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Hellfest - Vendredi partie 2

Article écrit par Sowilo le jeudi 08 septembre 2016 à 17:48
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Et si on retournait au Hellfest 2016 ? Et oui, car le récit n'est pas terminé. Il reste tant à voir, tant à dire et tant à faire partager. Rammstein approche, ils sont là, pas loin, alors replongeons-nous un peu dans cette fête du métal française.


Cocorico afternoon


On ne reviendra complètement dans le bain que plus tard dans l’après-midi, toujours vers les Main Stages, pour voir Le Bal des Enragés. Voilà un drôle de parcours. Un groupe Français qui ne fait que des reprises et qui se retrouve sur une grosse scène d’un très gros festival en milieu de journée, on ne l’aurait pas forcément parié. C’est qu’ils savent y faire, varier les styles tout en gardant un même son, motiver la foule, bref, s’imposer. On aura du Nirvana, Du Rage Against The Machine et bien d’autres. Un peu moins bavards et portés sur la mise en scène que d’habitude, cela leur permet de s’adapter au timing d’un festival et d’enchaîner sans relâche les classiques qui nous provoqueront les premiers échauffements de cordes vocales, à force de vouloir participer.

Quant à Mass Hysteria, ça n’est pas une rareté à venir voir ici et pas ailleurs. Ils sont partout, de tout les festivals, dans tout les coins du pays et ce, depuis pas mal d’années. Le début de cette tournée était passée par Toulouse, le 14 novembre exactement. Le lendemain des attentas de Paris. Une soirée particulière, forte, où certaines chansons du nouvel album « Matière Noire » prenaient un sens nouveau. Ici, au milieu d’un monde clos et organisé, Mass attire toujours une foule déjà acquise, mais je ressent autour de moi un manque d’envie d’être reconnecté au monde extérieur, même par une énergie aussi positive. Qu’importe, on n’est pas des autruches et le démarrage en trombe sur « Chien de la Casse » active sans peine les furieux et les furieuses présents, qui sont nombreux devant le Main Stage. Dur les grosses tournées, Mouss à l’air d’en chier vocalement, mais il scande tout ce qu’il peut. Avec toujours ce goût pour les slogans et les petites revendications, il fera quand même une parenthèse pour saluer le pacifisme et le civisme légendaire du Hellfest en plein euro de foot « pas un flic, pas un hooligan ». Ca n’est peut-être pas la même ferveur que dans une petite salle, avec ou sans contexte particulier, mais ils envoient la purée comme ils savent le faire, même si on sent une certaine pression du timing imposé par le festival. On verra un circle pit d’une taille respectable, véritable siphon de gens, masse d’électrons d’énergie libre pour faire écho à la chanson « Vector equilibrium ». Pour finir, le traditionnel « Furia » avec un wall of death qui remontera très loin devant la scène !

Mass Hystéria - Arte

La fin d’après-midi sera plus vagabonde, Turbonegro et Antrax n’auront droit qu’à une attention très relative de notre part, chacun vaquant un peu de droite et de gauche alors que le soleil cesse enfin d’être capricieux. Je ferai mes premiers pas dans la Warzone pour une bonne partie du concert de Killswitch Engage, qui était pour moi l’archétype du metalcore dans les années 2000. Jesse Leach m’impressionne par son chant si proche du rendu studio, tant dans ses parti claires que saturés. Est-ce qu’il arrive à gueuler à ce point pendant toute une tournée ?

Le folk, le feu et la glace


La grande ligne droite de la soirée commence dans la Valley, avec les papis du grunge, The Melvins. Les mêmes mots reviennent un peu partout autour, celui qui a appris à jouer à Kurt Cobain, l’inspiration du grunge etc. Pourtant ce n’est pas un représentant d’une mode ni d’une époque qui se prépare, c’est un modèle de longévité, discret mais avec des fans solides, admiratifs d’une discographie complexe.
Après une très longue intro instrumentale toute en saturation qui a toute sa place sur cette scène-là, les choses sérieuses commencent. Le savoir-faire du trio se ressent complètement, leur musique transpire la maturité, les influences très diverses bien digérées. Je ne connais pas assez pour apprécier vraiment, et sur le coup je le regrette un peu. Le public est attentif, modérément agité, très à l’écoute. Les Melvins varient pas mal les tempos, ce qui maintient très bien l’attention. Cependant, nous, on a un programme, donc nous nous extrayons discrètement en cours de route pour prendre une bonne place dans le Temple encore silencieux.

C’est en ce lieu de messe noire que s’apprêtent à débouler les finlandais de Korpiklaani. Alors autant dire que les pèlerins les plus maquillés vont devoir arrêter de se prendre au sérieux. Korpiklaani au Temple, c’est un peu comme inviter Patrick Sébastien au New Morning, ou Black M aux commémorations du 8 mai. Non, peut-être pas quand-même, mais vous avez compris le concept de décalage, sauf qu’ici ça ne va pas déranger grand monde, toutes les chapelles de la famille métal ont leur place.
Alors c’est parti, on sort les accordéons, les violons, les requins gonflables (si si) et on envoie du folk métal qui foutrait même la banane à une cavalière végane dans une boucherie chevaline. Malgré une discographie archi-fournie, le concert est très orienté sur le dernier en date. C’est parfait, j’ai bien révisé, je peux donc sortir mon plus beau yaourt finnois. L’efficacité est totale, ça sera une heure de fête absolue, avec des slameurs qui pleuvent, d’où un bon coup de pied sur ma gueule d’ailleurs. On appelle ça les risques du métier.
Pourtant, la communication avec le groupe n’est pas facile, on ne les sent vraiment pas à l’aise en dehors de leur langue natale. Ils se contentent d’appliquer leur formule, sans trop en rajouter, mais force est de constater que c’est suffisent pour que la sauce prenne. Musicalement ils assurent, on ne les sent pas absents pour autant, on trouve ce qu’on est venu chercher, donc les spectateurs gèrent l’ambiance d’eux-mêmes. Nous ressortons à l’air libre après un des très bons moments de notre Hellfest !

Korpiklaani - Arte

Devant les Main Stages, la foule est devenu compacte. Volbeat est à l’œuvre. Je n’ai pas vu monter la côte de popularité de cet intéressant groupe danois, qui semblait très attendu par certains festivaliers que nous avons pu entendre. Pourtant rien de si étonnant ou démérité, leur mélange d’accessibilité et de compositions bien fichues, de heavy et de choses plus oldschool a de quoi plaire à un large public. Gage de qualité supplémentaire, dans leur rang compte un ex-guitariste d’Antrax. On n’assistera qu’à la fin de la prestation, dont « Still Counting » qui est à peu près la seule chanson que je maîtrisais. On se faufile, on se tortille, pour se placer sur la bordure entre les 2 scènes afin de ne plus trop en bouger jusqu’au bout de la nuit. C’est un peu inconfortable pour profiter à fond de Dropkick Murphys, qui aurait pourtant bien prolongé le folk festif de Korpiklaani, en version celtique. Là encore, je ne m’attendais pas à trouver ce groupe sur cette scène à cette heure-ci, mais le choix est bon pour l’ambiance, ces américains à l’âme irlandaise étant d’excellents prestataires de bonne humeur. Finalement, tout se calme, tout se pause, la transition s’amorce.

L’affluence est à son maximum devant les Mains Stages, peut-être la plus forte affluence du week-end. Une attente fébrile s’installe. Quelque chose se prépare, qui a nécessité 17 camions de matériels et qui a bloqué la tyrolienne toute la journée pour ses seuls besoins. De-ci de-là, la foule immobile commence à clamer en rythme martial : « Ramm ! Stein ! Ramm ! Stein ! »
Le dernier album date tout de même de 2009, c’est pour dire si ils rentabilisent et si on n’est pas là pour l’actu. Rammstein sur scène, l’argument suffit, on sait que ce qui va suivre n’est pas un simple concert, c’est un show calculé, millimétré au poil de cul. D’ailleurs voici un compte à rebours qui apparaît, avant la mise à feu...
Et bam ! Introduction toute neuve, sur une nouvelle chanson, avec des montes charges qui font descendre certains membres du groupe sur scène, le chapeau de Till Lindemann qui explose (chacun ses tours de magies) et j’en passe. Les couplets de la chanson ne sont composés que de titres de chansons du groupe. Il faut vraiment avoir leur réputation pour se permettre de ne proposer que ça de neuf. Heureusement, la suite est agréablement surprenante puisqu’on aura droit à quelques titres plutôt rares sur scène. Le son est parfait, Till n’est pas aussi cramé que je l’aurais cru et a toujours sa voix de basse si caractéristique, et j’aime toujours qu’ils retravaillent légèrement certains vieux morceaux pour la scène. Contexte de festival et public hétéroclite oblige, Rammstein ne déploiera pas ses plus grands moyens, et restera plutôt sage en matière de provocation scénique. Quoique, si on prend en compte les textes, enchaînement « Halleluja/Zerstoren », surtout avec un petit délire pyrotechnique à base de ceinture d’explosifs, peut avoir un petit côté acide qui ressemble fortement à du Rammstein. Autre inattendu, la balade « Seemann » où la mise en scène se fait très épurée. Sinon, les classiques sont de sortie, et le dernier album ne sera sollicité que pour enterrer vivant le martyr officiel du groupe, le claviériste Flake. Till laisse la foule s’exprimer à sa place sur « Du Hast », avant de déclencher un enchaînement de pyrotechnies aériennes qu’on connait et qu’on attendait.
Enfin, on nous mime un rappel, avant que « Sonne » ne démarre et que les flammes, plutôt timides jusque-là pour du Rammstein, ne se déchaînent complètement. Même d’assez loin et en plein air, la température subit de grosses multiples et soudaines variations pendant cette chanson ! Je ne vous liste pas l’ensemble des effets, ça serait long, et d’autres le font et l’illustrent mieux que moi. J’ai beau me lasser de leur musique, la machine Rammstein reste impressionnante, unique, à bien des égards. Avant de partir, comme pour rappeler que tout n’est qu’un jeu et un écran de fumée, Till se dégèle, sourit enfin et adresse quelques mots en français aux spectateurs.

preview

Une bonne partie des milliers de gens présents repartent, tranquillement, après un concert qui déclenche beaucoup de commentaires. Nous, on ne bouge pas, mais le départ des pyromanes allemands fait ressortir la baisse de température et la bonne humidité bretonne. Oui, il caille ! La session nostalgie des années lycée se poursuit tout de même, avec The Offspring. Alors là, je ne sais pas si c’est la température, la perspective de me les geler cette nuit, l’heure tardive, l'enchaînement impossible avec Rammstein, où les années qui passent pour nous comme pour le groupe, mais en ce qui me concerne, ça ne décolle pas. Ce bon vieux Dexter chante juste malgré un audible passage du temps bien naturel, mais point de vue énergie, c’est pas la folie. Ils enchaînent poliment les tubes, façon best off, sans surprise, sans extravagance d’aucune sorte. Le décors nocturne du Hellfest attire mon attention pour la première fois, avec ses nombreux braséros qui crachent à rythme régulier, son décor infernal, et les Offspring qui animent ça comme si c’était la fête de la saucisse. OK je suis méchant, il n’y sont peut-être pour rien si ça ne prend pas, ou c’est le côté punk que je n’ai pas forcément en moi.

Offspring - Arte

Quoi qu’il en soit j’aurais attendu la fin sagement, et le public des différentes scènes est encore assez nombreux pour embouteiller tout le site en direction du camping. Drôle d’endroit à traverser au pas. Ca sera ma seule soirée qui s’arrête dès la fermeture, je ne suis pas assez équipé pour affronter les nuits arctiques et j’ai hâte de me mettre au chaud.
Sacrée journée, et ça n’était que le début !

Article écrit par Sowilo le jeudi 08 septembre 2016 à 17:48

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