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Pandora's Piñata

Article écrit par Sowilo le mercredi 15 octobre 2014 à 11:53
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Une chronique du DSO commence par des interrogations ou des exclamations. Et moi, je trouve que c’est amplement justifié, donc, je pourrais faire pareil. Parce qu’il est parfois si bon de passer à côté de quelque chose et de se rendre compte de son erreur. Parce que d’habitude, on attend le miracle musical de tel ou tel groupe archi-reconnu, et on est souvent déçu même si on y trouve quand même son bonheur. Mais le meilleurs, sérieusement, c’est de se prendre une tarte qui vient comme ça, de nulle part, et qui est difficile à expliquer tant c’est inattendu. Chronique d’un amour de vacances musical, décalé, improbable, et rafraîchissant. Et comme promis pour commencer, les interrogations…


Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est qui ces gens et c’est quoi au juste le pari de cette musique qu’ils ont pondus ? Bon sang… Mais c’est bien sûr ! Saperlipopette, eurêka ! (Oui désolé, j’aime bien Tintin.) Tout est dans le titre ! Diablo, c’est pour le côté métal, Swing, pour la partie Jazz, et Orchestra, pour les emprunts au lyrisme et à la musique symphonique. Et non seulement quelqu’un s’est mis en tête de faire quelque chose de viable avec ça, mais en plus ils sont nombreux dans le groupe, et ils ont quelque chose dans le casque qui doit être connecté de travers… Et c’est déjà leur troisième album en plus… D’ailleurs je vous laisse le soin de mater les titres et track list, ça donne le ton… En attendant, c’est Pandora’s Piñata que j’ai dans les mains, donc c’est celui-là dont on parle, et c’est tant mieux car jusqu’ici c’est celui qui me plait le plus. Avouez que c’est bien foutu quand même.

Pandora’s Piñata, ça part en trombe, comme un pet après une soirée cassoulet et jus de pomme. Ça t’envoie d’entrée de jeu un coup de pied au derch nommé Voodoo Mon Amour, et normalement il se passe quelque chose dans ta tête. Ça donne envie de faire la fête, de headbanger et de swinguer en même temps, et ça donne un sourire benêt. Si tu te reconnais, Tu vas adhérer à la musique de cette bande de cinglés et ça va être dur à expliquer à l’entourage. Parce que hein, dans le genre tub atomique, Voodoo Mon Amour, ça se pose là. Et puis tiens, juste après, Guerilla Laments aussi d’ailleurs, mais avec un côté brésilien et chaud qu’on croyait inconnu des scandinaves. Oh et puis Black Box Messiah, dans le genre tub des pays de l’est sous acide, c’est mauvais pour la sobriété aussi, ça…

Je ne vous ai même pas présenté le groupe. D’abord, la section métal fusion, avec des grateux qui appliquent efficacement les rifs et la rythmique typique du genre, sobres (dans le jeu du moins), mais à leur place. Les percus, déjà bien moins sobres, prennent beaucoup d’espace sonore mais varient vraiment le jeu tout au long de l’album, sortant bien vite des poncifs du métal. Il faut dire qu’ils sont deux pour faire ce raffut organisé. Par ici, des cuivres, pour le coté jazz, avec trompette, trombones etc.… Et là, un violoncelle et des violons additionnels. Tu penses à Apocalyptica ? Fausse route, les violoncellistes finlandais n’ont encore pas abordé leur instrument sous cet aspect swinguant et déluré. Et si tu as pensé à Slipknot pour les deux batteries, tu as encore plus faux. Enfin, derrière le micro, un type possédant un organe vocal assez dingue de par la variété et le talent qu’il donne, et là, Ann-Louice, chanteuse lyrique probablement recalé au casting d’un groupe de métal symphonique car trop barrée bien que suffisamment douée.

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Et avec ça mes enfants, le groupe va vous faire voir du pays. Leur mixture est déjà assez indéfinissable, mais en plus ils se permettent de tenter à peu près tout ce qui est envisageable avec leurs ingrédients. Sans vraiment s’affranchir des structures couplets/refrains et autres garanties d’efficacité rapide, il faut s’attendre à être déstabilisé plus d’une fois, même dans un même morceau. Le groove rencontre le lyrisme le plus débridé et grandiloquent, et le métal tente de les accorder. On flotte toujours entre poésie, énergie entraînante et folie totale.

Mais Pandora’s Pinata, c’est comme tout bon cocktail, c’est délicieux, mais il ne faut pas en abuser. Car alors, on s’aperçoit des airs qui lassent après trop d’écoutes, des petits surplus de percu par ci par là, du dommageable de certains passages pourtant osés quand ils sont pris à part. On s’aperçoit des ficelles encore perfectibles sous le joyeux amas anticonformiste musical. Et c’est dommage, parce qu’on n’a vraiment pas envie de le leur reprocher, et qu’on en redemande.
Ce n’est ni de l’avant-gardisme, ni une petite révolution musicale, c’est de la fusion très osée uniquement, avec un sacré grain de douce folie, et du gros travail derrière. J’en ai dit finalement très peu sur les détails de l’album, mais assez pour espérer que toi aussi, une fois les beaux jours revenus, tu te laisses tenter par un rafraîchissement trop rare, et pas ouvert à tous.


Article écrit par Sowilo le mercredi 15 octobre 2014 à 11:53

Commentaires

Hum, correction, il faut comprendre "petit surplus de percu", diminutif de percutions, et pas "perçu". Oui parce que bon, les deux lascars là, ils sont simpa, mais parfois ils tabassent là où c'était pas indispensables.

Ecrit par Sowilo le mercredi 15 octobre 2014 à 18:48

C'est corrigé.

Ecrit par culturemania le mercredi 15 octobre 2014 à 22:02

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