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Wishmaster

Article écrit par Sowilo le samedi 04 octobre 2014 à 12:22
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Pour peux que la bande son de votre vie ait une certaine importance pour vous, vous vous êtes probablement déjà demandé quels sont les 5, ou les 10 albums qui vous ont le plus marqués. Personnellement, je sais que je suis incapable de faire des classements comme les émissions de variétoche nous en pondent à la chaîne, afin de déterminer qui mérite d’être 6 ou 7ème. Ça n’a pas de sens quand c’est une question de goût. Ceci dit, je pense que chez moi, le Wishmaster de Nightwish peut tranquillement vadrouiller sur le podium.


L’hiver dernier, nous avons eu l’occasion de faire le point sur la situation actuelle du groupe via un petit DVD live, « Showtime, Storytime ». Mais pour aujourd’hui, flash-back de 13 ans en arrière, et focalisation sur un objet précieux.

Avant d’être tenté par un premier superlatif, plantons le décors. Deux ans après Oceanborn, album de la reconnaissance encore loué par beaucoup aujourd’hui, les finlandais se renferment en studio pour enregistrer leur petit troisième. Ils ne le savent pas encore, mais c’est celui qui les emmènera un peu partout dans le monde, et dans leur première tournée européenne en tête d’affiche. Pourtant, en terme de production, Wishmaster ne se la joue pas ambitieux, en comparaison de l’évolution que fût Oceanborn, et aux vus des records de moyens qu’ils ont pu aligner par la suite. Non, Wishmaster n’est à priori qu’un album de power métal enregistré par des musiciens dans un studio. Avec relativement peu d’élément, Nightwish donne une vraie leçon de métal moderne. Un peu moins fou, un peu moins théâtral et mystique que son grand frère, tout simplement déjà moins jeune, Wishmaster ancre la personnalité du groupe dans un power métal plus carré, plus solide. C’est peut-être le moment de leur discographie où leur musique est la plus stable, assurée et clairement qualifiable.

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Prenons le premier single qui en fut extrait, Deep Silent Complete. C’est une composition simple et immédiate, sans surplus, mais qui fonctionne juste parce que les ingrédients sont fabuleux. La guitare est mélodique, claire et enjouée, la batterie est débridée à souhait mais frappe juste comme il faut, le clavier rajoute une atmosphère magique et n’a pas encore pris de rides 13 ans après. Et bien entendu, Tarja est au micro. Là j’éviterai d’en faire trop, j’ai peur des représailles au moindre mot de travers. Je ne suis pas un amoureux inconditionnel de la chanteuse, je faisait même parti des quelques qui étaient assez convaincu en 2005, lors de son départ, que l’histoire du groupe continuerait quand même. Cependant, sa prestation sur cet album (comme sur d’autres) s’est tout simplement inscrite dans l’Histoire du genre, et est maintenant citée en référence et source d’inspiration.
Au côté de ce morceau, on placera Come Cover Me et quelques autres passages, qui montrent que le groupe sait être efficace sans démonstration technique et sans prise de risque particulière. Non loin, il y a The Kinslayer, une réaction au fameux massacre de Columbine, et l’une des rares pointes de noirceur de l’album, avec sa rythmique syncopée et ses passages de dialogues proches du schéma gothique de la belle et la bête. C’est d’ailleurs à peu près tout ce qu’on trouvera de vaguement gothique ici.

Mais au delà des bases, l’album regorge surtout de pistes de dingue, plus ou moins speed, qui peuvent se montrer franchement techniques mais sans jamais perdre en percutant. Et c’est là que je perds mes mots. On a She is my Sin, la mise en train fabuleuse, un Wanderlust pfff, fabuleux aussi et tellement mélodique et entraînant. Crownless est peut-être la chanson la plus speed du groupe, et qui aborde ce style avec plus de classicisme mais tellement de maîtrise. Et surtout, surtout, Wishmaster, la chanson qui donne son nom à l’album, qui est pour moi tout simplement une des meilleures chansons de métal toutes catégories confondues, et qui devrait se ranger avec Highway to Hell, Enter Sandman, Fear of the Dark et tous les autres classiques que vous voulez, si la promo du groupe avait été logique et avait mis en avant ce titanesque titre. Pas un fichu clip !

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On a aussi des balades, bien entendu, avec d’abord Two for Tragedy, le seul titre que j’ai tendance à zapper, mais les mordus de Tarja n’en font sûrement pas autant. LA balade, c’est Dead Boy’s Poem, également un sacré monument, qui va de la guitare sèche à un final très très épique. Tuomas l’avait composé comme une sorte de testament musical, dédié à son public et à cette période résolument heureuse de son existence. Cette chanson emmène vers le final, FantasMic, qui ne fait pas référence à ce que tu crois mais à Disney (contraction de Fantasia et de Mickey, avoue que t’es déçu). C’est une des fameuses "masterpieces", des chansons longues, à la structure et l’ambition plus complexe que le reste. Ça n’est clairement pas la meilleure de Nightwish, mais quand même un bon pavé divisé en trois parties qui synthétisent bien l’album.

Je n’ai pas parlé des Solos de guitare, qui peuvent se faire rare aujourd’hui chez Nightwish, des petites apparitions de la flûte, du jeu de batterie, mais tout ça le mériterait. Seulement, on ne va pas faire 10 pages, je pense que le message est passé, avec son objectivité relative. Un dosage parfait, des compositions souvent lumineuses et enjouées, et un groupe dont seule la basse n’est pas au moins au stade du très bon (d’ailleurs Sami Vanska dégagera pour l’album suivant). Histoire de relativiser, même si il m’a marqué au plus haut point, cet album reste du power, avec plusieurs autres adjectifs possibles, mais qui ne sort pas de cette case et qui rencontrera difficilement d’autres publics. Mais dans le genre, c’est juste un incontournable !

Article écrit par Sowilo le samedi 04 octobre 2014 à 12:22

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