retrouve tous des personnes que l’on connaît ou que l’on a connu dans ses victimes, ce qui peut nous amener facilement à s’identifier un petit peu à lui. (Je dis un petit peu, pour pas trop passer pour une psychopathe quand même...)

Il y a des gens qui, par défaut d'imagination, s'habillent et se comportent comme des clichés, des gens dont l'énergie est tendue vers ce qu'ils croient être l'adéquation à leur fonction, qui sont comme des enseignes lumineuses sur lesquelles clignotent ces mots : "je suis con... Je suis con…

Sauver l’humanité en éradiquant la connerie. Vaste programme ! Encore faut-il savoir par quel bout prendre la chose…

Nous commençâmes par ceux qui nous paraissaient évident, enfin sur lesquels il n’y avait pas de débat entre nous : le con joint, qui partage la vie de l’autre et finit par la lui pourrir (en moi-même, je pensai à Christine) ; le con sanguin, qui s’énerve pour un oui ou pour un non, surtout quand son interlocuteur est une femme ou fait trois têtes de moins que lui, car le con sanguin est rarement un con fort (là, je plaçai le beauf de la tour) ; le con fraternel, celui qui vous prend en affection et ne vous lâche plus, gentil mais très vite pesant, toujours prêt à se mettre à pleurer et à vous reprocher votre dureté ; le con disciple, celui qui a trouvé un maître, ne jure que par lui, et n’a de cesse de vous convertir à sa vision (« Fabienne », me dis-je) ; assez proche de ce dernier, le con vecteur, qui propage la rumeur et les on-dit (entraient dans cette catégorie Suzanne et les concierges, mais aussi les cafetiers et parfois les journalistes) ; le con citoyen, qui trie ses ordures avec méticulosité, allant jusqu’à laver ses pots de yaourt avant de les jeter ; le con tracté, très répandu celui-là, qui s’énerve au volant (mon chauffard sur l’autoroute en était l’archétype) ; le con casseur, qui sévit surtout dans les banlieues (le fils du beauf au chien et sa bande)… Nous décidâmes aussi, pour plus de justesse et par souci de précision, d’instaurer des degrés dans leur niveau de connerie, entre celui dont c’est héréditaire (le con génital), celui qui reste égal à lui-même quelle que soit la situation (le con stable), celui qui bat tous les records (le con sidérant ou le con primé), et enfin celui qui est guéri (le con vaincu), ce dont moi-même je doutais fortement, pensant qu’il s’agissait d’un trait de caractère tandis que Marie, lui, penchait pour un état pouvant se révéler passager.

Voilà, voilà, si toi aussi tu pestes souvent contre ce con qui a balancé son mégot de clope par la fenêtre, ce chauffard qui se contre-fout du code de la route et de la sécurité, ce gars qui parle mal à sa femme, ce mec qui n’a que l’argent pour intérêt, cette nana qui pense être le modèle à suivre… Alors ce livre devrait te plaire. Enfin, je crois.

Car tout le monde le sait : le con, lui, ne doute pas.
Article écrit par Nana Scleurnk le jeudi 31 août 2017 à 11:43

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