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Fauve : Vieux Frère Partie 1

Article écrit par Sowilo le jeudi 12 mars 2015 à 22:21
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Je sais, je ne suis pas à la page. Le nouvel album du collectif est disponible, et moi je vous parle du précédent. Mais en fait, Fauve, moi, j’aime bien au fond, mais ça me stresse. Il y a pourtant du bon dans ce qu’ils font, de la personnalité. C’est certainement positif après tout, car si la musique fait réagir, c’est déjà qu’elle nous sert à quelque chose. Bref, j’ai écouté Fauve.


Label : Fauve Corp, Warner

Commençons par les banalités, pour ceux qui seraient encore moins à la page. Fauve balance une sorte de rap/slam en français, sur fond d’instrus assez planantes et plutôt organiques pour le genre. La particularité majeure vient du flow, rapide, très fluide, presque parlé, avec peu d’accentuation ou de rythmique. Un peu comme si Orelsan avait bouffé le mec de Bref, et que le mec de Bref avait pris le contrôle à l’intérieur. Du coup, Fauve, c’est bien dans l’air du temps. Oui parce que, dit le journaliste musical façon M6, dans notre société vous voyez, tout est rapide et centré sur le « je » aujourd’hui, bla bla bla bla. L’écriture est soignée, dans le ton, le gars a un débit parfait. Les instrus, bien que rarement surprenante une fois qu’on est lancée, instaurent une certaine atmosphère et savent quand se mettre en retrait ou se faire plus fouillées. Certaines boucles de guitare ou de piano sont plutôt addictives. Non, l’écoute ne me pose pas de problème d’un point de vue musical, finalement, c’est même assez classe.

C’est le propos qui m’a intéressé. En soi, écouter les états d’âme de quelqu’un pendant une heure, même si c’est moi qui suis dans un canapé, ça ne me dérange pas non plus. D’autant qu’on a failli aborder ses petits tracas sous un angle pas inintéressant, qui aurait pu faire du bien. Mais là, finalement, la prochaine fois que ça lui prendra de venir me la jouer complainte de la serpillière, il a intérêt d’avoir fait des progrès. Il a eu du bol de ne pas repartir avec un seau d’eau sur la tronche au premier passage déjà hein.

Non mais c’est vrai, excuse-moi monsieur Fauve (tu permets que je t’appelle Monsieur Fauve ?), mais tu me fous l’angoisse. Sérieux. Pourtant tu es vrai, ça j’en doute pas une seule seconde tellement tu es juste, et complexé. En ça, chapeau, je pense que rarement un album n’a aussi bien campé une psychologie. On suit bien ton évolution, partant du stade vrais gros soucis persos, puis bouleau chiant+soirées comme seul objectif +ex meuf qui hante, etc., jusqu’au stade bon, et si on essayer de se donner une contenance. On a bien compris qu’il y avait de la résolution dans l’air en fin d’album. Mais bon, quand tu dis que tu veux mettre un « poing sur la table », j’ai quand même l’impression que si je tape plus fort que toi, c’est moi qui vais te dire où t’asseoir, non ? Déjà que c’est les autres qui te disent où bosser, où sortir, et de quoi il faut avoir l’air. Oui j’ai compris, ça c’était avant. Ouais ben t’as intérêt ! Roh et ta « Lettre à Zoé », bordel… Après une heure de bad trip, tu recouches avec ton ex, et là voilà, les couleurs apparaissent enfin. C’est beau le mois de juin, c’est beau les prés et les gens quand ils s’entendent bien. Non mais c’est une blague ? Ça fait partie du positivisme de fin d’album ça, de confier la beauté des prés et de juin aux prochains caprices de ta Zoé ? Elle a intérêt d’avoir les épaules solides Zoé…

Bon, euh, Monsieur Fauve, je t’aime bien au fond, mais tu as tendance à m’énerver avec ton recul zéro, et avec ton besoin de chercher la validation des autres à n’importe quel prix. Quand tu nous balances que tu aurais bien aimé tirer ton coup au lycée et piquer des trucs dans les magasins, j’ai carrément envie de t’en foutre une. T’as pas plus con comme regret ?
J’aurais beaucoup aimer que tu puisses nous faire réfléchir sur ce qui crée des Monsieur Fauve aujourd’hui selon toi, que tu fasses un peu d’abstraction. Là on dirait que tu dérouilles sur tous les plans sans chercher à comprendre. Il y aurait à dire je pense. Tu nous as quand même sorti un disque sacrément original, aux problématiques finalement pas si souvent abordées dans la musique, ou pas avec autant de naturel. Je comprends le succès. Comme quoi, le top 50 n’aime pas toujours que le vide. Si quelqu’un veux bien me raconter ce que tu deviens dans le second disque, je veux bien. J’espère que ça va mieux niveau compréhension des autres, même des soit disant « vieux frères » et des « belles » que tu repassais direct au grade de « mongoles bourrés qui dansent n’importe comment » au moindre élan de confiance en toi procuré par une « belle » bien sûr.

Article écrit par Sowilo le jeudi 12 mars 2015 à 22:21

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